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Daniel Bélanger nous offre une thérapie musicale

Daniel Bélanger en concert au Métropolis à Montréal le 30 mars 2017
Daniel Bélanger en concert au Métropolis à Montréal le 30 mars 2017 Photo: Radio-Canada
Philippe Rezzonico

« Amusez-vous! Les semaines sont difficiles. Il faut se laisser aller. Il faut chanter! Il faut danser! » La déclaration de Daniel Bélanger faite après l'interprétation de deux chansons, jeudi soir au Métropolis, était bien plus qu'une invitation à faire la fête. Ce n'était rien que moins qu'un cri du cœur.

Avant même qu’il ne monte sur la scène, Bélanger avait d’ailleurs annoncé ses couleurs par l’entremise d’une courte vidéo digne de RBO, où l’on voyait le visage d’un type qui tentait de sourire pendant que l’on entendait un narrateur dire : « Vous êtes envahi par une sensation de bonheur ».

Et du bonheur, il y en a eu à satiété. L'artiste avait visiblement plus envie d’offrir des relectures musicales musclées de ses trésors du passé que d’interpréter toutes les chansons de son nouvel album, Paloma.

À un moment, je me suis même demandé si je n’étais pas au début du siècle… Non seulement Bélanger n’a joué qu’une demi-douzaine de nouveaux titres, mais il a escamoté tout son répertoire des 15 dernières années – à une exception près –, comme si seulement les monuments des albums Rêver mieux (2001), Quatre saisons dans le désordre (1997) et Les insomniaques s’amusent (1992) avaient droit à une nouvelle enveloppe sonore dynamisée.

Les deux tiers du concert reposaient d’ailleurs sur ces titres, ce qui n’était pas pour déplaire aux spectateurs. Pour ce qui est de la sélection retenue, je me pensais au Spectrum il y a une quinzaine d’années. Toutefois, pour l’interprétation des chansons, nous étions bel et bien au Métropolis en 2017.

Daniel Bélanger en concert au Métropolis à Montréal le 30 mars 2017Daniel Bélanger avait visiblement plus envie d’offrir des relectures musicales musclées de ses trésors du passé que d’interpréter toutes les chansons de son nouvel album. Photo : Radio-Canada

Force de frappe

Derrière Bélanger, le batteur Alex McMahon et le percussionniste et multi-instrumentiste Alain Quirino donnaient un tonus inattendu à des chansons que nous connaissons depuis des lustres. La finale étirée de Chante encore, où les deux musiciens se livrent un duel qu’ils reprendront en fin de spectacle durant Perdre, était digne de mention. Énorme force de frappe, ces deux-là.

Bélanger était aussi accompagné du guitariste Guillaume Doiron, dont les poses, l’énergie et le port de la casquette rappelaient Tom Morello (Rage Against the Machine, Audioslave), ainsi que du bassiste Jean-François Lemieux, qui s’est taillé la part du lion durant Fous n’importe où et Opium. Je ne crois pas avoir entendu une version de Sortez-moi de moi aussi trempée dans le rock que celle proposée jeudi.

Quant à la nouvelle bombe Métamorphose et l’incomparable Intouchable et immortel, Bélanger et ses collègues les ont interprétées dans une mouture de rock alternatif qui rappelait drôlement des pointures comme Radiohead. Nous étions vraiment à ce point éloignés du folk rock à ces moments-là.

La communion

Un concert de Bélanger n’en serait pas un sans l’apport vocal d’une foule conquise, qui chante, chante et chante encore des textes reposant sur des mélodies irrésistibles. La participation des spectateurs, considérable durant En mon bonheur – « Vous l’avez pratiquée cette semaine » –, était à la hausse pour Dans un Spoutnik et elle a atteint des sommets lors de la légendaire chanson Rêver mieux. C'était un gigantesque moment de partage digne d’une communion collective.

On a d’ailleurs cessé de compter le nombre de fois où Bélanger, qui était bien en voix, a lui-même applaudi les spectateurs. Il exultait. C’était le monde à l’envers et ça nous faisait oublier que Les temps sont fous, plus que jamais aujourd’hui.

Daniel Bélanger en concert au Métropolis à Montréal le 30 mars 2017Daniel Bélanger et ses musiciens se sont offert une version d’« Ensorcelée » durant laquelle on a entendu le motif de guitare de « Purple Haze ». Photo : Radio-Canada

Bélanger a prolongé le plaisir en retournant 25 ans en arrière pour conclure sa généreuse prestation. L’interprétation en mode guitare-voix-public de La folie en quatre était aussi touchante que sensible. On adore ça quand le Métropolis (2300 places) se transforme en église.

Et Bélanger a dû aimer ça, lui aussi. Il a alors fait signe aux musiciens en coulisses de revenir – ce qui me laisse penser que ce n’était pas prévu – et ils se sont offert une version d’Ensorcelée durant laquelle on a entendu le motif de guitare de Purple Haze.

C’est dit. L’actuelle tournée de Bélanger, qui sera présentée plus de 45 fois au Québec d’ici mai 2018, n’est pas tant celle du nouveau disque Paloma que celle d’un artiste qui refuse de faire du surplace, qui a envie de se faire du bien et de faire du bien. Rien de tel qu’un spectacle digne d’une thérapie musicale pour chasser le blues de l’hiver.


Daniel Bélanger sera de retour au Métropolis le vendredi 31 mars, ainsi qu’à la salle Wilfrid-Pelletier (supplémentaire, le 17 juin), durant les FrancoFolies de Montréal.

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