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Retour aux sources : de jeunes Autochtones apprennent l’art du sirop d’érable

Du sirop d'érable versé dans une cuillère
Un instructeur du programme « La nourriture, notre langue première », Ken Fosty, fait goûter du sirop d'érable du terroir aux élèves de l'école secondaire Maples Collegiate, à Winnipeg. Photo: Erica Daniels
Radio-Canada

Un nouveau programme parascolaire appelé « La nourriture, notre langue première » (Food is Our Language) permet aux adolescents autochtones de découvrir les pratiques alimentaires traditionnelles de leur culture, dont la production du sirop d'érable.

Même si le sirop d’érable est reconnu comme un des produits de prédilection des Québécois, il puise ses origines chez les peuples autochtones.

« Le sirop d’érable est un aliment neechi ["autochtone"]. Le sucre conventionnel n’était pas connu chez nous avant la traite des fourrures et d’autres négociations de traités ultérieurs », explique Tabitha Martens, instructrice autochtone à l’école secondaire Maples Collegiate, de Winnipeg.

À l’époque, les négociations de traité impliquaient l’envoi de produits alimentaires, et les Européens envoyaient souvent du sucre blanc.

Tabith Martens, enseignante

L’école secondaire Maples Collegiate travaille conjointement avec l’arboriculteur Ken Fosty – qui est également propriétaire d’une entreprise de sirop d’érable artisanale – pour donner aux jeunes une expérience et une connaissance concrètes de la tradition acéricole.

M. Fosty enseigne aux élèves du secondaire comment identifier les érables, les entailler et recueillir la sève, ainsi que le processus de transformation de l’eau d’érable en sirop.

Permettre aux jeunes de vivre leur culture

« Je n’étais pas engagé dans ma culture avant de m’inscrire à ce programme », avoue un des élèves, Dion Wood. « Ça m’a permis d’explorer en profondeur ma culture et la nourriture autochtones. »

Le jeune homme dit que, non seulement la nourriture traditionnelle lui permet de mieux connaître sa culture, mais que les aliments étudiés et les recettes apprises dans le cadre du programme l’aident aussi à manger sainement et à moindre coût.

Chez nous, nous cuisinons chaque jour avec les prises que mon oncle ou mon grand-père nous envoient [à Winnipeg]. [Le programme] nous a vraiment aidés financièrement et nous nous sentons plus près de nos racines.

Dion Wood, élève à l'école secondaire Maples Collegiate

Ayant passé une grande partie de son enfance dans un camp de piégeage, l’adolescent avait déjà vu bien des préparations culinaires indigènes. Toutefois, il a été surpris d’apprendre que le sirop d’érable est un produit traditionnel de son peuple. « J’ai toujours cru que c’était européen », s’étonne-t-il.

Une élève, Shay Quill, essaie d'entailler un érable dans un parc, à Winnipeg.Une élève, Shay Quill, essaie d'entailler un érable dans un parc, à Winnipeg. Photo : Erica Daniels

Une camarade de classe de Dion Wood, Shay Quill, affirme qu’elle profite autant que possible des activités en rapport avec la culture autochtone offertes par son école secondaire et a sauté sur l’occasion d’entailler un érable. Grâce au programme Food is Our Language, l’élève dit qu’elle a maîtrisé l’art culinaire des « tacos à l’indienne » et qu’elle s'est découvert une passion pour la pêche sur glace.

Selon l’adolescente, ces expériences auront un effet positif durable sur la vie des participants et « [leur] permettront de transmettre [leur] culture à la prochaine génération ».

Avec des informations de Stephanie Cram (CBC News)

Manitoba

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