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Maladie de Lyme : plus de personnes atteintes que de cas signalés

Maladie de Lyme : plus de personnes atteintes que de cas signalés
Radio-Canada

Les populations de tiques à pattes noires responsables de la maladie de Lyme ne cessent d'augmenter au pays. Si seulement 10 % des tiques sont porteuses de la bactérie qui cause la maladie, le nombre de personnes atteintes est en croissance au Manitoba. Or, le nombre de cas serait plus élevé que ce que révèlent les statistiques, selon un groupe de soutien aux personnes qui souffrent de la maladie.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

Des gestes simples comme se verser un verre d’eau, ou encore se lever du lit, Diane Forest croyait ne jamais pouvoir les faire à nouveau. Chez la femme qui a été paralysée pendant deux ans, les premiers symptômes de la maladie se sont manifestés brusquement.

Une femme assise dans son salon écoute attentivement les questions de la journaliste. Diane Forest souffre de la maladie de Lyme depuis une quinzaine d'années. Photo : Radio-Canada

La mère d’une fillette de 7 ans souffre de la maladie de Lyme depuis maintenant 15 ans. C’est seulement en 2008 qu’elle a été testée pour cette maladie. « Au début, ça se présentait comme un AVC, alors on essayait de me traiter pour ça, raconte-t-elle. J’ai eu plein de diagnostics avant d’arriver à la maladie de Lyme. »

Après de nombreuses visites infructueuses chez des spécialistes et plusieurs diagnostics erronés, c’est un test sanguin effectué aux États-Unis qui a apporté une réponse à ses questions. « Cela m'a soulagée de savoir que j'avais quelque chose, que ce n'était pas imaginaire », confie-t-elle, émue.

« La profession médicale n’avait rien à m’offrir. Je suis passée d’un spécialiste à l’autre et on n’avait aucune solution pour moi », explique-t-elle.

Suivie par un naturopathe depuis quelques années, Diane Forest confie qu’une alimentation saine et une connaissance des limites de son corps constituent les clés d’une meilleure qualité de vie.

Une femme sourit à la caméra.Marnie le Page, représentante du groupe Manitoba Lyme & Tick-borne illnesses. Photo : Radio-Canada

Des histoires comme celle de Diane Forest, Marnie le Page en a entendu beaucoup. Mère d’une adolescente atteinte de la maladie de Lyme, elle milite aujourd’hui pour sensibiliser le public à la maladie. Sa fille a aussi été testée aux États-Unis.

« On a détecté l’infection plus tôt et on a pu la traiter rapidement, raconte-t-elle. Ma fille se porte beaucoup mieux aujourd’hui. »

Alors que les chiffres préliminaires du gouvernement du Canada font état de 841 cas confirmés de maladie de Lyme pour l’année 2016, 62 cas sont signalés pour cette même année au Manitoba.

Pour la représentante du groupe Manitoba Lyme & Tick-borne illnesses, ce chiffre ne reflète pas la réalité. « Les médecins ne rapportent pas toujours les cas de maladie de Lyme. C’est de la paperasse supplémentaire pour eux et ils ne le font pas », explique Marnie le Page.

Un graphique démontre le nombre de cas signalés de la maladie de Lyme entre 2009 et 2016. Le nombre de cas signalés entre 2009 et 2016 de la maladie de Lyme au Canada. Photo : Radio-Canada

Une maladie difficile à détecter

Le grand défi dans la maladie de Lyme, c’est d'arriver à la détecter.

Un des principaux signes d'infection à la bactérie Borrelia burgdorferi, c’est l’apparition d'une éruption cutanée en forme de cible. Cette manifestation peut être accompagnée d’autres symptômes tels que la fatigue et des maux de tête.

Toutefois, seulement 50 % des personnes infectées par la bactérie présenteront un érythème migrant.

En présence d’un érythème migrant et d’autres symptômes, le médecin peut établir un diagnostic clinique. Le traitement indiqué prévoit la prise d’antibiotiques sur une période de deux à trois semaines.

En cas de doute, un médecin peut recommander un premier test sanguin, communément appelé test Elisa. Cette analyse permet de mesurer la quantité d’anticorps présents dans l’organisme. Si ce test se révèle positif, le médecin doit alors demander un second test, appelé test Western-Blot.

Une carte du Manitoba avec des ronds jaunes qui indiquent les zones à risque pour les tiques à pattes noires. Répartition des zones à risque au Manitoba en ce qui concerne les tiques à pattes noires, responsables de la maladie de Lyme. Photo : Radio-Canada

Marnie le Page souhaite que les médecins établissent un diagnostic clinique basé sur les symptômes pour la maladie de Lyme, notamment dans les cas avancés de la maladie, comme c’est le cas pour diagnostiquer la fibromyalgie, ou encore la sclérose en plaques.

Les meilleurs tests de dépistage

L’Agence de santé publique du Canada assure que les tests de dépistage de la maladie de Lyme sont parmi les meilleurs du monde.

Un homme assis devant une étagère de livres. Dr Richard Rusk, médecin hygiéniste en santé pour le Manitoba. Photo : Radio-Canada

S’il se dit conscient des défis que pose le diagnostic de la maladie de Lyme, le médecin hygiéniste en santé pour la province du Manitoba, le Dr Richard Rusk assure que les médecins au Manitoba sont sensibilisés à la maladie. Il déconseille par ailleurs aux Canadiens d’aller se faire tester à l’extérieur du pays. « Certains des tests pratiqués dans des cliniques privées aux États-Unis n’ont pas été validés. Leur niveau d’efficacité n’a pas été prouvé », précise-t-il.

Un rapport final qui doit établir les lignes directrices et les protocoles nationaux sur la maladie de Lyme doit être publié en mai.

Manitoba

Santé