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Un an après, la mort de Prince reste entourée de questions

Le chanteur Prince, jouant de la guitare, lors d'un concert à Paris en 2009

Le chanteur Prince, en 2009

Photo : AFP / Bertrand Guay

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Décédé d'une surdose accidentelle d'opiacés voilà presque un an, Prince continue d'occuper l'esprit des enquêteurs chargés de faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Ces derniers gardent le mystère sur l'état de leurs recherches alors que certains membres de l'entourage du chanteur pourraient détenir la réponse à certaines interrogations.

C’était le 21 avril 2016 (Nouvelle fenêtre) : le monde apprenait la mort de Prince, âgé de 57 ans, dans sa résidence située à Chanhassen – non loin de Minneapolis, dans le Minnesota. Quelques semaines plus tard, le bureau du médecin légiste annonçait que le décès était dû à une surdose de fentanyl (Nouvelle fenêtre), un puissant médicament opiacé qui est 50 fois plus fort que l’héroïne. De quoi surprendre ceux qui le voyaient comme un homme se tenant éloigné de ce genre d’excès.

Des douzaines de pilules contrefaites ont été trouvées lors d’une fouille faite à Paisley Park, le nom de la résidence de Prince, qui lui servait aussi de studio d’enregistrement. Au moins l’une d’entre elles contenait du fentanyl. Néanmoins, les autorités ne savent toujours pas comment le chanteur s’était procuré cette drogue, ni si quelqu’un dans son entourage doit être poursuivi pour cela.

Kirk Johnson détient peut-être la clé

Les spécialistes en justice criminelle interrogés par The Associated Press (AP) indiquent que cette lenteur entourant l’enquête ne signifie pas qu’elle ne va nulle part. Découvrir le chemin qui a permis d’obtenir illégalement les pilules demeure un processus complexe, d’autant qu’une erreur pourrait coûter cher aux procureurs et aux enquêteurs dans une affaire si médiatique.

Kirk Johnson pourrait détenir l'une des clés de l’énigme. Batteur de Prince depuis de longues années jusqu’à la mort du chanteur, il s’occupait également de la gestion de Paisley Park et a été l’un de ceux qui ont découvert le corps de l’interprète de Purple Rain. Par ailleurs, l’homme était présent quand Prince, six jours avant le décès, s’était évanoui en plein vol (Nouvelle fenêtre), avant d’être ranimé à l'aide d'un opioïde.

Kirk Johnson, batteur du chanteur Prince, parle à un micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kirk Johnson, batteur et proche du chanteur Prince.

Photo : Associated Press / Jeff Wheeler/Star Tribune

Selon une source proche de la poursuite (mais gardée anonyme par AP), Kirk Johnson n’a toujours pas été convoqué par les autorités. Son avocat a confirmé l’information en omettant d'indiquer si son client avait refusé de répondre aux questions des enquêteurs. Les détectives avaient interrogé le batteur quelques heures après la mort de Prince.

Lors d’une récente entrevue accordée à la chaîne de télévision américaine CBS, Kirk Johnson est resté mystérieux. Interrogé sur ce qui s’est passé le 21 avril dernier, il s’est contenté de montrer sa tête du doigt et de déclarer :

Kirk a une chambre forte. Elle est là. Elle ne s’ouvrira jamais.

Kirk Johnson

Le médecin de Prince est une autre personne importante dans cette affaire. Hormis un entretien donné juste après la découverte du corps, il n’a pas non plus été interrogé par les enquêteurs. Le docteur Michael Todd Schulenberg a vu son patient le 7 avril, puis la veille de sa mort. Il lui avait prescrit des tests et des médicaments, dont le public ne connaît à ce jour pas la nature.

Aucune poursuite criminelle possible?

Les autorités attendent de « bétonner » leur dossier avant de dévoiler leur jeu, ont expliqué plusieurs spécialistes du droit criminel à The Associated Press. Jeff Cramer, ancien procureur fédéral à Chicago, indique ainsi que les citations à comparaître ne constituent pas toujours la meilleure solution, si la preuve de l’implication des personnes visées n’est pas clairement établie. Les autorités pourraient se retrouver à devoir leur offrir l’immunité judiciaire pour obtenir des informations.

Le chanteur et musicien Prince en concert à Paris, le 15 juin 1987, l'année de la sortie de son album <i>Sign o' the Times</i>.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chanteur et musicien Prince en concert à Paris le 15 juin 1987, l'année de la sortie de son album Sign o' the Times.

Photo : Getty Images / Bertrand Guay / AFP

Pour le spécialiste, une année ne représente pas une période de temps particulièrement longue pour ce genre d’investigation. Néanmoins, si des questions demeuraient encore sans réponse dans six mois, il y aurait lieu d’avoir quelques doutes sur l’efficacité des autorités.

La plupart des enquêtes qui tournent autour de décès dus à des surdoses n’aboutissent pas à des poursuites judiciaires, indique de son côté Kerry Harvey, ancien procureur du Kentucky. Le problème vient des preuves détruites par les secours alors qu’ils font tout pour sauver la vie des personnes en danger de mort. On ne sait pas, pour l’instant, s’il en est allé de même dans le cas de Prince.

Avec les informations de The Associated Press

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