•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les États-Unis lancent 59 missiles contre une base aérienne en Syrie

Philippe Leblanc rapporte les faits.
Radio-Canada

Les États-Unis ont lancé, dans la nuit de jeudi, des dizaines de missiles sur un terrain d'aviation en Syrie, en riposte à l'attaque à l'arme chimique menée mardi et qui a coûté la vie à des dizaines de personnes.

Cette frappe a été menée avec 59 missiles, selon un responsable de la Maison-Blanche, qui a précisé que la base aérienne de Shayrat près de Homs, qui a été visée, est associée au programme syrien d'armes chimiques.

« Ce soir, j'ai ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie d'où a été menée l'attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun » , a annoncé Donald Trump dans un discours à la nation.

J'appelle toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie.

Donald Trump

Il s'agit de la première attaque directe des États-Unis contre le pouvoir syrien, qui a qualifié cet acte d'« idiot » et d'« irresponsable ».

Cette frappe surprise dans la région de Homs, dans l'ouest du pays, représente une volte-face pour le président Donald Trump, qui avait mené sa campagne électorale en s'opposant à toute implication américaine dans la guerre civile syrienne.

Donald Trump annonce que les États-Unis ont mené des frappes en Syrie. Donald Trump annonce que les États-Unis ont mené des frappes en Syrie. Photo : Reuters

Le président américain a semblé touché par les photos d'enfants tués au cours de cette attaque chimique qu'il a qualifiée de « disgrâce contre l'humanité qui avait franchi plusieurs lignes ».

Il est dans l'intérêt vital pour la sécurité nationale des États-Unis de prévenir et de dissuader la propagation et l'usage d'armes chimiques mortelles.

Donald Trump

« Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et a ignoré les appels du Conseil de sécurité de l'ONU », a-t-il insisté depuis sa résidence en Floride.

Le gouvernement de Bachar Al-Assad a nié les allégations, et la Russie a dit croire que l'arsenal chimique appartenait à des rebelles.

Un avertissement qui pourrait être répété, si nécessaire

VIdéo montrant des tirs de missiles d'un navire de guerre américainTir de missiles d'un navire de guerre américain Photo : Armée américaine

Les missiles Tomahawk, tirés depuis des navires de guerre en Méditerranée, ont atteint une base aérienne de l'armée syrienne d'où avaient décollé les avions à l'origine du bombardement aux armes chimiques, a souligné Donald Trump lors de son allocution.

Les premières évaluations du bombardement montrent qu'il a « gravement endommagé ou détruit des avions » et des infrastructures de la base, « ce qui diminue la capacité du gouvernement syrien à mener des frappes », a mentionné un porte-parole du Pentagone.

Les missiles Tomahawk visaient notamment « des hangars aériens renforcés », des stockages de pétrole, de munitions, des défenses antiaériennes, des radars.

Le porte-parole de l'armée russe, Igor Konachenkov, a toutefois avancé que seulement 23 missiles américains avaient atteint la base de Shayrat.

 

Pour consulter une carte sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Le général H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président Trump, a affirmé de son côté que les Américains avaient évité de frapper un endroit « où [ils pensent] qu'il y a du gaz sarin stocké ».

Le porte-parole du Pentagone a affirmé qu'il « s'agissait d'une réponse proportionnée » à l'attaque de Khan Cheikhoun, destinée à « dissuader le régime d'utiliser des armes chimiques à nouveau ».

Ce sera le choix du régime s'il y en a d'autres [bombardements], cela se décidera sur la base de leur comportement à venir.

Un porte-parole du Pentagone

L'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, n’a pas dit autre chose, vendredi.

« Nous sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire », a-t-elle dit, devant le conseil de sécurité.

L'agence officielle syrienne Sana affirme que les frappes ont tué neuf civils, dont quatre enfants, et fait sept blessés. Elle n'a toutefois pas précisé si ces chiffres incluaient le bilan de six morts donné par l'armée syrienne. L'Observatoire syrien des droits de l'homme rapporte qu'un officier de l'armée de l'air fait partie des victimes.

Donald Trump a intimé « toutes les nations civilisées » à collaborer avec les États-Unis pour mettre un terme au massacre et au carnage en Syrie.

La télévision d'État syrienne, qui a qualifié l'attaque d'agression, a rapporté que les missiles américains avaient atteint un certain nombre de cibles militaires.

Le précédent de l'été 2013

Cette action du président Trump est à l’opposé de celle prise par son prédécesseur dans des circonstances similaires.

À l'été 2013, à la suite d'une précédente attaque chimique qui avait fait des centaines de morts dans le secteur de la Ghouta, près de Damas, Barack Obama avait jugé que le régime Assad avait franchi une « ligne rouge » et semblait sur le point d'ordonner des frappes militaires.

Il y avait finalement renoncé au profit de négociations avec la Russie sur un démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Syrie : l'engrenage de la guerre 
Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

International