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Les hockeyeuses américaines sont allées chercher leur dû : il était temps!

Une photo de groupe des joueuses de l'équipe américaine de hockey féminin, avant le Championnat du monde

Une photo de groupe des joueuses de l'équipe américaine de hockey féminin, avant le Championnat du monde

Photo : Associated Press / Paul Sancya

Enrico Ciccone
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - Nous avons eu une démonstration de force et de solidarité la dernière semaine. Les membres de l'équipe américaine de hockey féminin se sont tenues droites, sans broncher, pour aller chercher leur dû.

USA Hockey a dû se plier aux exigences légitimes, selon moi, de ses hockeyeuses. Autrement, la fédération aurait été ridiculisée dans son pays, où se déroule présentement le Championnat mondial (à Plymouth, au Michigan).

Comment aurait-on pu entreprendre ce prestigieux tournoi sans les tenantes du titre? Les Américaines ont remporté la médaille d'or six fois à leurs sept dernières présences à ce prestigieux tournoi. Elles sont premières au classement de l'IIHF.

Les détails de l’entente

Avant l’entente, ces jeunes femmes touchaient un salaire qui se situait entre 9000 $ et 24 000 $ pour une année dite non olympique.

Maintenant, elles pourront aller chercher jusqu'à 108 000 $, en plus d’un boni de 37 000 $ si elles gagnent la médaille d'or.

L’augmentation est substantielle, mais il ne faut pas mélanger les pommes et les oranges. J'en entends déjà plusieurs comparer leur propre travail à celui de ces championnes.

Vous avez le goût de crier à l'injustice, n'est-ce pas?

L'injustice, c'est exactement ce qu'elles vivaient depuis plus de 25 ans, à se dévouer corps et âme à leur sport et à leur nation.

Beaucoup de joueuses ont abandonné l'idée de fonder une famille par manque de temps, de ressources financières, incapables de se payer une assurance maladie adéquate qui pourrait couvrir les accouchements et la maternité.

Êtes-vous toujours aussi frustrés?

Ah oui, j'oubliais : elles doivent s'entraîner et être disponibles 365 jours par année, gagner le Championnat du monde chaque année et les Olympiques tous les quatre ans, et la plupart des joueuses doivent avoir un autre emploi pour arriver à joindre les deux bouts.

La carrière d'une hockeyeuse peut durer 1, 2, 5 ou 10 ans, si cette joueuse est chanceuse.

De plus, USA Hockey a tous les droits sur ces jeunes femmes et leur image. La fédération peut les utiliser comme bon lui semble. Seules les joueuses vedettes ont le privilège d'être recherchées par de grosses entreprises et d’avoir des commandites.

Les joueuses n’ont ni fonds de pension ni privilèges après 25, 30 ou 35 ans de service. Niet!

Comme disait si bien Jocelyne Lamoureux-Davidson après la conclusion de l’entente : « Nous pouvons maintenant réaliser nos rêves, fonder une famille sans avoir de fardeau financier. »

Êtes-vous encore outrés? Si oui, posez-vous la question suivante : faites-vous partie des 23 meilleurs au monde dans votre domaine?

Alors, passons à autre chose et réjouissons-nous de ce retour du balancier.

Solidarité

J'ai une pensée particulière aujourd'hui pour les Ted Lindsay, Doug Harvey et Dollard Saint-Laurent, qui se sont tenus droits comme des chênes devant « l'establishment » de la LNH, à leurs risques et périls, pour leur carrière et le bien-être de leur famille.

Sans eux, les joueurs n'auraient jamais été payés à leur juste valeur.

J'ai appris une chose au début de ma carrière avec celui qui était notre représentant des joueurs chez les North Stars du Minnesota, Stu Gavin. « Tous les regroupements syndicaux doivent se tenir ensemble nonobstant leurs champs d'expertise », disait-il.

Ça me ramène au début des années 1990, à San Francisco, alors que nous devions rencontrer les Sharks de San José, qui jouaient leurs matchs à domicile dans cette ville (au Cow Palace) à leurs deux premières saisons dans la LNH.

L'autocar était devant l'hôtel qui nous recevait. Nous nous sommes butés à une ligne de piquetage. Stu Gavin, notre représentant, est descendu de l'autocar pour aller dialoguer avec un membre du syndicat de l'hôtel, qui avait imposé un lock-out à ses employés.

Stu Gavin a bien fait comprendre à Bob Gainey, notre entraîneur, qu'en aucun cas nous ne devions loger à cet hôtel, par solidarité. M. Gainey a acquiescé et nous sommes allés dormir ailleurs.

C'était le 2 février 1993. Le soir suivant, nous avons remporté le match 7-3 et j'ai inscrit mon premier point dans la LNH, une passe.

Cela dit, je suis ravi de voir que les joueuses américaines ont bénéficié du soutien des associations des joueurs de la NBA, de la LNH, de la NFL, de la MLB, de la WNBA ainsi que de 20 sénateurs américains.

En espérant que nos championnes ici au Canada prendront exemple sur leurs consoeurs américaines et iront chercher leur dû. Meaghan, Marie-Philip, Haley, Shannon, à vous de jouer! Je suis persuadé que notre grande championne en or, Caro (Ouellette), sera là pour vous épauler.

En terminant, je m'en voudrais de ne pas souligner le travail de mes héroïnes de la dernière semaine : les Meghan Duggan, Hilary Knight, Jocelyne Lamoureux-Davidson et le reste de la formation américaine qui ont mis tout sur la table et risqué de perdre l'amour de leur vie : le hockey.

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