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Un rapport souhaite la restructuration de La Liberté

Restructuration du journal La Liberté

Le Comité de refonte de la Société franco-manitobaine (SFM) propose une restructuration du journal La Liberté afin d'éviter toute ingérence de l'organisme sur la ligne éditoriale de l'hebdomadaire.

La SFM est propriétaire de Presse-Ouest Ltée, l’éditeur de La Liberté, depuis que les Oblats de Marie Immaculée ont vendu la publication en 1970. Au cours des dernières décennies, plusieurs tentatives ont été effectuées pour restructurer La Liberté, mais elles ont toutes été rejetées, expliquait la présidente de la SFM, Jacqueline Blay, dans un entretien accordé à Radio-Canada en 2016.

« Dès 1971, il y a eu des rapports qui disaient qu'il fallait vendre La Liberté, et chaque fois qu'il y a eu un rapport – et il y en a eu plusieurs – ça a été stoppé soit par la communauté soit par d'anciens présidents de la SFM, mais non pas par la SFM », soulève Mme Blay.

Dans son rapport remis à la SFM le 31 mars, le comité de refonte préconise encore une révision de la gouvernance de Presse-Ouest.

On se doit d’éviter les pressions indues potentielles de notre organisme porte-parole provincial ou de tout autre organisme sur Presse-Ouest Ltée.

Extrait du rapport du Comité de refonte de la SFM

En outre, Presse-Ouest est constituée en corporation à but lucratif dont l’unique actionnaire est la SFM. Cependant, la SFM est une oeuvre de bienfaisance qui, en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu, « doit consacrer la totalité de ses ressources à des activités de bienfaisance qu’elle mène elle-même », rappelle le rapport du comité de refonte.

Ce dernier propose donc deux options pour remédier à la situation : soit faire de Presse-Ouest une fiducie, soit confier la propriété des actions de Presse-Ouest à une entreprise sociale.

La route fiduciaire

La première option dégagée par le comité de refonte consiste à vendre les actions de la SFM à des personnes, à titre de fiduciaires, qui seraient supervisés par des protecteurs.

Ces derniers auraient la responsabilité de nommer, de remplacer ou de révoquer les fiduciaires qui, à leur tour, éliraient les membres du conseil d’administration de Presse-Ouest.

« C'est comme ajouter un palier entre le C. A. de Presse-Ouest et les organismes, donc un autre palier de décideurs pour mieux protéger l'indépendance du journal », avance Marc Marion, président de Presse-Ouest.

Si une fiducie voudrait dire que la SFM ne serait plus le seul organisme à chapeauter Presse-Ouest, « le désavantage […] c'est que ça n'apporte pas de capital à Presse-Ouest », explique le président du comité de refonte de la SFM, Raymond Lafond.

L'entreprise sociale, un « concept fusionnel »

La deuxième option propose de transférer les actions à une entreprise sociale, pour créer un consortium de partenaires qui déboursent chacun une somme fixe et qui seraient à la fois actionnaires et administrateurs de Presse-Ouest.

« Au lieu de récolter eux-mêmes les profits, les propriétaires réinvestiraient les profits dans l’entreprise. Donc, c’est un concept un petit peu fusionnel des entreprises privées et des entreprises à but non lucratif », note Marc Marion de Presse-Ouest.

Il s’agit d’une proposition au sujet de laquelle Jacob Atangana-Abé, professeur en gestion à l’École d’administration des affaires de l’Université de Saint-Boniface, a des réserves.

Selon le professeur en gestion, les actionnaires auraient des attentes envers Presse-Ouest et le journal La Liberté, ce qui pourrait compromettre l'indépendance du journal.

Si vous investissez votre argent, vous vous attendez à un retour sur votre investissement, que ce soit politique, social ou économique.

Jacob Atangana-Abé, professeur en gestion, Université de Saint-Boniface

L’indépendance journalistique doit primer

Parmi les journaux francophones en milieux minoritaires, plusieurs modèles d'affaires se côtoient. Toutefois, l'indépendance des publications demeure une préoccupation prépondérante, souligne le président de l’Association de la presse francophone, Francis Sonier.

Nous, ce qu'on voit peu importe le modèle qui existe – que ce soit une entreprise totalement commerciale ou totalement communautaire, donc propriété d'organisme – il y a une chose qui est très essentielle : c'est que le conseil d'administration du journal n'intervienne en aucun cas dans la salle de rédaction.

Francis Sonier, président, Association de la presse francophone

Le comité de refonte souhaite qu'un comité spécial soit mis sur pied pour étudier ces deux options et faire un rapport à l'automne 2017.

Le contenu de cette proposition et des 15 autres du rapport du comité de refonte sera débattu lors de l'assemblée générale extraordinaire de la SFM, le 13 mai.

Avec des informations de Pierre Verrière et Patricia Bitu Tshikudi

Manitoba

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