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L'attaque au gaz en Syrie a fait une centaine de morts

Un membre de la défense civile syrienne reçoit des soins, à la suite d'une possible attaque au gaz chimique dans le nord-ouest de la Syrie, le 4 avril 2017.

Photo : Reuters / Ammar Abdullah

Reuters

Des avions, appartenant vraisemblablement à l'armée syrienne, auraient mené mardi matin des attaques au gaz qui ont tué 100 personnes et en ont intoxiqué 400 autres, dans une ville tenue par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, selon le dernier bilan fourni par l'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM).

L'attaque a visé Khan Cheikhoune, dans le sud de la province d'Idlib. Les personnes touchées ont été victimes d'intoxication, de suffocation ou d'évanouissement, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui ajoute que certaines présentaient de l'écume à la bouche. D'après des sources médicales, ces symptômes correspondent à une attaque à l'aide d'agents chimiques.

« À 17 h 15, le bilan des attaques chimiques est de 100 morts par suffocation et 400 victimes suite à plusieurs attaques chimiques massives au gaz toxique depuis ce matin dans le village de Khan Cheikhoune au sud de la région d'Idlib », indique l'organisation basée à Paris, dans un communiqué.

Le centre des casques blancs de Khan Cheikhoune, ainsi que l’hôpital Al-Rahme ont été aussi touchés par une attaque chimique. On recense plus d’une quarantaine d’attaques depuis 6 h 30. Elles continuent encore en ce moment.

L'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM)

« Ce matin, à 6 h 30 locales, des avions militaires ont pris pour cible Khan Cheikhoune avec des gaz, qui seraient du sarin ou du chlore », a dit Mounzer Khalil, directeur des services de santé d'Idlib, lors d'une conférence de presse, en parlant d'hôpitaux débordés.

Il s'agirait, si elle est confirmée, de l'attaque chimique la plus meurtrière en Syrie depuis celle au gaz sarin qui a tué plusieurs centaines de civils (Nouvelle fenêtre) dans la région de la Ghouta, près de Damas, en août 2013. Les pays occidentaux avaient tenu le régime syrien responsable de cette attaque, alors que Damas l'avait imputée aux rebelles.

De source militaire syrienne, on dément catégoriquement que l'armée de l'air du régime de Damas ait utilisé des armes chimiques. À Moscou, le ministère de la Défense a assuré qu'aucun avion russe n'avait mené de raid tout récemment dans la province d'Idlib.

 

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Ankara réclame une enquête de l'OIAC

« L'armée de l'air russe n'a mené aucun raid dans le secteur de Khan Cheikhoune, dans la province d'Idlib », a déclaré le ministère russe, cité par l'agence de presse RIA.

Des membres de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie ont déclaré qu'il était « impératif que les auteurs de telles attaques soient identifiés et rendent des comptes. » Le recours aux armes chimiques et le fait de viser délibérément des centres médicaux « équivalent à des crimes de guerre et à des graves violations des droits humains », ajoute cette commission indépendante, dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro.

La Maison-Blanche accuse le régime Assad

La Maison-Blanche a imputé directement mardi l'attaque chimique en Syrie au régime de Bachar Al-Assad et a estimé qu'il s'agissait d'un acte « répréhensible, que le monde civilisé ne peut ignorer ».

« Ces actes odieux du régime de Bachar Al-Assad sont la conséquence de la faiblesse et de l'irrésolution de la précédente administration (américaine) », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, au cours d'un point de presse.

« Le président Obama avait dit en 2012 qu'il fixait une "ligne rouge" à ne pas dépasser, à savoir l'utilisation d'armes chimiques, et il n'avait rien fait ensuite », a ajouté le porte-parole.

Il s'est refusé à dire ce que l'administration Trump ferait à la suite de ces attaques, mais il a ajouté que le président Donald Trump avait évoqué la question mardi avec son conseil national de sécurité.

À Paris, François Hollande a pointé la responsabilité « politique, stratégique et morale » des soutiens du régime de Bachar Al-Assad après cette attaque.

« Le président de la République dénonce avec indignation l’attaque aérienne à l’arme chimique perpétrée ce matin vers 7 h à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles », lit-on dans un communiqué de l'Élysée.

Par la voie de son ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, la France a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après cette attaque.

« Une nouvelle attaque chimique particulièrement grave a ciblé, ce matin, la province d'Idlib. Les premières informations font état d'un très grand nombre de victimes, y compris des enfants », a déclaré Jean-Marc Ayrault en condamnant un « acte ignoble ».

L'Union européenne a estimé que le président syrien Bachar Al-Assad était le « premier responsable » de l'attaque de mardi.

Les nouvelles reçues aujourd'hui sont abominables. Cela nous rappelle tristement que la situation sur le terrain continue d'être dramatique dans nombre de secteurs de Syrie. Manifestement, le premier responsable est le régime, car c'est lui avant tout qui a le devoir de protéger sa population.

Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne

Pour le secrétaire au Foreign Office, Boris Johnson, Assad sera coupable de crimes de guerre s'il s'avère que le régime est responsable de ces attaques à l'arme chimique.

Quant à la Turquie, dont la frontière jouxte la province d'Idlib, elle a condamné un « crime contre l'humanité » susceptible de faire échouer le processus de paix en cours à Astana, au Kazakhstan. Elle demande à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) d'ouvrir sans attendre une enquête sur les événements de Khan Cheikhoune.

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