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Réfugié sans statut : 10 ans de lutte pour un Réginois originaire du Burundi

Déo Bugegene espérait pouvoir entreprendre des études pour commencer une nouvelle vie. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Déo Bugegene, un Réginois originaire du Burundi, a peiné à faire reconnaître son statut de réfugié au Canada, à cause de l'emploi qu'il occupait dans son pays. Maintenant, il est sur le point d'obtenir sa résidence permanente au Canada, mais le processus a duré 10 ans et a nécessité l'intervention du secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve.

Déo Bugegene est arrivé au Canada en 2007 avec sa femme et leurs trois filles. En tant que nouvel arrivant, il espérait pouvoir entreprendre des études pour pouvoir commencer une nouvelle vie. Dès la première rencontre avec une avocate canadienne, cependant, il a réalisé qu’atteindre ce but ne serait pas facile et que sa situation était complexe.

Avant d'arriver au Canada, Déo Bugegene a été officier de l'armée burundaise pendant 20 ans. Il a été longuement interrogé à ce sujet par les autorités canadiennes.

Tous les crimes reprochés au gouvernement du Burundi, avant même que je rentre dans l'armée, ils m’ont demandé de me prononcer là-dessus.

Déo Bugegene

En 1993, après l’assassinat du premier président démocratiquement élu du Burundi, Melchior Ndadaye, M. Bugegene a fui vers la République Démocratique du Congo où il a tenté de dénoncer les putschistes, mais le gouvernement du Burundi l'a accusé de complicité dans l'assassinat du président Ndadaye. À sa grande surprise, il aété emprisonné avec des putschistes qui ont fui vers le même pays que lui.

À sa libération quatre mois plus tard, l’accusation de complicité au coup d'État a été abandonnée, mais une autre accusation, de désertion de l'armée demeure, jusqu’à ce jour. Déo Bugegene soutient qu’il n’a pas déserté son poste, mais qu’il a plutôt fui parce qu'il craignait pour sa sécurité.

Amnistie internationale Canada intervient

Le gouvernement canadien a accordé l’asile à la femme et aux filles de Déo Bugegene. Pour éviter qu’il soit lui-même renvoyé au Burundi, il a rencontré le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve. Déo Bugegene est convaincu que c’est l’intervention de ce dernier qui a fait en sorte qu'il ne soit pas expulsé.

La situation au pays est très tendue, il y a beaucoup de violence, beaucoup de violations des droits de la personne très graves. Nous devons certainement considérer les détails avant de prendre une décision.

Alex Neve, secrétaire général d'Amnistie internationale Canada

À la fin de 2016, Déo Bugegene a appris que sa demande de résidence permanente avait été acceptée. Même s’il lui est maintenant permis de travailler, il n’a toujours pas abandonné son rêve de pouvoir faire des études.

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