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La bombe GBU-43 visait à dénouer une impasse militaire sur le terrain

Des soldats afghans

Des soldats afghans prennent position au cours d'une opération contre l'EI dans le district d'Achin au lendemain de l'explosion de la bombe américaine GBU-43 dans la province de Nangarhar

Photo : EPA / Ghulamullah Habibi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La bombe GBU-43, la plus puissante bombe classique jamais utilisée dans des combats par l'armée américaine, a fait 36 morts au sein du groupe armé État islamique (EI) et a permis de relancer une attaque qui s'enlisait contre un fief djihadiste dans les montagnes de la province afghane de Nangarhar, à proximité de la frontière pakistanaise.

La « mère de toutes les bombes », ou bombe à effet de souffle massif MOAB (un acronyme tiré de l’anglais signifiant « Massive Ordnance Air Blast Bomb »), a détruit un réseau de tunnels et de grottes utilisés par l’EI dans le district d’Achin, dans la province de Nangarhar.

L’armée américaine soutient l’avoir utilisée pour des motifs purement tactiques.

« C'était l'arme qu’il fallait pour ce genre de cible », a déclaré le chef du contingent militaire américain en Afghanistan, le général John Nicholson, au cours d'une conférence de presse tenue à Kaboul.

La décision de larguer la bombe a été prise à la suite de l’intensification des combats dans cette zone la semaine dernière.

Soutenues par des troupes américaines, les forces afghanes au sol progressaient difficilement en se butant à la résistance des djihadistes de l’EI retranchés dans leur réseau de grottes.

Un soldat des forces spéciales américaines a d’ailleurs été tué dans ces opérations samedi dernier.

Le réseau de tunnels et de tranchées de l’EI faisait en sorte qu’« il était quasiment impossible d'avancer là », a ajouté l'officier afghan Ahmad Jawed Salim.

« Maintenant, nos forces progressent dans la vallée et pour le moment, il n'y a pas eu de résistance. »

Des spécialistes de la sécurité estiment que l’EI avait établi ses bases à proximité d’habitations civiles.

Le gouvernement afghan souligne toutefois que des milliers de familles avaient fui les combats au cours des derniers mois.

« Aucun civil n'a été tué et seule la base à partir de laquelle [l'EI] lançait ses attaques vers le reste de la province a été détruite. »

— Une citation de  Dawlat Waziri, porte-parole du ministère afghan de la Défense

De son côté, l’EI a démenti, par l'entremise de son organe de propagande Amaq, avoir subi des pertes lors du bombardement américain. « Une source de sécurité a démenti auprès de l'agence Amaq tout mort ou blessé dans la frappe américaine d'hier à Nangarhar », a affirmé l'agence, en faisant référence au largage de la bombe GBU-43.

La terre a tremblé

Des témoins racontent qu'ils voyaient des combattants monter quotidiennement dans la montagne ou en redescendre pour se réapprovisionner au village. « Il s'agissait d'Arabes, de Pakistanais, de Chinois et d'insurgés locaux qui venaient faire des achats dans les commerces du bazar », a raconté l'un de ces villageois, Raz Mohammad.

Mais au lendemain de l’explosion de la MOAB, le village grouillait plutôt de membres de la force internationale et de militaires afghans, en plus d’être survolé par de nombreux hélicoptères.

La province de Nangarhar, frontalière au Pakistan, est un important lieu de passage pour les combattants de l’EI. Les forces américaines y ont d’ailleurs mené de nombreuses frappes aériennes depuis le mois d’août 2016.

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Une MOAB présentée au public américain à la base aérienne de Valparaiso, en Floride, en mai 2004.

Photo : Associated Press / Mark Kulaw

La « mère de toutes les bombes »

« C'est la plus forte explosion que j'aie jamais vue », a déclaré le gouverneur du district d’Achin, Esmail Shinwari. « L'endroit a été envahi par des flammes très hautes », a-t-il poursuivi en précisant que la bombe avait frappé la zone de Mamand Dara.

Larguée par un avion de transport MC-130, la bombe GBU-43 a une puissance correspondant à 11 tonnes de TNT et elle a été utilisée pour la première fois jeudi. En comparaison, les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 avaient une puissance équivalente à 15 000 et 20 000 tonnes de TNT.

Guidé par GPS, l’engin, qui pèse 10 tonnes, avait été testé pour la première fois en mars 2003, à quelques jours du déclenchement de la guerre en Irak. La bombe est présentée par l’armée américaine comme particulièrement efficace contre les cibles situées à la surface ou à quelques mètres de profondeur.

La bombe GBU-43 coûte 16 millions de dollars américains l'unité et son programme de mise au point a coûté 314 millions de dollars, toujours en devises américaines.

Les talibans toujours présents

Le bombardement est intervenu une semaine après les frappes américaines contre le régime syrien, en représailles à une attaque chimique présumée, et le jour même où le président Trump a averti que les États-Unis allaient « traiter le problème » nord-coréen.

M. Trump s'était d’ailleurs félicité d'un « nouveau succès » en faisant référence au largage de la bombe GBU-43. Cette dernière était initialement destinée à intimider l'ennemi aussi bien qu'à dégager de vastes étendues.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a condamné le bombardement américain en dénonçant l’utilisation de son pays comme d’un « laboratoire expérimental ».

L'ancien président afghan Hamid Karzaï a également condamné l'utilisation de cette bombe sur le sol afghan. « Ce n'est pas une guerre contre la terreur, mais l'utilisation inhumaine et abusive de notre pays comme un terrain d'essai pour des armes nouvelles et dangereuses », a-t-il écrit sur Twitter.

L’Afghanistan est toujours la cible d’attaques des talibans 15 ans après le renversement du régime par les forces américaines.

Quelque 8400 militaires américains y demeurent stationnés.

Les autorités américaines estiment à 700 le nombre de combattants de l’EI toujours présents en Afghanistan, tandis que les Afghans évaluent leur nombre à plus du double de l’estimation américaine.

Les talibans afghans, qui tentent de renverser le gouvernement de Kaboul, s’opposent également à l'EI dans une lutte pour étendre leur territoire et leur sphère d'influence.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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