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Père et fille sur les traces mystérieuses de leurs origines

Une photo de Sherri Hrycay dans son magasin, Sova Hat Shoppe

Sherri Hrycay dans son magasin, Sova Hat Shoppe

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis qu'elle était toute jeune, les croquis de vêtements de Sherri Hrycay et ses travaux de couture révélaient une aptitude particulière. En 2000, quand elle a créé ses premiers chapeaux, son talent exceptionnel était évident : elle savait instinctivement comment les former et les rendre magnifiques. La mode, elle l'avait dans le sang.

Un texte de la Fureteuse fransaskoise Nicole Lavergne-Smith 

Sherri a poursuivi sa passion en suivant des cours de maître avec différents chapeliers bien connus outre-mer, dont certains qui ont travaillé pour la famille royale d'Angleterre.

Des chapeaux qui font tourner les têtes

Ses chapeaux ont été portés, entre autres, par Sophie Grégoire Trudeau et la lieutenante-gouverneure de la Saskatchewan, Vaughn Schofield.

Une photo de Vaughn Schofield qui porte un chapeau fabriqué par Sherri Hrycay Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vaughn Schofield porte un chapeau fabriqué par Sherri Hrycay

Photo : Twitter/Vaughn Schofield

La mode des années 1920, 1930 et 1940 en France ressort des oeuvres variées de Sherri Hrycay. L'inspiration lui vient peut-être en partie des histoires qu'elle a entendues pendant sa jeunesse à propos de son présumé grand-père paternel, du côté français de sa famille qu'elle connaît très peu. La quête de Sherri et Michael Sovyn, son père, pour reconstituer leurs antécédents familiaux apportera peut-être quelques réponses.

Le soldat charmant

Selon l’histoire de la famille, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Maria Sovyn, est tombée amoureuse d'un des soldats français qui fréquentaient le restaurant où elle travaillait à Pirmasens, en Allemagne. L'Ukrainienne est tombée enceinte, ce qui a fait scandale.

On la pressait de se faire avorter ou de donner son bébé en adoption, mais quand il est né, elle n'a pu abandonner le petit Michael.

Une photo de Maria Sovyn et son fils Michael en AllemagneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maria Sovyn et son fils Michael en Allemagne

Photo : Michael Sovyn

Mère et fils se sont ensuite retrouvés dans un camp pour les étrangers en Allemagne. Le père de Michael a disparu après leur avoir rendu visite à quelques reprises. Maria n'a gardé de cette relation qu'une photo du soldat, à l'arrière de laquelle figure une note.

Michael Sovyn, qui habite aujourd'hui à Saskatoon, s'interroge encore sur l'identité de ce soldat, et sa fille Sherri partage son sentiment. Triste à l'idée que son père n’ait pas eu l’occasion de connaître son propre père, Sherri a rejeté pendant plusieurs années son côté français.

Sur les traces de leurs origines

Finalement, son conjoint l'a convaincue en 2010 d’aller en France pour fêter leur 10e anniversaire de mariage et pour qu'elle étudie avec un chapelier. Tout lui était familier qu'elle ne s’est jamais sentie plus à la maison. Depuis, elle s’y rend tous les ans.

Michael a quant à lui fait le voyage deux fois, et il ressent le même sentiment familier que sa fille. Il se sent comme s’il avait pu faire sa vie là-bas.

Une photo de Michael Sovyn chez lui à SaskatoonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michael Sovyn chez lui à Saskatoon

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne-Smith

Un nouveau départ

De ses premières années, Michael ne se souvient que des marches avec sa mère, tôt le matin, ainsi que des corridors et des employés du camp.

C'est le hasard qui a amené le duo mère-fils en Saskatchewan. Maria a reçu au camp un manteau qui avait été donné par la province. En décousant une poche, elle a découvert la lettre d'une famille de Canora qui offrait son aide à la personne qui recevrait la lettre.

Maria Sovyn s’est finalement mariée en Saskatchewan et a eu deux autres fils. Elle est décédée en 1985.

Une photo, mille et une questions

La photo du soldat avec une note inscrite en arrièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La photo du soldat avec une note inscrite en arrière

Photo : Michael Sovyn

Les recherches de Sherri et son conjoint à partir de la photographie ne les ont pas menés très loin. Le couple croit que le soldat était stationné à Morzheim, en Allemagne, en 1945 et en 1946 avec l’armée française.

Maria Sovyn appelait l’homme Louis. Il était né en 1924, selon elle, et sa famille était propriétaire d’une usine de souliers et d’autres entreprises en France.

 

La mère de Michael a aimé son père pour le reste de ses jours. S'il est toujours vivant, il serait fier de lui et de sa famille au Canada, pense Michael.

Sherri garde la photo de son grand-père dans son magasin. Elle rêve qu’un jour quelqu’un y entre et aura plus d’information.

« Mon côté français ressort dans mon art et je pense que ça vient de quelque part. Cela vient d’un endroit très familier et je ne serais pas surprise d’apprendre que ma famille a été liée à une maison de mode, ou quelque chose de bien connu en France, lié aux chapeaux ou aux souliers. »

Une photo de Michael Sovyn et sa conjointe, Lorraine, entourés de leurs enfants et de leurs petits-enfants.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michael Sovyn et sa conjointe Lorraine entourée de leurs enfants et de leurs petits-enfants

Photo : Michael Sovyn

Nicole Lavergne-Smith, Fureteuse fransaskoise : Faites-moi découvrir votre coin de province! @NLSCBC_RC #fureteuse 

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