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Donald Trump inquiète les producteurs laitiers québécois

Le président Donald Trump a promis aux producteurs américains qu’il allait revoir les accords commerciaux avec le Canada, qu’il a qualifiés d’injustes.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

Les critiques du président américain Donald Trump sur la gestion de l'offre dans le secteur de la production laitière inquiètent l'industrie québécoise.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

En visite au Wisconsin mardi, M. Trump a promis aux producteurs américains qu’il allait revoir les accords commerciaux avec le Canada, qu’il a qualifié « d’injustes ».

Jules Larue, un producteur laitier de Neuville, dans Portneuf, estime que l’industrie laitière québécoise qui repose sur des exploitations familiales ne peut survivre sans système de gestion de l’offre.

« On n'a pas des mégafermes ici au Québec. On a en moyenne 50 à 60 vaches en lactation. Si on enlève la gestion de l'offre, toutes ces fermes-là vont tomber », s’inquiète le copropriétaire de la ferme Ancestrale.

On a de la misère à arriver, la façon dont on est payés présentement, comment voulez-vous, s'ils nous paient encore moins, de quelle façon on va arriver?

Jules Larue
Jules Larue, un producteur laitier de Neuville, dans Portneuf, s'inquiète des critiques de Donald Trump sur le système de gestion de l'offre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jules Larue, un producteur laitier de Neuville dans Portneuf, s'inquiète des critiques de Donald Trump sur le système de gestion de l'offre.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La gestion de l'offre, c'est quoi?

Le système de gestion de l'offre alloue des quotas aux producteurs de lait, d'oeufs et de volailles, ce qui leur assure un certain revenu, sans subvention gouvernementale. Ottawa s'engage par ce système à limiter l'entrée de produits importés pour que la demande soit comblée par la production canadienne. Ce mécanisme a été mis en place dans les années 1970.

Si les Américains avaient un meilleur accès au marché canadien, le Québec ne pourrait pas rivaliser contre les grands joueurs au sud de la frontière. « Le climat et le territoire ne nous permettent pas de suivre leur rythme de production », affirme M. Larue.

« Monsieur Trump a raison »

En campagne à Hammonds Plains, en Nouvelle-Écosse, l’aspirant à la chefferie du Parti conservateur Maxime Bernier a défendu les propos de Donald Trump.

« C'est injuste pour les producteurs américains. C'est injuste aussi pour les producteurs canadiens qui ne peuvent pas exporter leurs produits. C'est injuste pour les consommateurs canadiens puisqu'avec ce système, les consommateurs paient le double du prix pour les produits qui sont sous gestion de l'offre », a lancé le député de Beauce.

Le candidat à la chefferie du Parti conservateur Maxime Bernier appuie les propos de Donald Trump sur la gestion de l'offre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le candidat à la chefferie du parti Conservateur, Maxime Bernier, appuie les propos de Donald Trump sur la gestion de l'offre.

Photo : Radio-Canada

Le copropriétaire de la ferme Ancestrale Jules Larue rejette l’argument selon lequel une ouverture des marchés aurait comme effet d’abaisser les prix sur les tablettes.

Le transformateur, lui, peut prendre plus de profit. Qui va payer en fin de compte? Ça va toujours être le producteur

Jules Larue, producteur laitier

M. Larue estime plutôt que la gestion de l’offre stabilise le marché et assure une qualité aux consommateurs. « La gestion de l'offre est là justement pour faire en sorte qu'on est capables de viser à long terme. Ça nous permet d'améliorer notre système. Si on n'est pas sûrs de notre revenu, on ne peut pas planifier à long terme. »

« Pas de leçon à recevoir »

Les propos du président américain ont aussi fait réagir la classe politique québécoise. Le premier ministre Philippe Couillard s’est porté à la défense des producteurs laitiers de la province. Selon lui, le système de gestion de l’offre permet d’éviter le développement « d’immenses fermes industrielles ».

« C’est un système qui fait qu’au Québec, on a des fermes de taille familiale. On a des jeunes qui peuvent décider de faire une carrière en agriculture et c’est possible de le faire », a fait valoir le premier ministre.

Si les Américains veulent discuter de ça, on va discuter nous aussi. Il se fait pour 25 milliards de subventions par année aux États-Unis pour l’agriculture. Alors on n’a pas de leçon à recevoir de ce côté.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le Parti québécois a pour sa part demandé aux premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard de « faire preuve de fermeté afin de protéger les 83 000 emplois qui dépendent de la production laitière au Québec ».

« La gestion de l'offre doit être intégralement maintenue afin que nos producteurs ne soient pas désavantagés face à leurs concurrents américains, fortement subventionnés », a soutenu la formation souverainiste par voie de communiqué.

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