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Il y a 100 ans, l'Ontario donnait le droit de vote aux femmes, mais pas aux Autochtones ni aux Asiatiques

Un article du Sudbury Star en 1917
Les archives du Sudbury Star ne font aucune mention de l'obtention du droit de vote pour les femmes en 1917. L'article a été publié en 1918. Photo: CBC / Erik White
Radio-Canada

Le 12 avril 1917, l'Ontario devient la cinquième province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes.

Un texte de Sophie Hautcoeur

La province célèbre cet anniversaire aujourd’hui, mais il faut rappeler que certaines communautés n’ont pas bénéficié immédiatement de ce droit. Les Autochtones et les personnes d’origine asiatique ont dû attendre quelques décennies de plus.

« Il est important pour nous de profiter de ces occasions pour raconter la véritable histoire de notre passé, non pas pour gâcher la fête, mais pour célébrer la vérité et voir tout le chemin qui a été parcouru », affirme Dawn Lavell-Harvard, la présidente de l'Ontario Native Women's Association.

Elle rappelle aussi que les femmes et les hommes d'origine asiatique n'ont obtenu le droit de vote qu’après la Deuxième Guerre mondiale et que les Autochtones ont dû attendre 1954 avant de l'obtenir de manière inconditionnelle en Ontario.

Qui peut voter en Ontario en 1917?

« À l’instar des hommes, le droit de vote est limité aux femmes de plus de 21 ans, nées ou naturalisées britanniques et vivant au pays depuis au moins 12 mois. Les autres femmes exclues du droit de vote sont les Autochtones vivant dans des réserves, la population carcérale féminine et les femmes résidant dans des asiles ou des établissements de bienfaisance. »

Source : L'Encyclopédie canadienne

Photo de personnes qui déposent leur bulletin dans une urne.Première nation Hiawatha - Premier vote des autochtones à une élection partielle en 1960. Photo : Nick Nickels / Bibliothèque et Archives Canada / PA-123915

Depuis la création de la Confédération, en 1867, les membres des Premières Nations étaient en effet considérés comme des pupilles du gouvernement fédéral et devaient renoncer à leur statut d'Indien et à leurs droits issus des traités pour pouvoir voter.

C'est un exemple clair du fait que les peuples autochtones n'avaient pas les mêmes droits de base que d'autres personnes au Canada à cette époque.

Dawn Lavell-Harvard, présidente de l'Ontario Native Women's Association

Dawn Lavell-Harvard croit que, malgré tout, à l'époque, les Autochtones n'ont pas accordé une grande importance au fait d'obtenir le droit de vote, car ils étaient trop marginalisés par rapport au reste de la société canadienne.

Encore aujourd'hui, certaines communautés autochtones refusent de participer aux élections canadiennes, qu'elles soient provinciales ou fédérales, ajoute-t-elle, « parce qu'elles ne reconnaissent pas l'autorité du gouvernement canadien et croient en leur forme de gouvernement traditionnelle ».

Hausse de la participation des Autochtones en 2015

Les choses semblent quand même avoir évolué depuis : le taux de participation a doublé dans plusieurs communautés autochtones lors des plus récentes élections fédérales en octobre 2015.

À titre d’exemple, la circonscription de Kenora, qui compte de nombreuses réserves dans le nord-ouest de l’Ontario, a enregistré un taux de participation de 72 %.

Dix Autochtones ont aussi été élus à la Chambre des communes, dont huit sous la bannière libérale et deux sous celle du NPD.

Dates auxquelles le droit de vote a été accordé aux femmes au Canada.Dates auxquelles le droit de vote a été accordé aux femmes au Canada. Photo : Radio-Canada

Pour Dawn Lavell-Harvard, il est important que les Premières Nations fassent entendre leurs voix et tiennent à ce que les sujets qui les touchent soient débattus quand les gouvernements canadiens prennent des décisions qui les concernent directement.

Elle remarque d'ailleurs qu'il y a une prise de conscience de plus en plus grande de la jeune génération.

Les jeunes commencent à considérer comme une possibilité et comme une source d'espoir de pouvoir faire entendre nos voix.

Dawn Lavell-Harvard, présidente de l'Ontario Native Women's Association

L'Ontario a été la troisième province canadienne à accorder le droit de vote aux Autochtones après la Colombie-Britannique en 1949 et le Manitoba en 1952.

Il faudra attendre 1960 pour que le gouvernement fédéral fasse de même.

 

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Les suffragettes à l’oeuvre en Ontario

Le mouvement des suffragettes est apparu en Ontario en 1870. Le premier groupe était majoritairement constitué de femmes blanches, anglo-protestantes et instruites.

En travaillant avec leurs homologues de l’ouest du Canada, des États-Unis et de l’Angleterre, elles ont sensibilisé une partie de la population et l'ont ralliée à leur cause.

Elles ont été particulièrement actives dans le sud de l’Ontario et dans la région de Toronto où se trouvait leur siège.

Près d’un demi-siècle après la formation du premier groupe des suffragettes, les conservateurs de l’Ontario qui croyaient que le vote des femmes aux élections fédérales pourrait favoriser leur plan de conscription se sont mis d’accord avec les libéraux.

En février 1917, lors d’un vote unanime, le projet de loi en faveur du suffrage des femmes a été adopté et a reçu la sanction royale le 12 avril.

Photo en noir et blanc d'Agnes lisant un livreAgnes Macphail est la première femme à être élue à la Chambre des communes en 1921 au Canada. Photo : Yousuf Karsh, Bibliothèque et Archives Canada, C-021562

Deux ans plus tard, un autre projet de loi a été adopté pour donner le droit aux femmes ontariennes d'être élues aux gouvernements provincial et municipal.

Les pionnières ontariennes en politique

  • L’enseignante Agnes Macphail (comté de Southeast Grey) a été la première femme à siéger à la Chambre des communes en 1921, d’abord comme représentante des United Farmers of Ontario, puis du Parti progressiste et enfin de la Co-operative Commonwealth Federation. Elle a ensuite été la première femme députée à Queen's Park en 1943, représentant la circonscription de East York.
  • Margaret Rae Lucock élue la même année qu'Agnes MacPhail, lui a laissé l'honneur d'être la première députée assermentée à l'Assemblée législative de l'Ontario, devenant quant à elle la deuxième.
  • Constance Hamilton a été la première conseillère municipale à Toronto en 1920.
  • Barbara Hanley devient la mairesse de Webbwood en 1936.

Avec des informations d'Historica Canada et du Musée canadien de l'histoire

Toronto

Histoire