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Des parents de l'école publique francophone de Kingston demandent de l’aide

Les élèves de l'école élémentaire publique Madeleine-de-Roybon après la récréation.
Les élèves de l'école élémentaire publique Madeleine-de-Roybon après la récréation. Photo: Radio-Canada / Frédéric Pepin
Radio-Canada

Des francophones de Kingston qualifient de grave la situation à l'école publique Madeleine-de-Roybon et exigent des services équivalents à ceux des écoles de langue anglaise de la région.

Depuis les trois dernières années, ils envoient lettres et pétitions au ministère de l’Éducation exigeant une solution à long terme pour la communauté francophone.

À Kingston, les écoles publiques élémentaire et secondaire partagent le même édifice avec une garderie. La garderie éducative est à pleine capacité avec une liste d'attente de 146 enfants.

« On aimerait ça avoir un agrandissement dans l’école et la garderie, comme ça on pourrait avoir de la place pour ouvrir au moins deux autres classes à la garderie », dit la directrice de la Garderie éducative de Kingston, Nicole Keough.

La garderie représente la source nourricière de l’école élémentaire publique Madeleine-de-Roybon. La majorité des enfants font le bond à l’élémentaire en restant dans le même édifice. Mais les classes au primaire débordent et il manque d’espace.

« Les élèves sont tassés comme des sardines », décrit la présidente du conseil des parents de l’école Madeleine-de-Roybon, Julie Lapalme Blais. « Il a fallu convertir le salon des professeurs pour créer une nouvelle salle de classe, et ajouter plus des portatives pour assurer l’espace nécessaire. Celles-ci occupent plus de place dans une cour d’école qui rétrécit. »

Problème pour la vitalité culturelle

Les parents des élèves constatent un autre problème. C’est que le nombre grandissant d’élèves au primaire empiète sur l’espace des élèves du secondaire. Plusieurs d’entre eux décident tout simplement de quitter l’établissement pour aller dans une école secondaire anglophone.

Sydney Running est en douzième année à l’école secondaire publique Mille-Îles. Elle a fait toutes ses études à l’école publique de Kingston. « J'ai perdu beaucoup d'amis, une quinzaine d’amis depuis la 7e année. C’est triste. Je les comprends de vouloir quitter. Nous n’avons pas accès au gymnase et nous n’avons pas de locaux pour faire du théâtre ou de l’improvisation ».

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) est au courant de la situation et a, depuis les dernières années, fait de nombreuses demandes auprès du ministère de l’Éducation pour adresser le problème.

« L’impact sur la vitalité de la communauté francophone, c’est notre principale préoccupation, » explique la vice-présidente du CEPEO Lucille Collard. « On a de plus en plus d’élèves qui s’inscrivent à l’élémentaire, le fait que nos écoles débordent démontre qu’il y a un besoin et un vouloir de la population francophone de continuer de s'émanciper dans la francophonie. Et on doit tout faire vraiment pour donner accès à ces services-là et l’éducation; c’est pivot au niveau de la culture et de la citoyenneté francophone dans les régions comme Kingston ».

Une piste de solution

Pour sa part, la ministre de l'Éducation Mitzie Hunter croit que la solution se trouve dans la construction d’une école secondaire conjointe. Elle exhorte les conseils public et catholique de continuer leurs pourparlers en ce sens.

Les deux conseils ont débuté un dialogue en 2016 pour tenter de trouver une solution qui serait bénéfique pour tous les étudiants francophones. Le conseil catholique estime aussi avoir besoin d’une nouvelle école.

« Nous voyons que ce genre de projet peut bien fonctionner, comme c’est le cas à Hamilton. Nous nous devons de faire les meilleurs investissements possibles pour répondre aux besoins de la communauté francophone », explique la ministre de l’Éducation.

Cette solution permettrait de libérer de l'espace dans l'édifice du conseil public qui est déjà bondé. Mais l’inquiétude des parents, c’est de savoir combien de temps ils devront attendre avant de pouvoir constater le changement.

« On est prêt à discuter avec nos partenaires dans la communauté, pour voir quelle serait la meilleure solution », explique Julie Lapalme Blais, présidente du conseil des parents de l’école Madeleine-de-Roybon. « Mais en ce moment c’est urgent. Les idées de carrefour scolaire francophone, ça prend un 6 ou 7 ans à développer, on a besoin de quelque chose de plus immédiat, peut-être une nouvelle école ou l’agrandissement de celle-ci ».

En attendant, le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario propose d'ériger deux autres classes portatives sur le terrain des écoles publiques, alors qu’il y en a déjà 6.

Toronto

Francophonie