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La grande traversée du cacao jusqu'au port de Trois-Rivières

Des travailleurs surveillent la grue qui soulève les poches de cacao.

Les débardeurs du port de Trois-Rivières supervisent le déchargement du bateau.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Trudel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le saviez-vous? Une grande partie du chocolat consommé au Canada est passé par le port de Trois-Rivières alors qu'il était à l'état brut. La saison des récoltes de cacao tire à sa fin en Afrique de l'Ouest et c'est alors la période de l'année où les navires de cacao arrivent à quai de ce côté de l'Atlantique.

Un texte de Marie-Ève Trudel

C'est l'un des plus gros chargements de cacao reçu à Trois-Rivières. Au total, le navire contient 126 000 sacs qui totalisent 8000 tonnes de fèves.

« C'est comme une fourmilière », illustre Shirley Pellerin, directrice des opérations chez Logistec Arrimage.

Une cale de navire remplie de poches de cacao.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les poches de cacao sont transportées par navire. Elles séjournent dans la cale jusqu'à leur arrivée au port de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Les fèves de cacao arrivent au port à l'état brut, où se met en branle une imposante chaîne de travail. Les débardeurs en ont pour plusieurs jours. Le plan de déchargement doit être des plus précis, rien n'est laissé au hasard. En cas de pluie ou de neige, les opérations doivent être suspendues pour ne pas mettre en péril la qualité de la marchandise.

« On veut que le sac arrive à l'usine le plus près possible de ce qu'il avait l'air quand il est parti de l'Afrique. »

— Une citation de  Jean-Marc Hamelin, gérant de la logistique chez Mantoria Inc.
Fèves de cacao dans un plat Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quelques fèves de cacao

Photo : Radio-Canada / Jennifer O'Bomsawin

La traversée de l'Atlantique

Le Spliethoff a quitté le port de Lagos au Nigeria vers celui d'Abidjan en Côte d'Ivoire. Vingt jours plus tard, le navire fait escale aux Escoumins, un arrêt obligatoire. Le Saint-Laurent est considéré comme l'un des fleuves les plus difficiles à naviguer en raison des hauts fonds et des courants. Un pilote spécialisé prend donc le relais jusqu'au port de Trois-Rivières.

Les fèves de cacao sont transportées dans des sacs de jute. Les acheteurs de cacao nord-américains doivent composer avec la façon de faire des producteurs africains.

« On ne voit pratiquement plus ça, dit le PDG du port de Trois-Rivières, Gaétan Boivin. Aujourd'hui, il y a beaucoup de transport par containers, alors des fois, quand on regarde la façon dont c'est déchargé avec les grosses grues, on a l'impression de revenir plusieurs décennies en arrière, mais c'est une façon très efficace de le faire », ajoute-t-il.

Grue soulevant des poches de cacaoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La grue sort les poches de cacao du navire pour l'entreposage au port

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Trudel

De l'entreposage à la livraison

Une fois déchargés, tous les sacs sont entreposés. Les hangars neufs du port de Trois-Rivières permettent l'entreposage à l'année. La marchandise est également pesée.

« Le coût du produit est à la tonne. On s'assure que le tonnage qui a été vendu, c'est vraiment ce qu'on reçoit », explique Jean-Marc Hamelin, gérant de la logistique chez Mantoria Inc.

Il faut aussi s'assurer que le produit répond aux normes. Trois sacs sur 10 sont ciblés. Un outil pointu permet de retirer un échantillon pour l'envoyer en laboratoire.

Poches de cacao avec un trou. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La qualité est évaluée dès l'arrivée des poches de cacao au port où l'on prélève quelques fèves qui seront envoyées au laboratoire.

Photo : Radio-Canada / Jennifer O'Bomsawin

Ultime étape de la route du cacao : les fèves sont acheminées par camions vers les usines de transformation.

Le chocolat, un secret bien gardé

Nutriart est l'un des chocolatiers industriels qui reçoivent du cacao par navire. La compétition est grande dans le milieu et le secret industriel est difficile à percer.

« Le chocolat, c'est une science, mais c'est également un art, dit le président de Nutriart et propriétaire de Laura Secord, Jean Leclerc. Toutes les chocolateries sont un peu jalouses de leurs procédés, de leur façon de faire, parce que, oui, il y a des façons un peu communes de procéder, mais il y a également du know-how qui se développe usine par usine et tout le monde est un peu jaloux de ces petits secrets », ajoute-t-il.

Ce qui n'est pas un secret, c'est que l'industrie du chocolat est de taille au Canada. Les échanges commerciaux liés à la transformation du cacao se chiffraient à plus de deux milliards de dollars l'an dernier.

Image d'une poche contenant des fèves de cacaoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des poches transportant les fèves de cacao en provenance de la Côte d'Ivoire

Photo : Radio-Canada / Jennifer O'Bomsawin

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