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Le meurtre d'une femme n'est pas un drame familial

Durant une rupture, la peine peut paraître insurmontable et susciter une colère intense chez certaines personnes, indique le Dr Gilles Chamberland.

Durant une rupture, la peine peut paraître insurmontable et susciter une colère intense chez certaines personnes, indique le Dr Gilles Chamberland.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une lettre ouverte signée par plusieurs intervenantes de centres de femmes veut sensibiliser la société et les médias au choix des mots lorsqu'ils traitent de meurtre conjugal.

Un texte de François Robert

Selon les auteures, il faudrait notamment bannir les expressions « crime passionnel », « drame familial » et « il a perdu le contrôle ».

L'utilisation de l'expression « crime passionnel » met de l'avant l'idée que la passion mène au meurtre, peut-on lire dans la lettre.

« Il n’y a aucune passion. Ce n’est pas l’amour qui tue, mais bien quelqu’un d’autre qui tue sa conjointe et ses enfants. On pense que c’est important de le dénoncer comme ça », plaide Nadia Morissette du Centre Femmes aux 4 vents de Sept-Îles et signataire de la lettre.

Choix des mots pour décrire un fait divers

La responsabilité des journalistes est aussi interpellée dans cette lettre ouverte.

« Je pense qu’il faut constamment réinventer le vocabulaire de l’information et l’adapter aux valeurs de la société et tout cela est extrêmement vivant », analyse Pierre Cayouette.

Ce journaliste chevronné qui a enseigné à plusieurs cohortes d’étudiants se dit d’accord pour bannir drame familial, et l’expression « il a perdu le contrôle ».

Je suis particulièrement sensible à l’idée de bannir l’expression crime passionnel, parce qu’effectivement c’est trop vague et ça banalise l’ampleur du geste.

Pierre Cayouette, journaliste et professeur en journalisme à l’Université de Montréal

Le fait qu'il y ait de plus en plus de femmes dans les salles de presse et notamment dans des postes de direction contribue, selon Pierre Cayouette, à cette grande prise de conscience collective de l’importance du choix des mots pour désigner de telles réalités.

Formation de la relève journalistique

Pour Pierre Cayouette, c’est une bonne idée de discuter avec les étudiants en journalisme du choix des mots lorsque les médias traitent de faits divers pour les sensibiliser à ces questions.

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