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L'Acadie absente d'une série sur l’histoire canadienne, les réactions en N.-É.

En 1979, l'incendie d'un train transportant des produits dangereux a forcé l'évacuation des résidents de Mississauga, en Ontario.

Radio-Canada

La nouvelle télésérie de CBC, Canada : The Story of Us (« Canada : Notre histoire ») soulève un tollé à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse, située tout près du premier établissement français en Amérique du Nord, Port-Royal. Le feuilleton déclare que Québec constitue la première colonie permanente européenne au pays, et non Port-Royal.

Le maire d’Annapolis Royal, Bill MacDonald, affirme que la série de CBC occulte l’origine véritable du pays. Il a déclaré cette semaine sur Facebook qu’il se sentait « très troublé que CBC eût déformé l’histoire canadienne dans le premier épisode de la télésérie ».

Le site historique de Port-Royal se trouve non loin de la ville d’Annapolis Royal. Samuel de Champlain a aidé à y établir la colonie en 1605 et elle a subsisté jusqu'à son pillage par des forces anglaises en 1613.

 Port-Royal est le berceau de notre nation, et cette représentation erronée de l’histoire est irrespectueuse, car elle efface, dans une série nationale, les origines véritables de notre pays. 

Bill MacDonald, maire d'Annapolis Royal

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse se dit elle aussi préoccupée par la télésérie. « Contrairement à ce qui a été affirmé [...] ce n'est pas en 1608 que l'histoire de notre pays débute, souligne le président de la FANE, Ghislain Boudreau, dans un communiqué. Cette omission [...] nie la contribution fondamentale des Acadiens à la création de ce pays. »

La Fédération acadienne indique qu'elle fera part de ses préoccupations à la CBC.

Pourquoi une telle omission?

Les producteurs de la série, Bristow Global Media, ont répondu à CBC que Port-Royal est revenu de nombreuses fois lors de la période de recherche pour la série. Mais ils ont décidé de se concentrer sur la première colonie permanente, où la population est restée de manière continue et s’est établie sur le site décidé par Champlain en 1608, là où se trouve Québec aujourd’hui.

Les producteurs ont conclu que la tentative d’établissement permanent à Port-Royal s'est soldée par un échec en 1607.

Un buste de Champlain et le texte en plan rapprochéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce buste de Samuel de Champlain est érigé à Port-Royal en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Sabrina Fabian

« On a dû choisir des histoires et inévitablement, on n’a que 50 histoires, il y a certaines parties qui ont été omises », explique John English, auteur et historien qui a guidé l’écriture de la série depuis ses premiers développements en 2015.

 On a choisi Champlain pour l’une des histoires et on a mentionné qu’il a fait d’autres voyages en Amérique du Nord et ce qui est devenu le Canada, et on a choisi de se concentrer sur la fondation de la première colonie permanente du Canada, c'est-à-dire la ville de Québec. 

John English, auteur et historien

« C’est la naissance d’une nation, la naissance du Québec, si vous voulez, qui va devenir ensuite le Canada. [...] On a dû connecter nos histoires et inévitablement, il y a des choses qui sont écartées », poursuit l’auteur.

Une explication non convaincante, selon le maire

Le maire d’Annapolis Royal est insatisfait de cette explication.

« Si on se fie au critère d’une occupation continue pour établir une colonie permanente, rappelons qu'en 1607, Pierre Dugua a perdu son monopole sur le commerce de la fourrure et est reparti en France. Il a confié Port-Royal à Jean de Poutrincourt qui est reparti en France pour ramener [à Port-Royal] sa famille et des colons. Il a alors laissé Port-Royal dans les mains du chef Membertou et de la communauté micmaque alors présente », expose-t-il.

Les propos du maire ont été largement partagés sur les réseaux sociaux. « Beaucoup de gens se sont sentis interpelés et concernés », témoigne M. MacDonald.

Le maire d’Annapolis Royal s’inquiète également du fait que la minisérie puisse être utilisée dans les salles de classe comme outil d’apprentissage.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Histoire