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Le Mifegymiso, la pilule abortive, sera bientôt offert au Nouveau-Brunswick

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Photo : Charlie Neibergall

Radio-Canada

Le gouvernement provincial confirme qu'il va instaurer au cours des prochains mois un programme visant à offrir un accès universel au Mifegymiso, qui permet d'interrompre la grossesse jusqu'à 49 jours de gestation. Par voie de communiqué, Fredericton précise qu'avec ce programme, toute femme qui détient une carte d'assurance-maladie pourra recevoir gratuitement la pilule abortive.

Victor Boudreau, le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, a indiqué que le gouvernement avait décidé de payer la note sur ce médicament afin d’y faciliter l’accessibilité. « Nous avions dit lors du dépôt du dernier budget que nous nous occuperions de certaines barrières, mais que nous continuerions à regarder pour en éliminer d’autres », a-t-il rappelé. Il a indiqué que le coût du médicament était une de ces barrières. Le prix de la pilule abortive se chiffre pour le moment à environ 300 $, selon M. Boudreau.

La couverture n’entre pas en fonction immédiatement puisque l’organisme qui négocie le prix des médicaments doit toujours parler avec le fabricant. On sait que les femmes qui désireront utiliser ce médicament n’auront pas à payer directement, mais la manière dont Medicare remboursera les pharmacies n’est pas encore connue. Le ministre Boudreau a expliqué que cela pourrait prendre quelques mois avant que le programme soit opérationnel.

Le ministre de la Santé a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’un remplacement de la procédure chirurgicale d’avortement, mais bien d’une option supplémentaire. « Les procédures mises en place par Santé Canada font que c’est un processus assez complexe. Il faut trois rendez-vous pour terminer la procédure, un pour prescrire l’échographie, un pour prendre le médicament et un autre pour le suivi médical », a-t-il dit. Selon le ministère, environ une patiente sur 20 doit subir quand même une intervention chirurgicale parce que le Misegysimo n’a pas eu les effets escomptés.

Réaction positive du RFNB

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) a réagi par voie de communiqué de presse mardi après-midi. Il accueille l'annonce du gouvernementde manière favorable. Le RFNB considère que la pilule abortive est une manière tout aussi sécuritaire que l'avortement par procédé chirurgical. « Un plus grand accès à l’avortement représente toujours une bonne nouvelle, dans l’optique où les femmes du Nouveau-Brunswick auront désormais accès gratuitement à deux types de service de santé, l’avortement par médicament et l’avortement chirurgical », a souligné Valéry Savoie, présidente du RFNB.

Selon les règles de Santé Canada, avant de prescrire le Mifegymiso, les médecins sont tenus de suivre une formation et ils doivent eux-mêmes fournir le médicament, plutôt qu’un pharmacien. À la fin du mois de février, seulement 14 médecins au Nouveau-Brunswick s'étaient inscrits à la formation requise, selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada.

Le Mifegymiso a été autorisé par Santé Canada en juillet 2015 et, il est disponible sur le marché depuis janvier. Il a été inscrit en 2005 sur la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé, qui tient compte de l’efficacité des produits, de leurs coûts et de la sécurité des patients, entre autres critères.

Ce médicament comprend certains risques pour la santé, explique Santé Canada. C’est pourquoi aucun pays n’autorise son usage sans ordonnance médicale. La patiente doit subir une échographie afin de confirmer l’âge du foetus et ne pourra recevoir le médicament si le résultat dépasse le 49jour.

La pilule est utilisée depuis 28 ans en France et depuis plus de 20 ans aux États-Unis. Il y a eu un décès au Canada durant les essais cliniques de la pilule.

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