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Que sont devenus les grands acteurs du printemps étudiant en Outaouais?

Le printemps érable en Outaouais

Le printemps érable en Outaouais

Photo : Radio-Canada / Chantal Mainville

Radio-Canada

En 2012, le Québec tout entier est secoué par une série de grèves et de manifestations étudiantes dénonçant la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Un texte d'Angie Bonenfant avec la collaboration de Jérémie Bergeron

Le mouvement de contestation, qualifié de pire crise étudiante de l’histoire du Québec, voit le jour le 22 mars et se termine le 7 septembre, quelques jours après des élections provinciales qui portent le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois au pouvoir.

Pendant que Gabriel, Léo et Martine mènent le bal à Montréal, en Outaouais, le mouvement est porté par une poignée d’étudiants et de professeurs peu connus du grand public.

Quels sont les grands acteurs du printemps étudiant en Outaouais? Que sont-ils devenus? Et surtout, que retiennent-ils du mouvement cinq ans plus tard?

La grève étudiante a duré plusieurs jours.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La grève étudiante a duré plusieurs jours.

Photo : Radio-Canada


LOUIS-DENIS ÉBACHER
Journaliste, Le Droit

Que sont-ils devenus? - Louis-Denis Ebacher

Louis-Denis n’était pas un étudiant au moment de la grève, mais il a suivi le mouvement en tant que journaliste pour le quotidien Le Droit. Il a été témoin des manifestations, confrontations et arrestations liées à la crise. Pendant que l’on négociait dans les hautes sphères, sur le terrain, les rues étaient le théâtre d’une affaire hors du commun. « Des dérapages, j’ai l’impression qu’il y en a eu des deux côtés », a-t-il affirmé. « Autant du côté de la police que des étudiants, il y en a qui jouaient plus ou moins fair! »


DAVID CLÉMENT
Militant, Gatineau

Que sont-ils devenus? - David Clément

Militant de la première heure, David Clément a été une des têtes dirigeantes du mouvement étudiant en Outaouais en faveur de la grève. Il est le premier à l’admettre, l’ampleur de la grève l’a pris par surprise. On a beaucoup reproché aux « carrés rouges » d’avoir été violents, bruyants et dérangeants. Aux grands maux, les grands moyens, rétorque David Clément. « Pour moi, ce n’était pas de la violence, mais de la force. C’était d’utiliser une force collective contre une violence quotidienne qui nous était imposée », a-t-il expliqué en entrevue.


LOUISE BRIAND
Professeur, Université du Québec en Outaouais

Que sont-ils devenus? - Louise Briand

Pendant que les étudiants universitaires sont à couteaux tirés avec l’administration de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), une autre crise menace de voir le jour à l’intérieur des murs de l’établissement. Les professeurs en faveur de la grève vivent leurs propres tensions avec le recteur de l'époque, Jean Vaillancourt. Lorsque l’un d’entre eux est arrêté et expulsé de l’Université, la relation entre les professeurs et le premier dirigeant semble atteindre un point de non-retour.


UGO DE MONTIGNY
Étudiant, instigateur de la première injonction

Que sont-ils devenus? - Ugo de Montigny

Que sont-ils devenus ? - Ugo de Montigny

Photo : Radio-Canada / Chantal Mainville

Durant tout le conflit étudiant, Ugo aura été jusqu’à la toute fin la voix dissidente, celle d’une minorité d’étudiants opposés à la grève. Il est à l’origine de l’injonction visant la reprise des cours à l'UQO. Disons qu’il ne s’est pas fait beaucoup d’amis... Ugo dit avoir été victime d’intimidation autant des étudiants du camp des carrés rouges que des professeurs en faveur de la grève. Une période douloureuse, a-t-il rappelé. Ugo ne milite plus et travaille dans le domaine de l’enseignement, à Hangzhou, en Chine. Joint par écrit, il dit ne rien regretter. Grâce à ses efforts et à tous ceux qui ont milité pour la reprise des cours, 82 % des étudiants de l’UQO ont pu terminer leurs études dans les délais prévus, estime-t-il.


JACQUES CORRIVEAU
Caméraman, Radio-Canada

Que sont-ils devenus? - Jacques Corriveau

C’est à travers la lentille de sa caméra que Jacques Corriveau a assisté aux bouleversements du printemps étudiant en Outaouais. Jacques a même été pris entre les policiers et les manifestants et il se souvient du chaos qui régnait : les cris, les bousculades, les objets lancés, etc. Les campus étudiants de la province ressemblaient à des champs de bataille et celui de l’UQO ne faisait pas exception. « C’était un milieu hostile », a-t-il expliqué en entrevue, rappelant du même coup que cette grève n’avait rien d’ordinaire.


KARINE PLOUFFE
Enseignante, Cégep de l’Outaouais

Que sont-ils devenus? - Karine Plouffe

Parmi la marée d’étudiants, des professeurs… Karine Plouffe a fait partie de ces enseignants qui ont milité dans les rues avec les étudiants lors de la grande manifestation du 19 avril. Cette protestation s’est soldée par l’arrestation de plus de 150 personnes. Enceinte de son premier enfant, Mme Plouffe est passée près, elle-même, d’être conduite au poste de police. L’enseignante, qui dit avoir pris part au rassemblement par principe, a vu plusieurs de ses élèves et de ses collègues se faire arrêter par la police. Aujourd’hui, elle porte un regard sombre sur les événements du passé.


JEAN VAILLANCOURT
Ex-recteur, Université du Québec en Outaouais

Que sont-ils devenus? - Jean Vaillancourt

Que sont-ils devenus? - Jean Vaillancourt

Photo : Radio-Canada / Chantal Mainville

Le moins que l’on puisse dire, c’est que durant tout le conflit, l’ancien recteur ne l’a pas eu facile. D’un côté, on l’a accusé de népotisme. De l’autre, on a dénoncé son laxisme. Jean Vaillancourt a déjà laissé entendre que le conflit étudiant était le « pire moment dans l'histoire de l'Université du Québec en Outaouais ». Cette période, dira-t-il plus tard, a été « extrêmement » douloureuse, tant sur le plan professionnel que personnel. Après son deuxième mandat, Jean Vaillancourt quitte ses fonctions et laisse derrière lui un bilan mitigé.

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Éducation