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Structure et gouvernance différentes : mieux comprendre les RIF au Canada

Logo du Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan

Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le récent changement d'organisme responsable du Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan (RIF) soulève plusieurs questions sur la structure de cette table de concertation. Les organismes membres du RIF doivent se rencontrer d'ici la fin mai afin de mettre en place les nouvelles façons de faire. Radio-Canada en a profité pour se pencher sur le fonctionnement des autres RIF au pays.

Un texte de Marie-Christine Bouillon

En 2003, le gouvernement fédéral et la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) ont fondé les Réseaux en immigration francophones afin d’accueillir et d’intégrer en milieu minoritaire les immigrants qui parlent français. Dix ans plus tard, neuf provinces et deux territoires possèdent de tels réseaux.

En règle générale, c’est l’organisme porte-parole de la communauté francophone qui en est l’administrateur. C’était le cas en Saskatchewan avec l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), jusqu’à ce que le Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan (CECS) obtienne le financement d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), en mars.

D'autres modèles existent toutefois au pays, adaptés aux différentes réalités des provinces.

« Il n’y a vraiment pas de modèle unique, parce qu’il n’y a pas de modèle unique de développement d’une communauté à l’autre », explique la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

« Il y a vraiment une grande diversité de modèles de développement communautaire et organisationnel dans nos communautés et ça aussi, ça fait en sorte que, même s’il y a des organismes porte-parole partout, même s’il y a des RIF partout, la gouvernance n’est pas nécessairement la même partout », ajoute-t-elle.

Mme Lanthier donne l’exemple du Manitoba où l’organisme porte-parole, la Société franco-manitobaine (SFM), a mis sur pied l’Accueil francophone, pour offrir des services aux immigrants. Avec le temps, l’Accueil francophone est devenu autonome, et c’est maintenant lui qui coordonne le RIF, tout en demeurant une entité de la SFM.

En Colombie-Britannique, la situation est également particulière.

« La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique a fini par obtenir des fonds d’IRCC pour faire de l’immigration, mais a joué en équipe avec d’autres organismes du milieu pour aller chercher ces fonds-là. Il y a des discussions là-bas pour savoir comment le dossier de l’immigration devrait être géré à l’avenir. Alors il peut y avoir des changements aussi », indique Mme Lanthier.

Offrir des services directs aux immigrants

À l’Île-du-Prince-Édouard, l’organisme porte-parole de la communauté francophone, la Société Saint-Thomas-d’Aquin n’administre pas le RIF. C’est plutôt la Coopérative d’intégration francophone (CIF).

La directrice du CIF, Jacinthe Lemire, explique que c’est son organisme qui offre les services communautaires en français aux nouveaux arrivants et qu’il était donc logique qu’il administre le RIF.

« Il me semble tout à fait approprié que l’organisme qui s’occupe des nouveaux arrivants francophones, de leur établissement, de leur intégration, de leur connexion communautaire, soit également celui qui s’occupe de coordonner le Réseau en immigration francophone », estime-t-elle.

Onze modèles, un seul objectif

Selon Sylviane Lanthier, de la FCFA, même si les structures de gouvernance des RIF sont toutes bien distinctes, leur but est identique.

« Le rôle fondamental du RIF, c’est de permettre la concertation, la collaboration et le dialogue pour que les gens qui sont actifs sur le terrain en immigration francophone puissent parler entre eux de ce qu'ils sont en train de faire, de discuter des avancées, des défis, trouver des solutions communes et les mettre en pratique, mais aussi discuter avec les autres joueurs qui sont actifs en immigration francophone dans les autres provinces et territoires », explique-t-elle.

Quant à l’idée soulevée par le directeur général du CECS, Robert Therrien, de faire du RIF de la Saskatchewan un organisme à part entière, si cela se concrétise, il s’agirait d’une première. Selon Sylviane Lanthier, le nombre d’organismes en milieu francophone est déjà élevé. Elle estime donc qu’il faut d’abord miser sur la collaboration.

« Je pense que c’est important que tous les acteurs qui sont présents en immigration soient aussi responsabilisés pour ce qu’ils font et fassent bien ce qu’ils font. Quand ils se concertent et qu’ils se parlent entre eux, je pense que c’est l’ensemble de la communauté qui est plus forte à ce moment-là », conclut-elle.

La communauté devrait en savoir davantage sur l’avenir de ce programme en Saskatchewan lors de la rencontre prévue en mai.

Rectificatif : Dans une précédente version du texte, il était écrit que Robert Therrien était président du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan. M. Therrien est plutôt le directeur général de l'organisme.

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