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Aide médicale à mourir : des médecins ontariens demandent plus de protection

Un patient dans un lit d'hôpital

Un comité législatif étudie un projet de loi pour modifier certains textes relatifs à l'aide médicale à mourir.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des médecins ontariens affirment que d'orienter des patients pour qu'ils obtiennent de l'aide médicale à mourir les implique dans la mort de ces patients. Ils demandent plus de mesures au gouvernement provincial pour protéger les professionnels de la santé.

Un texte de Claudine Brulé

Le ministre de la Santé de l'Ontario, Eric Hoskins, affirme que dès le mois de mai, une ligne téléphonique sera ouverte pour les patients qui souhaitent entrer en contact avec des professionnels de la santé qui peuvent les aider à obtenir l'aide médicale à mourir.

Les médecins pourront eux aussi appeler ce numéro pour recommander leurs patients à d'autres professionnels s'ils refusent, pour des raisons d'ordre moral ou religieux, de leur prodiguer les services demandés.

Mais ce n'est pas une mesure suffisante pour certains.

Des patients souvent dépendants

Le Dr Ed Weiss, un médecin de famille de Toronto qui offre de l'aide médicale à mourir affirme que souvent les médecins sont les seuls à pouvoir aider les patients qui désirent mettre fin à leurs souffrances.

Il donne l'exemple d'un homme qui n'a pas de proches prêts à l'aider avec sa décision et qui ne peut pas téléphoner tout seul. La création d'un service d'information et de mise en contact avec des médecins qui offrent l'aide médicale à mourir ne suffit pas selon Dr Weiss.

Stefanie Green, présidente de la Canadian Association of MAiD Assessors and Providers renchérit en donnant l'exemple de Monsieur X, un homme de 66 ans, paralysé qui vit dans un centre de soins de longue durée.

Il n'a pas accès à un ordinateur et ne peut pas utiliser le téléphone. Il est totalement dépendant des professionnels de la santé autour de lui pour obtenir des informations sur l'aide médicale à mourir.

Des répercussions pour les médecins?

Le Dr Philippe Violette, urologue à Woodstock, croit que d'orienter un patient pour qu'il obtienne l'aide médicale à mourir, « c'est participer au résultat final et ce n'est pas une chose avec laquelle les objecteurs de conscience sont à l'aise ».

Dre Ramona Coelho, médecin de famille à London, craint d'ailleurs les répercussions sur les professionnels de la santé qui refusent d'offrir l'aide médicale à mourir.

Elle dit offrir du mentorat auprès de jeunes médecins, dont une qui se demande si elle pourra obtenir un emploi dans un hôpital ou si elle sera victime de discrimination parce qu'elle refuse d'aider un patient à mourir.

Projet de loi en préparation

Ces témoignages ont été entendus par un comité législatif à Queen's Park, qui étudie un projet de loi pour modifier certains textes législatifs relatifs à l'aide médicale à mourir.

Le projet de loi 84 touche par exemple les assurances vie et protège les médecins contre des recours judiciaires.

Il y a près d'un an que le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur l'aide médicale à mourir.

L'Ontario a traîné dans le dossier selon la députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas : « Il y a une demande incroyable des gens pour parler de ce sujet-là, mais aucun terrain sécuritaire n'a jamais été développé pour que cette conversation ait lieu ».

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