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L’élection équatorienne pourrait déterminer le sort de Julian Assange

Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks

Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks

Photo : Getty Images / Carl Court

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le cofondateur de WikiLeaks, Julian Assange, suivra de près l'élection présidentielle qui a lieu dimanche en Équateur. D'un côté, le candidat de la gauche, Lenin Moreno, propose de maintenir son asile à l'ambassade de l'Équateur, à Londres, tandis que son adversaire de la droite, Guillermo Lasso, veut revoir ce privilège.

Les 12,8 millions d’électeurs inscrits – le vote est obligatoire, sous peine d’amende – tourneront la page sur l’ère du président Rafael Correa. Après trois mandats consécutifs, le président sortant se retire pour aller vivre et enseigner l’économie en Belgique.

Les électeurs décideront s'ils poursuivent sur la voie du socialisme ou s'ils penchent à droite, comme cela a été le cas dans d'autres pays d'Amérique latine au cours des derniers mois, notamment au Venezuela, au Brésil et en Argentine.

Lenin Moreno, le candidat du parti au pouvoir, Alianza Pais (AP), a affiché de 4 à 14 points d’avance dans les sondages sur son adversaire Guillermo Lasso, l’ex-banquier à la tête du mouvement CREO.

Lors des élections législatives, qui ont eu lieu le 19 février, AP a perdu sa majorité des deux tiers, mais a tout de même conservé une majorité absolue à l’Assemblée.

Le politologue Santiago Basabe, de la Faculté latino-américaine de sciences sociales, affirme que de récents sondages font état d’un match nul technique, « mais avec une légère tendance en faveur de Lasso qui pourrait aller en augmentant ».

Un sondage du 19 février accordait des appuis de 39 % à Lenin Moreno et de 28 % à Guillermo Lasso.

Les candidats au deuxième tour de l’élection présidentielle en Équateur, Lenin Moreno, de l’Alliance Pais, et Guillermo Lasso du mouvement Créant des opportunitésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les candidats au deuxième tour de l’élection présidentielle en Équateur : Lenin Moreno, d’Alliance Pais, et Guillermo Lasso du mouvement Créant des opportunités.

Photo : Reuters / Henry Romero/Mariana Bazo

Le spectre du Venezuela

Pendant la campagne, Guillermo Lasso a dénoncé « la dictature » de l’ex-président Rafael Correa et n’a cessé d’agiter l’épouvantail du Venezuela, où la Cour suprême a octroyé des pouvoirs élargis au chef de l’État.

« Le 2 avril, nous n’avons que deux options : voter pour la continuité ou voter pour le changement », a dit M. Lasso en terminant sa campagne, jeudi.

Il promet notamment de créer un million d’emplois et d'alléger le fardeau fiscal des contribuables.

Apôtre d’une politique sociale, mais moins controversé que son mentor Rafael Correa, Lenin Moreno a axé son dernier discours sur la lutte contre la corruption. Il est même allé jusqu’à promettre « une chirurgie radicale (…) aux corrompus du gouvernement », « aux corrompus d’hier et de maintenant ».

Le président sortant a profité de la manne pétrolière pour moderniser l’Équateur, mais plusieurs observateurs lui reprochent de l’avoir gaspillée. On a rapporté des cas de corruption impliquant d’ex-collaborateurs et qui éclaboussent son vice-président Jorge Glas.

Un ajustement économique à prévoir

Guillermo Lasso suggère de revoir l'asile politique accordé à Julian Assange. Le cofondateur de WikiLeaks a entamé le 19 juin 2016 sa cinquième année d’asile politique à l’ambassade d’Équateur, à Londres.

Le lanceur d’alerte craint d’être extradé aux États-Unis pour la publication de documents confidentiels, entre autres sur les guerres en Irak et en Afghanistan.

Lenin Moreno a affirmé qu’il maintiendrait la décision « que M. Assange reste dans l’ambassade tant qu’un sauf-conduit ne lui aura pas été accordé » afin de se rendre dans le pays de son choix.

Le prochain président équatorien entrera en fonction le 24 mai. Peu importe le vainqueur, il y aura un ajustement économique, dit Santiago Garcia, économiste de l’Université centrale de l’Équateur.

Les bureaux de vote ferment à 17 h.

Avec les informations de Agence France-Presse

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