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Maurice Richard, arbitre de lutte

Affiche annonçant le gala de lutte avec Maurice Richard comme arbitre

Affiche annonçant le gala de lutte avec Maurice Richard comme arbitre

Photo : Société d'histoire d'Amos / Journal L'Écho du 31 juillet 1958

Radio-Canada

Le 2 août 1958, l'aréna d'Amos reçoit les plus grandes étoiles de la lutte, dont certains sont maintenant des légendes. Bien que ce divertissement sportif attirait déjà les foules, un nom sur la carte suscitait l'engouement, celui de Maurice Richard.

Un texte de Louis-Éric Gagnon

À lire aussi à propos de l'histoire de la lutte en Abitibi-Témiscamingue :

Le phénomène de la petite lutte

Des années 30 aux années 50, la lutte professionnelle avait la cote dans tout le Québec et l’Abitibi ne faisait pas exception. Les villes de la région avaient leur propre promotion où performaient les héros locaux.

Du côté de Val-d’Or, il y avait des noms comme Tommy Burns, qui était champion du Canada, ainsi que Benny Trudel, qui offrait un spectacle digne du cirque en livrant des combats contre un ours.

Les rivalités étaient vives entre les promotions, et le héros d’une ville devenait l’ennemi d’une autre ville. Par exemple, Théodore Beaudry, de St-Dominique-du-Rosaire, entretenait une rivalité avec Gerry « Badman » Campeau, de Rouyn. Surnommé Théo Canuck, il était champion de l’Abitibi et représentait le valeureux canadien-français : charismatique, dure comme l’hiver et impliqué dans sa communauté.

Cependant, avec la venue de la lutte à la télévision, les vedettes sont devenues plus grandes que nature et le phénomène de la petite lutte a tranquillement disparu dans les années 50.

Maurice Richard, arbitre de lutte, accompagné de Johnny Rougeau, Édouard Carpentier et Yvon Robert le 2 août 1958.

Maurice Richard, arbitre de lutte, accompagné de Johnny Rougeau, Édouard Carpentier et Yvon Robert le 2 août 1958.

Photo : Société d'histoire d'Amos

Comment Maurice Richard s’est-il retrouvé arbitre de lutte?

Le samedi 2 août 1958, une superbe carte a été présentée au public de la région. Johnny Rougeau affrontait Frank Valois alors que Larry Moquin a combattu le polonais Chet Wallick. Le combat final opposait Bob « Legs » Langevin au champion du monde des poids lourds, le français Édouard Carpentier, qui en était à sa première visite en Abitibi.

Ces matchs étaient arbitrés par Yvon Robert, considéré comme le plus grand lutteur du Québec. De plus, le combat final mettait en vedette Maurice Richard comme arbitre.

Yvon Robert a vu une chance d’aider autant Maurice Richard que la promotion de lutte. Il s’est dit que s’il lui faisait arbitrer des combats, il pourrait encaisser une somme d’argent pour ses présences et attirer encore plus de monde.

Pat Laprade, historien de la lutte et coauteur de l’ouvrage À la semaine prochaine, si Dieu le veut!

La lutte voyageait dans les régions du Québec, mais ce n’était pas le cas du hockey. Une personne qui voulait voir Maurice Richard devait se rendre au Forum de Montréal. Il ne faut pas oublier que les moyens de transport et les routes n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui.

La petite lutte, on la voyait en marge du Forum, à Montréal. En région, les grandes vedettes voyageaient surtout l’été. Le reste du temps, c’était un mélange de mi-lourds et de lutteurs locaux.

Pat Laprade, historien de la lutte et coauteur de l’ouvrage À la semaine prochaine, si Dieu le veut!
Affiche d'un gala de lutte et de boxe à Amos en 1936

Affiche d'un gala de lutte et de boxe à Amos en 1936

Photo : Société d'histoire d'Amos

Une association lucrative pour Maurice Richard

Étant un ami d’Yvon Robert, le Rocket parcourait les routes du Québec en tant qu’arbitre durant la période estivale, ce qui lui permettait d’avoir un revenu supplémentaire. Dans ses meilleures années, Maurice Richard remportait 25 000 $ par année en tant que joueur de hockey. Yvon Robert pouvait quant à lui empocher entre 100 000 $ et 150 000 $ par année, car l’argent était mieux distribué dans le milieu de la lutte.

La proximité entre le Rocket et le lion du Canada français

Maurice Richard et Yvon Robert étaient des hommes de caractère et se sont reconnus dans le même rôle qu’ils jouaient dans la société : être la voix des Canadiens français, incarner celui qui a réussi dans la vie sans avoir l’obligation de travailler dans une usine le restant de ses jours. Yvon Robert est le seul sportif, nommons-le ainsi, à avoir approché la popularité de Maurice Richard.

Encore aujourd’hui, les familles Richard et Robert ont de bonnes relations et les filles de chaque famille sont demeurées de bonnes amies.

Abitibi–Témiscamingue

Société