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Une garderie souhaite former une coalition pour revendiquer plus de financement provincial

Juliette Chabot

« On apprécie que [les gouvernements] veuillent ouvrir des espaces, mais on voudrait vraiment qu'ils regardent plus en détail les salaires et les subventions de fonctionnement », dit Juliette Chabot, directrice de la garderie Les Chouettes de Lorette, dans le sud du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une garderie francophone à Lorette, au sud-est de Winnipeg, tente d'obtenir le soutien d'autres garderies du Manitoba afin d'inciter le gouvernement provincial à s'attaquer financièrement aux questions des salaires insuffisants et à la rétention d'éducateurs en petite enfance qualifiés.

La direction des Chouettes de Lorette met sur pied un comité pour rallier garderies francophones et anglophones dans le but d’écrire une lettre qui exposera ces enjeux au gouvernement et qui sensibilisera parents et familles aux contraintes pesant sur les centres de la petite enfance.

En vertu des règlements provinciaux, au moins deux tiers, ou 66 %, des employés dans une garderie subventionnée par le gouvernement doivent être des éducateurs qualifiés de niveaux 2 ou 3.

À la garderie Les Chouettes de Lorette, ces employés qualifiés représentent 80 % du personnel. La directrice Juliette Chabot estime que cela permet d'offrir un service de haute qualité, mais elle ne parvient pas à offrir des salaires compétitifs à la hauteur de leurs compétences, car son budget de fonctionnement n'est pas suffisant.

Des gestionnaires aux mains liées

Au Manitoba, les subventions de fonctionnement sont accordées aux garderies en fonction du nombre de places. Celles-ci doivent représenter 80 % des coûts standards pour la garde des enfants. Les frais payés par les parents représentent les 20 % restants.

Toutefois, les garderies subventionnées par le gouvernement sont tenues de respecter une grille de tarifs maximum qui leur est imposée par la province, et ce, peu importe les besoins de l’enfant. Elles ne peuvent pas non plus demander plus d’argent pour embaucher une ressource supplémentaire pour les enfants nécessitant une attention spéciale.

Les gestionnaires des garderies ont donc les mains liées : pour augmenter leur budget de salaires, ils ne peuvent ni demander plus d’argent des parents ni forcer le gouvernement provincial à accroître leur financement.

On a du bon personnel, on veut les garder. Ils font un service très important. Un service de garde, c'est la base de tout, c'est là où l'enfant va grandir, alors c'est très important que ce soit reflété [sur le plan salarial] et que le personnel se sente valorisé.

Juliette Chabot, directrice, Les Chouettes de Lorette

Dernièrement, les gouvernements fédéral et provincial ont fait des annonces d’investissements qui visent à réduire la liste d’attente de 15 000 enfants qui n’ont pas de place en garderie.

« On apprécie qu'ils veuillent ouvrir des espaces, mais on voudrait vraiment qu'ils regardent plus en détail les salaires et les subventions de fonctionnement », renchérit Mme Chabot.

« Pas beaucoup d'argent »

Pourtant, la situation chez Les Chouettes n'est pas du tout unique, regrette la directrice de l'Association des services de garde du Manitoba, Pat Wege.

La dernière augmentation du financement des services de garde était en janvier 2016, et c'était d’environ 2 % pour les subventions de fonctionnement. Donc, pas beaucoup d'argent dans un domaine où le salarié moyen est sous-rémunéré de 15 %.

Pat Wege, directrice, Association des services de garde du Manitoba

L'association affirme que la province est au courant de ce problème depuis longtemps et espère voir un engagement concret dans le prochain budget.

Dans une déclaration écrite, le ministre des Familles, Scott Fielding, note que la province est en train de développer une stratégie quinquennale pour l'éducation préscolaire et de garde d'enfants dont l'objectif sera de trouver un équilibre entre le fait d'être abordable et celui soutien de soutenir les travailleurs en petite enfance.

Le ministre n’a pas voulu en dire plus, préférant plutôt attendre la présentation du budget provincial, qui sera dévoilé le 11 avril.

Avec des informations de Camille Gris Roy

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