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Est-ce que Google est un média?

Photo : CORIM / Sylvie-Ann Paré

Catherine Mathys
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 13 avril dernier, Richard Gingras, vice-président News de Google, était l'invité du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) pour présenter une conférence sur le thème de l'avenir des nouvelles. Radio-Canada a été un des rares médias à obtenir un entretien seul à seul avec lui pour approfondir certaines questions.

Commençons par une question qui semble simple, mais qui ne l’est peut-être pas. Est-ce que Google est un média?

Depuis nos débuts, nous avons et respectons une mission très simple : organiser l’information mondiale et la rendre accessible et utile. Nous ne créons pas cette information. C’est en grande partie ce qui est accessible sur le web. C’est notre travail, avec la technologie, de trier ces informations afin de comprendre quels sont ces divers documents, à quels sujets ils se rapportent, de telle manière que, quand quelqu'un arrive dans le moteur de recherche de Google et pose une question, nous puissions faire le meilleur travail possible de recherche d’une information de haute qualité provenant de sources faisant autorité. Nous sommes une solution technique à ce vaste marché de l’information. Notre mission est celle de fournir aux utilisateurs les meilleures réponses possible à leurs questions.

Vous ne vous voyez pas comme un média, mais on ne peut pas en dire autant de vos utilisateurs. Les résultats du récent rapport de la firme Edelman indiquent que les gens font davantage confiance à Google News qu’aux médias traditionnels. Même si ce n’est pas ce que vous souhaitez, vous êtes souvent perçus comme un média. Comment gérez-vous cette dualité?

Les utilisateurs empruntent cette expression source de nouvelles, mais bien sûr, à vrai dire, nous sommes un chemin d’accès à l’information. Nous les aidons simplement à trouver cette information. Nous ne sommes évidemment pas une source de nouvelles et nous ne créons pas de contenu. Nous ne produisons pas de contenu médiatique. Nous relions simplement les points entre leurs intérêts, leurs questions à des informations et des médias qui sont sur le web.

Alors, votre mission se limite-t-elle à informer les gens ou vous importe-t-il aussi de bien les informer? Sentez-vous que vous avez une responsabilité dans la qualité de l’information que vous livrez en ligne?

Dans un sens, c’est exactement ce que nous faisons. Nous ne rendons pas n’importe quelle information accessible, nous déterminons grâce à un algorithme l’information qui est de la plus haute qualité, qui fait autorité. Et nous donnons le choix aux gens. À notre avis, c'est aussi de notre devoir d’offrir aux utilisateurs une pluralité de sources d’information, aux perspectives multiples sur une même question, de telle manière qu’ils puissent tirer leurs propres conclusions grâce aux meilleures informations que nous puissions trouver et rendre accessibles.

Dans la conférence, vous avez évoqué l’importance des sites ultra-partisans dans le problème de la dissémination des fausses nouvelles. Google n’a-t-il aucun pouvoir pour limiter leur influence? Diminuer leur importance dans les résultats de recherche, par exemple?

C’est une question très difficile. Nous affectionnons tous ce concept de liberté d’expression. Ça inclut des sites d’information ou autres qui abordent certains sujets avec une autre perspective. On peut très bien remettre en question l’approche et se demander si c’est la meilleure façon d’aider les sociétés à combler certains fossés idéologiques. Probablement pas. Mais ce n’est pas le rôle de Google de déterminer ce qui est acceptable ou pas dans le large spectre de la liberté d’expression. Nous cherchons des sources qui font autorité dans un domaine. Parfois, des sites ultra-partisans peuvent faire autorité, mais selon un seul angle. Ce n’est pas le rôle de Google d’arbitrer la vérité. Je ne pense pas que c’est ce que les gens attendent de nous. Ils veulent qu’on fasse du bon boulot quand vient le temps de faire apparaître les sources qui font autorité.

L’initiative de vérifications des faits lancée récemment n’est-elle pas limitée comme solution puisqu’il est encore possible de partager un article même après qu’il a été étiqueté comme étant faux?

Toute cette information est là, sur le web, sur des sites de tierces parties. Nous ne contrôlons pas ces tierces parties. Si vous avez une question liée à votre santé, vous pouvez trouver des articles qui suggèrent que les vaccins peuvent causer l’autisme. Même si la recherche scientifique dit le contraire, ces sites demeurent en ligne. On peut encore cliquer sur cette information. On peut encore la partager. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons ou devons contrôler. Nous avons initié FactCheck pour apporter des nuances et aider les utilisateurs à tirer leurs propres conclusions.

Rêvons un peu. Projetons-nous dans l’avenir. La solution pour une information vérifiée et équilibrée est-elle technologique? Quel sera le rôle de Google dans l’avenir de l’information?

Nous souhaitons poursuivre le genre d’efforts déjà entrepris. Bien sûr, de nouvelles initiatives verront le jour. Pour le moment, nous sommes impliqués dans le Trust Project, une initiative de la communauté journalistique pour trouver la meilleure façon possible de présenter le fruit de leur travail aux lecteurs afin que ces derniers aient une meilleure compréhension de ce travail, de l’expertise du journaliste derrière les articles, des processus de vérifications des organisations qui embauchent les journalistes.

Nous faisons aussi du travail dans le domaine du journalisme de données. Comment pouvons-nous aider à promouvoir le journalisme de données, à le rendre accessible? Je vois notre rôle aujourd’hui et dans l’avenir, à partir de notre perspective dans l’écosystème, comme étant l’entreprise qui aide à faire surgir de nouvelles approches architecturales dans la création du travail des journalistes et de sa présentation aux utilisateurs.

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