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1 pompier sur 5 souffre de problèmes respiratoires après Fort McMurray, selon une étude

Un pompier forestier qui vient de combattre un feu. Il porte l'habit jaune des pompiers et il a le visage plein de suie.
D'après l'étude, un pompier sur six a signalé avoir des problèmes de santé mentale. Photo: Chris Schwarz/Gouvernement de l'Alberta
Radio-Canada

Un an après le feu de forêt qui a ravagé Fort McMurray, une nouvelle étude menée par l'Université de l'Alberta dévoile que les pompiers qui ont combattu la « bête » sont nombreux à affronter des problèmes de santé, tant physiques que mentaux.

Les résultats préliminaires de l'étude montrent qu'un pompier sur cinq, sur les 355 interrogés, ont signalé avoir des problèmes respiratoires chroniques, comme de la toux, de l'essoufflement, une respiration sifflante ou de l'oppression thoracique.

Un pompier sur six souffre également de problèmes de santé mentale.

L'épidémiologiste qui dirige l'étude, Nicola Cherry, explique que ces résultats ont été recueillis dans les premiers jours suivant les feux. « Les pompiers pourraient avoir des problèmes plus graves au fur et à mesure que le temps passe », estime-t-elle.

Il s'agit de la première phase de l'étude, et Nicola Cherry espère que davantage de pompiers prendront contact avec elle afin de participer à la prochaine étape. L'objectif est de déterminer quels facteurs entraînent des problèmes de santé à long terme et de quelle façon ceux-ci peuvent être pris en compte lorsque les pompiers sont envoyés sur le terrain en cas d'incidents majeurs.

« Nous ne pouvons pas empêcher les feux de forêt, mais nous pouvons nous assurer que nous en tirons toutes les leçons possibles afin que les pompiers ne soient pas mis en danger à l'avenir », affirme Nicola Cherry.

Les participants à l'étude répondront à un sondage et donneront leur consentement afin que les chercheurs puissent consulter leurs dossiers médicaux.

Les résultats pourraient aider les chefs d'équipe à mieux prendre en considération les conséquences néfastes des feux de forêt sur les pompiers, selon Nicola Cherry. Cela pourrait consiste, par exemple, à modifier la durée des quarts de travail ou à changer d'équipements de protection contre la fumée.

Des résultats qui ne surprennent guère

De son côté, Jamie Coutts, un pompier qui a combattu le feu de Slave Lake en 2011, puis celui de Fort McMurray en 2016, dit ne pas être surpris des résultats de cette étude.

Il s'attendait à ce que les problèmes de santé signalés par les pompiers soient même plus élevés, étant donné la difficulté de leur travail.

Après le feu de Slave Lake, la moitié des pompiers de son équipe sont partis au cours des deux années qui ont suivi et nombreux sont ceux qui ont signalé des problèmes respiratoires, indique-t-il.

Tandis que les pompiers se préparent à une saison de feux de forêt précoce dans la province, Jamie Coutts estime que beaucoup d'entre eux sont toujours en train de se remettre de ce qu'ils ont subi il y a seulement un an.

« Le fait d'être présent dans des zones sinistrées où 2000 maisons sont en train de brûler [à Fort McMurray], et 400, quelques années auparavant [à Slave Lake], peut avoir des effets à long terme sur la santé, sans parler de tous les événements qui se sont passés entre ces deux moments », dit Jamie Coutts, qui craint lui-même d'avoir un jour un cancer.

Selon lui, il reste toutefois difficile de penser à sa santé en priorité, une fois sur le terrain. « On répond à l'appel et on fait de son mieux pour se protéger, mais en fin de compte, on met littéralement sa vie en jeu pour protéger les gens », conclut-il.

Avec des informations de Terry Reith

Alberta

Santé