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Des survivants de la polio font face à une nouvelle bataille

Une jeune fille assise. Photo en noir et blanc.

Carol Rankmore, à l’âge de 4 ans, peu de temps après avoir obtenu un diagnostic de poliomyélite. Aujourd'hui, elle souffre du syndrome post-polio.

Photo : Carol Rankmore

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les derniers survivants de la pire épidémie de poliomyélite de l'Amérique du Nord disent vivre avec un lourd héritage, le syndrome post-poliomyélite (SPP). Des Manitobains atteints de séquelles de la maladie indiquent que des médecins ont toujours du mal à reconnaître le syndrome et sa sévérité.

Al Giesbrecht a contracté la maladie en 1952. Il est l'un des 16 000 Canadiens qui y ont survécu et vivent avec le syndrome post-poliomyélite, un trouble neurologique. Le résident d’Altona, situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Winnipeg, affirme que son médecin en sait peu sur le sujet, que ce soit sur le syndrome, la maladie ou même l’épidémie de poliomyélite.

« Lorsque j’ai dit à mon médecin que j'avais eu la polio durant mon enfance, il avait un regard vide », raconte Al Giesbrecht.

Les symptômes du syndrome post-poliomyélite peuvent être gênants. Les plus courants sont la fatigue intense, les faiblesses, la démarche déséquilibrée, les douleurs intenses et la dysphagie.

« J'ai toujours peur de me trouver seul à ma table et de mourir étouffé », mentionne Giesbrecht, qui dit s’être sérieusement étouffé avec un morceau de pain.

Le SPP d'Albert Patenaude ne lui permettait plus de marcher ou d’emprunter les escaliers pour aller chez son médecin. Ce dernier l’a tout simplement envoyé vers un autre médecin. La veuve de M. Patenaude souligne que son médecin de famille n'acceptait pas l'existence du syndrome post-polio.

Carol Rankmore savait que quelque chose n’allait pas, lorsqu’elle s’est mise à tomber à plusieurs reprises et sans raison apparente. Ses chutes lui ont causé de nombreuses fractures et des blessures à la tête. Ce n’est que plus tard qu’elle a appris que ses chutes étaient un symptôme commun du syndrome. Son médecin, cependant, pensait qu'elle était maladroite.

Un bref historique

Tous les trois disent que la situation est ironique, compte tenu de l'histoire notoire du virus au Manitoba. Au début du 20e siècle, les éclosions de poliomyélite au Manitoba ont été parmi les plus virulentes du Canada. La province a fait face à six épidémies entre 1928 et 1953. La dernière a fait la manchette dans le monde entier. C'était la pire épidémie, par nombre d'habitants, de toutes les villes nord-américaines.

Plus de 3100 Manitobains ont attrapé le virus et 190 ont vécu dans des poumons d’acier, un appareil de grande taille qui permettait à une personne de respirer en cas d'insuffisance pulmonaire. Quatre-vingt-neuf personnes sont mortes.

Malgré tout, les experts sont d'accord avec les survivants. La poliomyélite n'est plus une menace, même au Manitoba.

« Le dernier groupe de personnes a été infecté il y a tellement d'années, mentionne le Dr Ming Chan, directeur général de la clinique post-poliomyélite à l'hôpital de réadaptation Glenrose, à Edmonton. Les gens voient des SPP aujourd'hui, mais ne pensent pas à faire le lien avec la maladie. »

Il est donc facile pour des médecins de diagnostiquer de façon erronée les SPP, ajoute Dr Chan.

Selon les informations de Donna Carreiro, CBC News

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