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La réalisatrice de la série Mohawk Girls menacée d'expulsion de Kahnawake

La réalisatrice Tracey Deer.

La réalisatrice Tracey Deer.

Photo : CBC / Carrie Haber

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mariage de la réalisatrice Tracey Deer avec un homme non autochtone, l'automne dernier, pourrait lui valoir l'expulsion du territoire de Kahnawake. Le conseil mohawk se base sur une loi édictant les droits de résidence, règle considérée par beaucoup comme discriminatoire.

« Maintenant que je suis mariée, ils veulent m’expulser. Je ne serai plus considérée comme une Mohawk de Kahnawake. C’est très, très bouleversant », a expliqué la cinéaste au journaliste de CBC Steve Rukavina (Nouvelle fenêtre). Le couple vit avec un enfant dans la propriété de Tracey Deer, située à côté de la maison où elle a grandi et où sa mère habite encore.

Au total, 20 familles ont dernièrement reçu un tel avis d’expulsion. La loi controversée sur les droits de résidence, en vigueur depuis 1981, interdit aux couples mixtes de vivre sur le territoire de Kahnawake. Cette disposition est perçue par plusieurs juristes comme contraire à la Charte des droits et libertés, qui interdit toute discrimination raciale.

La réalisatrice Tracey Deer s'adresse à la comédienne Heather White sur le plateau de la quatrième saison de « Mohawk Girls ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La réalisatrice Tracey Deer s'adresse à la comédienne Heather White sur le plateau de la quatrième saison de Mohawk Girls.

Photo : Héloïse Bargain/ Radio-Canada

En décembre dernier, cinq résidents de la réserve menacés d’expulsion ont remporté une première victoire (Nouvelle fenêtre). La Commission canadienne des droits de la personne les a déclarés victimes de discrimination.

Le conseil se penche actuellement sur la loi. Une nouvelle version devrait être annoncée bientôt, mais aucun assouplissement ne semble à l’ordre du jour.

Si ses parents ne lui ont jamais affirmé explicitement qu’elle devait épouser un Mohawk, Tracey Deer considère qu’il s’agit d’une règle silencieuse qui règne dans la communauté. Elle-même a épousé un Autochtone dont elle a par la suite divorcé.

Les quatre principales actrices de la série « Mohawk Girls »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les quatre principales actrices de la série « Mohawk Girls »

Photo : Éric Myre/ Rezolution Pictures

La réalisatrice a mis en lumière la réalité de Kahnawake grâce à la série Mohaw Girls, diffusée depuis 2014. Basée sur son documentaire de 2005, elle raconte les aventures – notamment sexuelles – de quatre jeunes femmes vivant dans la réserve. Le tournage de la cinquième et dernière saison doit commencer plus tard cette année.

Mohaw Girls n’hésite pas à aborder des thèmes polémiques, dont la loi sur la résidence, ce qui a valu à Tracey Deer d’être critiquée. « Certaines personnes détestent la série et pensent que je les ai trahies en les dépeignant sous un jour horrible. »

Selon les lettres envoyées en février par le conseil aux couples mixtes, d'autres actions seront menées contre eux le 1er mai s’ils n’ont pas quitté la réserve. On ignore pour l’instant la nature de ces mesures évoquées.

Bien qu'elle souhaite s'opposer à la loi, Tracey Deer déclare ne pas vouloir infliger à sa famille et à ses futurs enfants les luttes identitaires qu’elle et les siens ont dû affronter, notamment durant la crise d’Oka, en 1990.

Ils ne vont pas grandir en se faisant dire qu’ils ne sont pas importants à cause de mon amour pour le père.

Tracey Deer

Le couple possède déjà une maison en dehors de la réserve, où il se tient prêt à déménager.

 
Avec les informations de CBC

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