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Ottawa veut en faire plus pour contrer l'itinérance

Un homme dort sur un banc de parc, ses effets personnels tenant dans quelques sacs.

Un homme dort sur un banc de parc, ses effets personnels tenant dans quelques sacs.

Photo : Getty Images / Dean Purcell

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement fédéral cherche à réduire de moitié le nombre de sans-abri les plus difficiles à aider. Des experts affirment qu'une telle démarche pourrait être un élément clé vers la fin de l'itinérance au pays.

La future Stratégie nationale sur le logement vise à faire baisser de 50 % le nombre de sans-abri « chroniques » et d'itinérants « épisodiques », soit ceux qui se retrouvent dans la rue de façon répétitive ou à plusieurs moments dans leur vie.

On souhaite se pencher sur ceux ne fréquentant pas des centres d'hébergement pour itinérants et pour qui il est plus ardu d'obtenir du soutien à travers les programmes traditionnels.

Ottawa estime qu’avec cette stratégie, le nombre de sans-abri chroniques et épisodiques sera, à terme, de 25 000. Les libéraux pensent pouvoir réduire les cas de 12 500 d'ici 11 ans.

Nouvelles avenues pour contrer l’itinérance

Le deuxième budget du gouvernement, déposé en mars, a démontré que les libéraux veulent que les fonds parviennent directement aux villes et aux municipalités sans que ces dernières aient à passer par l'entremise des provinces. Certaines mesures sont claires, comme celle de donner à la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) plus d'argent à allouer aux autorités locales pour certains programmes liés à l’habitation.

D'autres mesures contenues dans le budget sont plus subtiles. C'est le cas, par exemple, d'une promesse de maintenir quatre millions de dollars dans les ententes de financement avec les fournisseurs de logements. Aucun détail n'a toutefois été donné sur la façon dont ces sommes devront être dépensées.

Le président de l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance (ACMFI), Tim Richter, estime qu'il est « assez clair » que le gouvernement « investit l'argent différemment ». « S'il établit le genre d'objectifs ambitieux qu'il met en place, [les mesures] doivent être plus dirigées, plus ciblées. Il devra être créatif et tirer le maximum de ses dollars », dit-il.

M. Richter croit en outre que les cibles évoquées par Ottawa sont conservatrices en ce qui concerne les sans-abri considérés comme étant chroniques et épisodiques et que « beaucoup plus » peut être fait avec les sommes investies.

Le budget de mars établit l'ossature de la Stratégie nationale sur le logement, puisqu'il détaille notamment que 11,2 milliards de dollars devraient être alloués au financement de logements abordables au cours de la décennie à venir.

En plus de nouvelles initiatives annoncées cette semaine pour pallier les coûts associés à la location de logements, la stratégie qui sera dévoilée cet automne exposera comment le gouvernement veut dépenser des dizaines de milliards de dollars sur des programmes, déjà existants ou nouveaux, jusqu'à avril 2028.

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a déjà dit que l'objectif de la stratégie est de venir en aide à un million de personnes.

L'atteinte des objectifs du gouvernement fédéral dépendra toutefois du plan final à venir et des programmes de financement sur lesquels les gouvernements fédéral et provinciaux s'entendront, a relevé le directeur de L'Observatoire canadien sur l'itinérance (OCI), Stephen Gaetz.

Plusieurs s'attendent à ce que les locataires bénéficient le plus de la stratégie. Le financement d'Ottawa pourrait faire en sorte que le nombre de locataires qui ont des besoins impérieux de logement diminue de moitié.

En dévoilant déjà certains chiffres, le gouvernement espère convaincre les provinces à s'entendre sur de nouveaux moyens de financer des programmes d'aide aux itinérants. « L'avantage de rendre ces chiffres publics maintenant est que nous pouvons mieux structurer ces conversations et [nous] assurer qu'au minimum, nous atteignions les objectifs que nous avons déjà communiqués », a indiqué une porte-parole du ministre Duclos, Émilie Gauduchon-Campbell.

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