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« Nous sommes constamment en état d’alerte » : le cri du coeur de résidents de Kashechewan

Dorothy Williams a déménagé il y a quatre ans parce que sa maison pourrissait à l'intérieur après avoir été inondée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Évacuations massives, asthme, maladies de peau : les membres de la Première Nation de Kashechewan dans le Nord de l'Ontario réclament de toute urgence le déménagement de leur communauté.

Un texte de Joël Ashak

L’arrivée du printemps, synonyme de renouveau pour la plupart, est un cauchemar pour les membres de la Première Nation isolée au bord de la baie James.

« Nous devons toujours écouter la radio pour savoir si nous allons devoir évacuer les lieux », raconte Dorothy Williams.

Pratiquement chaque printemps, les crues de la rivière Albany provoquent des inondations à Kashechewan et une digue construite il y a 20 ans n'empêche pas le désastre de se reproduire.

Quand la glace fond, l’eau peut inonder mon sous-sol à tout moment.

Dorothy Williams, habitante de Kashechewan
Dorothy Williams devant sa maison à Kashechewan

La situation est très stressante pour Dorothy Williams et les autres membres de la communauté de Kashechewan à l'approche de la période des inondations.

Photo : Radio-Canada

La maison de Dorothy Williams, située à quelques mètres de la digue, est presque neuve.

Celle qu’elle a quittée il y a quatre ans pourrissait de l’intérieur et son fils de 13 ans a développé de l’asthme à cause de la moisissure, dit-elle. « L'odeur y était horrible », ajoute-t-elle.

Le fiancé de Dorothy Williams, Redfern Wesley, est secouriste en période d'inondations. Au printemps, il remonte fréquemment la rivière avec un aîné pour tenter de détecter les signes avant-coureurs.

C’est très stressant. Les aînés et les jeunes sont sur le qui-vive. À notre retour d’inspection, ils se précipitent pour nous demander s’ils vont devoir être évacués.

Redfern Wesley, secouriste à Kashechewan
Dorothy Williams et Redfern Wesley dans leur maison de Kashechewan

Dorothy Williams et Redfern Wesley croient qu'il devient urgent de déménager leur communauté entière de Kashechewan.

Photo : Radio-Canada

Cette communauté crie, comme bien d’autres, accorde une grande importance à la chasse printanière.

« Nous sommes toujours inquiets de revenir de la chasse et de retrouver nos maisons inondées », dit Redfern Wesley.

Un nouvel espoir

Vendredi, les gouvernements fédéral et provincial ont signé une entente-cadre avec la Première Nation afin de trouver une solution viable pour la communauté.

La piste privilégiée est celle réclamée depuis des années par la communauté : le déménagement.

Le dessin d'un enfant de Kashechewan sur lequel est écrit : « We want to move to higher grounds! » (Nous voulons déménager sur des terres plus élevées NDLR)

La communauté demande de pouvoir déménager dans un lieu qui reste au sec.

Photo : Radio-Canada

Dorothy Williams et Redfern Wesley voient cette entente d'un bon oeil.

Mais le temps presse, selon eux, car ils voient la digue s’affaisser de plus en plus chaque année.

Autrefois, les maisons de la communauté n'étaient pas visibles de l'extérieur à cause de la digue. Maintenant, on les voit clairement.

Redfern Wesley, secouriste à Kashechewan

En attendant de connaître les détails d'un potentiel déplacement de la communauté, les habitants retroussent déjà leurs manches en vue des inondations qui pourraient survenir à tout moment au cours des prochaines semaines.

Une rue dans la Première Nation de Kashechewan dans le Nord de l'Ontario

La Première Nation de Kashechewan se prépare aux prochaines inondations printanières.

Photo : Radio-Canada

Nord de l'Ontario

Autochtones