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Trump s'attaque au déficit commercial américain

Le président des États-Unis Donald Trump en compagnie du vice-président Mike Pence et du secrétaire au Commerce Wilbur Ross à la Maison-Blanche, vendredi.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Radio-Canada

Le président des États-Unis, Donald Trump, amorce un virage protectionniste de l'économie américaine comme il l'avait promis en campagne électorale. Vendredi après-midi, il a signé deux décrets qui visent à déterminer les pays à l'origine du déficit commercial américain. Il propose aussi d'employer toutes les mesures nécessaires afin de « protéger » l'industrie américaine.

L’administration Trump dressera une liste pays par pays, produit par produit des cas que le président qualifie de triche, des accords de libre-échange qui n’ont pas répondu aux attentes américaines, de même que des règlements commerciaux qui n’ont pas été respectés.

« Année après année, décennie après décennie, déficits commerciaux après déficits commerciaux [...] des milliers d'usines ont été volées à notre pays. Nous allons défendre notre industrie et créer, enfin, des conditions équitables pour les travailleurs américains », a déclaré Donald Trump depuis le bureau ovale.

Nous allons corriger ces mauvais accords de libre-échange, il est temps.

Donald Trump, président des États-Unis

Le président Trump demande une étude d’ici les 90 prochains jours sur les pratiques commerciales déloyales que ces pays utiliseraient pour stimuler leurs exportations en sol américain et ainsi obtenir un excédent commercial. L'étude évaluera, par exemple, les barrières non tarifaires, l'application laxiste des lois, la manipulation des devises et tout autre stratagème pour empêcher l'entrée de produits américains et augmenter les exportations vers les États-Unis.

La Chine en tête de liste

En plus du Canada, les pays potentiellement visés sont la Chine, l'Allemagne, le Japon, le Mexique, l'Irlande, le Vietnam, l'Italie, la Corée du Sud, la Malaisie, l'Inde, la Thaïlande, la France, la Suisse, Taiwan, l'Indonésie et le Mexique.

Le Canada arrive au dernier rang de cette liste et dispose de la plus faible balance commerciale positive avec les États-Unis. Le pétrole et le secteur de l’automobile représentent plus de la moitié des biens canadiens exportés vers les États-Unis.

De tous les pays de la planète, c’est la Chine qui pèse le plus lourdement dans la balance commerciale américaine. L'an dernier, la Chine a enregistré un surplus commercial de 347 milliards de dollars américains par rapport aux États-Unis.

M. Trump doit rencontrer le président chinois, Xi Jinping, les 6 et 7 avril en Floride, un premier entretien très attendu entre les deux chefs d’État.

Selon le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, responsable de ce vaste réexamen, ces décrets marquent « le début d'un chapitre complètement nouveau dans les relations commerciales [des États-Unis] avec [ses] partenaires à travers le monde ».

Le fait de se retrouver sur la liste n’entraînera pas nécessairement de sanctions ou de mesures économiques.

Wilbur Ross, secrétaire américain au Commerce

Justin Trudeau rassurant

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ne semble pas s'inquiéter de ces nouveaux décrets signés par Donald Trump. Selon lui, la révision demandée par le président américain n’a rien de nouveau.

« Les États-Unis évaluent régulièrement leurs partenaires, mais nous savons à quel point travailler avec l’administration américaine sur les enjeux qui nous préoccupent est extrêmement important », a-t-il déclaré.

M. Trudeau a qualifié sa relation avec l’administration Trump de « constructive » et s'est dit ouvert à toute discussion sur les améliorations qui pourraient être apportées à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Le directeur des affaires publiques à la Chambre de commerce du Canada, Guillaume W. Dubreuil, estime quant à lui que le principal obstacle au commerce est actuellement l’incertitude depuis l’élection de Donald Trump. « L’incertitude est l’ennemie de l’investissement. Pour le moment, le problème, c’est qu’on ne sait pas ce qui va se passer, et les entreprises ne sont donc pas capables de s’adapter », a-t-il expliqué.

Jeudi, l'administration Trump a transmis au Congrès américain une liste préliminaire de priorités qui devront guider les renégociations de l’ALENA.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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