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Un Réseau en immigration francophone défaillant en Alberta, selon des organismes

logo rifa
Le Réseau en immigration francophone de l'Alberta (RIFA) doit gagner son indépendance, selon des organismes francophones. Photo: Radio-Canada

L'organisme Francophonie albertaine pluriellle demande un changement de gouvernance au Réseau en immigration francophone, une demande appuyée par plusieurs organismes membres. Ils soulignent un manque de collaboration au sein du réseau qui empêche des actions concrètes pour améliorer la situation des immigrants. Un constat renforcé par un récent rapport d'évaluation.

Le Réseau en immigration francophone de l'Alberta (RIFA) est géré par le conseil d'administration de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) qui embauche une coordonnatrice. Il a pour mission d'orchestrer la collaboration entre les organismes francophones pour aider les immigrants et les réfugiés.

Le rapport d'évaluation du RIFA a été réalisé par les consultants Marc Arnal et Paul Denis pour le compte de l'ACFA, à un moment où les membres étaient nombreux à se plaindre du manque de résultats.

Le RIFA est devenu une grosse machine avec une complexité qui commence à ressembler à un ministère gouvernemental avec des unités détachées les unes des autres par les intérêts particuliers de chacun, défiant l'espoir de collaboration souhaité au départ.

Marc Arnal et Paul Denis, auteurs du rapport d'évaluation du RIFA

À titre d'exemple, il est arrivé que deux organismes se disputent la même subvention d'un bailleur de fonds. C'est notamment le cas de l'organisme Volontaires unis dans l'action au Canada et l'ACFA régionale de Calgary.

Donner son indépendance au RIFA

La Francophonie albertaine plurielle (FRAP) demande que le RIFA devienne indépendant de l'ACFA et de son conseil d'administration.

Selon le président de la FRAP, Alphonse Ndem Ahola, le RIFA n'a pas suivi les évolutions de la société albertaine, ni des besoins grandissants de son immigration, de plus en plus présente.

« On fait des rapports, on fait des constats, il y a des plaintes, mais il n’y a pas de changements », estime-t-il.

Citation Alphonse Ndem AholaCitation Alphonse Ndem Ahola Photo : Radio-Canada

Il considère que, si le système d'immigration ne fonctionne pas, ce sont « [eux], les immigrants, qui en souffr[ent] ».

Il y a une crise financière liée au fait que cette coordination n’est pas suffisante. Les organisations de la francophonie se mangent le nez, se crêpent le chignon, alors que ça ne devrait pas être le cas.

Alphonse Ndem Ahola, président de la FRAP

Il regrette également que certaines communautés immigrantes se tournent vers les aides anglophones, ne trouvant pas ce qu'elles cherchent du côté francophone.

D'après lui, la meilleure façon de rétablir ce système défaillant pour les immigrants serait de donner un conseil d'administration autonome au RIFA. « L'ACFA est un acteur important, elle peut être l'agent fiscal du RIFA; nous n'avons aucun problème avec ça », précise-t-il.

L'organisme est appuyé dans cette démarche par au moins d'autres membres du réseau, comme le Centre d'accueil et d'établissement.

La Fédération des aînés francophones de l'Alberta (FAFA) demande pour sa part plus de discussions entre l'ACFA et les membres. « Nous verrions d'un bon oeil des modifications apportées au fonctionnement du RIFA, pour qu'on gagne en efficacité, qu'il n'y ait pas de frustrations ou de risques de créer une communauté parallèle », souligne le directeur de la FAFA, Yannick Freychet.

Un leadership à (re)trouver

De son côté, Georges Bahaya, directeur du Centre d'accueil et d'établissement, siège au RIFA depuis ses débuts, en 2011. Il a fait partie du comité mis sur pied par l'ACFA l'an dernier afin d'assurer la mise en oeuvre d'un plan d'action, mais l'a quitté depuis, devant l'absence de résultats.

« Il y avait un manque de respect. Lorsqu’on avait une réunion, on tenait le procès-verbal, mais après, on ne se retrouvait plus dans le procès-verbal », explique-t-il.

citation Georges Bahayacitation Georges Bahaya Photo : Radio-Canada

Il rappelle toutefois qu'il est primordial de mettre en place les ressources nécessaires pour les nouveaux arrivants, car les services de son centre d'accueil ne sont pas suffisants. « Si le réseau ne peut pas se mettre ensemble et collaborer, le nouvel arrivant va se limiter aux services reçus au Centre d’accueil et, à ce moment-là, il se retrouve dans le vide », regrette-t-il.

L’ACFA peut être membre du RIFA, mais ne peut pas accaparer le RIFA. Il y a d’autres chefs de file qui fonctionnent de manière autonome. Pourquoi l’immigration devrait-elle rester sous le contrôle de l’ACFA?

Georges Bahaya, directeur du Centre d'accueil et d'établissement

L'ACFA dit vouloir appliquer les recommandations du rapport Arnal-Denis au mois d'avril. Le Conseil d'administration discutera de la proposition de la FRAP à sa prochaine réunion, en mai.

Avec des informations d'Emma Hautecoeur

Alberta

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