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Le gouvernement albertain réforme le revenu garanti pour les personnes handicapées

Une personne en fauteuil roulant
Les personnes handicapées et leurs défenseurs applaudissent le plan d'action pour réformer le programme de revenu garanti AISH. Photo: iStock
Radio-Canada

Plus de six mois après le rapport du vérificateur général de l'Alberta qui avait sévèrement critiqué la gestion du revenu garanti pour les personnes handicapées (AISH), le ministre des Services sociaux et communautaires, Irfan Sabir, a dévoilé son plan d'action pour améliorer l'administration de ce revenu.

Un texte de Tiphanie Roquette

Les changements prévoient de rendre le programme plus simple et plus accessible, et de mesurer les progrès. Un formulaire de candidature simplifié a été élaboré et sera mis en ligne à partir de septembre. Un meilleur partage d’information sera également établi à cette date pour que les demandeurs n’aient pas à fournir les mêmes papiers à plusieurs programmes d’un même ministère.

Plus de formations et d’outils seront donnés aux employés du ministère pour les aider dans le processus de décision pour les personnes admissibles à l'AISH.

Des instruments de mesure seront créés d’ici décembre 2017 pour constater l’efficacité des changements mis en place.

« Enfin! », disent les personnes handicapées

Pour Bobbi Killian, la mère d’un adulte autiste, ces mesures sont un pas dans la bonne direction. Elle a aidé son fils à postuler pour l'AISH il y a deux ans et a trouvé le processus extrêmement compliqué. Après un premier refus, elle a fourni 300 pages de papiers justificatifs sans jamais vraiment comprendre ce qui satisferait l’administration.

Après un deuxième refus, la famille est allée en appel, ce qui a été extrêmement « traumatisant ». Mme Killian, qui est aussi directrice du soutien familial à l'association d'aide aux personnes handicapées Gateway, a dû décrire, devant son enfant, toutes ses incapacités.

J’ai beaucoup d’espoir que ce plan d’action est un bon début.

Bobbi Killian, mère d'un adulte autiste

Elle apprécie la volonté du ministère de créer des canaux de communication entre les différents programmes d’aide aux personnes handicapées. « Ils n’auront plus à raconter leur histoire encore et encore parce que c’est une expérience traumatisante », affirme-t-elle.

Plus de financement nécessaire

C’est aussi un des points qui séduit Amy Park, de l’association Self-advocacy Federation, à Edmonton. La jeune femme se souvient avoir dû fournir les mêmes papiers quatre à cinq fois pour obtenir son revenu assuré.

La communication est une pièce essentielle du casse-tête.

Amy Park, Self-advocacy Federation

Elle aurait cependant souhaité que le plan d’action réponde à l'un des plus gros problèmes d’AISH, son manque de financement, selon elle. Le revenu est plafonné à 1588 dollars par mois, ce qui rend toute indépendance difficile pour les personnes handicapées.

Leah McRorie, qui a deux filles handicapées, pense cependant que les changements doivent venir progressivement. « Nous avons des listes d’attente de dizaines de personnes et ces changements vont leur apporter de l’aide, du soutien et les aider à traverser ce processus avec dignité », croit Mme McRorie.

Consulter les personnes handicapées

Le plus important, selon elle, c'est que le gouvernement écoute enfin les personnes handicapées sur les questions qui les préoccupent.

« L'AISH est un élément clé du système de soutien de mes filles. J’ai besoin de cet espoir, j’ai besoin que le gouvernement écoute les personnes handicapées. J’ai besoin que notre ministre fasse plus qu’écouter et agisse » affirme Mme McRorie, qui se dit optimiste.

Dans son rapport d’octobre 2016, le vérificateur général avait décrit l’accès au programme AISH comme compliqué et inefficace. Plus de 55 000 personnes reçoivent ce revenu.

Alberta

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