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Relocalisation des caribous de Val-d'Or vers « un camp de concentration pour animaux », dénonce l'Action Boréale

Radio-Canada

L'Action Boréale de l'Abitibi-Témiscamingue dénonce la relocalisation des caribous forestiers de Val-d'Or vers le Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Un texte de Félix B. Desfossés, d'après une entrevue de David Chabot

« Un camp de concentration pour animaux »

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a confirmé le déplacement des bêtes ce matin. Cette décision « exceptionnelle » a pour objectif de « protéger et d'assurer la survie » de la harde de Val-d'Or, a expliqué le ministre.

Selon Henri Jacob, président de l'Action Boréale, le caribou forestier ne pourra pas survivre dans un espace fermé. « Ce troupeau-là, qui vit normalement dans un milieu naturel sur un très grand territoire, ce sont des animaux migrateurs, même s'ils migrent sur des territoires de 1100 km2 à peu près. Là, on va les amener dans quelque chose comme un camp de concentration pour animaux », déplore-t-il.

Le président de l'Action Boréale souligne aussi que plusieurs caribous ont péri au Zoo de Saint-Félicien, il y a quelques années. « C'est un peu drôle que le ministre aujourd'hui nous dise : "On va déménager un troupeau comme ça", alors qu'il y a à peine 2 ans, quand on a attrapé quatre bêtes, il y en a une qui est morte [...] et aussi au Zoo de Saint-Félicien on a appris qu'en 2015 il y avait 19 des 21 caribous qui sont morts », indique-t-il.

Une mort précipitée?

Le déménagement des caribous précipitera simplement la disparition des bêtes, selon lui. « Le problème de ce caribou-là, c'est que même si tu le déménages, il va mourir pareil. C'est juste de la poudre aux yeux. Ce sont des bêtes dont la plupart sont assez âgées, elles vont mourir dans quelques temps. Ça va avoir coûté je ne sais pas combien de milliers de dollars déménager ces bêtes-là. L'autre chose, c'est comment [est-ce] qu'on va courir après [elles] pour les attraper? Il va en mourir plusieurs juste dans l'opération, vous allez voir, vous allez entendre ça. C'est dur à attraper! On est dans le bois, on n'est pas dans le Grand Nord où tu peux courir après en hélicoptère », souligne-t-il.

Quand quelqu'un est pogné d'un cancer terminal, on essaye de le laisser tranquille, on essaye de ne pas lui faire trop de pression. [...] On aurait dû simplement les laisser tranquilles. Ils n'ont pas de chance. Ça va mourir peut-être dans les 5 à 10 prochaines années. Mais le gouvernement est trop pressé d'ouvrir le territoire, le petit peu qui reste, aux compagnies forestières, pour faire plaisir à l'industrie, j'imagine.

Henri Jacob

Les élections de 2018 seraient la principale raison expliquant cette décision selon le militant.

C'est carrément du show qu'on fait dans le but des prochaines élections pour montrer qu'on fait de quoi.

Henri Jacob

Cette solution à court terme pourrait avoir des incidences sur la manière dont la faune sera gérée à l'avenir. Un troupeau semblable est aussi menacé par des travaux sylvicoles au nord de La Sarre. M. Jacob craint que d'ici 20 à 30 ans, le même sort ne lui soit réservé.

Entrevue avec Henri Jacob

Abitibi–Témiscamingue

Politique provinciale