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La rémunération des dirigeants de Bombardier s'envole

Un appareil CS300 de Bombardier

Un appareil CS300 de Bombardier

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Les salaires des membres de la haute direction de Bombardier ont bondi d'environ 50 % en 2016, une année marquée par le licenciement de milliers d'employés dans le cadre du plan de redressement de l'entreprise.

Selon la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires en vue de l'assemblée annuelle du 11 mai, la rémunération totale des cinq plus hauts dirigeants de la multinationale et du président-directeur du conseil, Pierre Beaudoin, a totalisé environ 43 millions de dollars.

Certains d'entre eux ont été embauchés à des moments différents en 2015, ce qui fait en sorte qu'ils n'ont pas été rémunérés pour l'ensemble de l'année.

Pour le président et chef de la direction, Alain Bellemare, la rémunération globale, qui tient notamment compte de la rémunération de base, des primes et de la valeur du régime de retraite, a été de près de 13 millions de dollars en 2016, comparativement à 8,5 millions l'année précédente.

Sa prime annuelle a pratiquement doublé et atteint 3 millions. La valeur de ses attributions fondées sur des actions et des options a été de 6,9 millions, tandis que son salaire de base s'est établi à 1,3 million.

Aux commandes depuis février 2015, l'homme de 55 ans a également touché une « autre rémunération » de 1,1 million. Une partie du montant compense la baisse de la valeur du dollar canadien par rapport à la devise américaine.

Bombardier justifie notamment les primes et les attributions fondées sur des actions par « l'atteinte d'objectifs individuels précis », comme l'atténuation des risques, l'obtention de commandes de CSeries et le vol inaugural réussi de l'appareil d'affaires Global 7000.

Le conseil dresse aussi une « évaluation favorable » de la performance de M. Bellemare puisqu'il a été en mesure de livrer des résultats dans le haut de la fourchette de prévisions en plus de réaliser des « progrès importants dans l'exécution du plan de redressement ».

« Nous avons atteint nos objectifs en matière de résultat avant impôt, en ce qui a trait aux liquidités et à la réduction des coûts, a expliqué un porte-parole de l'entreprise, Simon Letendre. C'est trois éléments importants de notre plan de transformation. »

Bombardier a procédé à plusieurs milliers de licenciements afin de réduire ses dépenses. D'ici la fin de 2018, quelque 14 500 postes devraient avoir été éliminés dans le monde.

D'autres hausses marquées

De son côté, M. Beaudoin a obtenu une rémunération totale de 6,9 millions, en progression de 36,5 % par rapport à 2015. Cette augmentation s'explique en partie par la valeur de ses attributions fondées sur des actions, qui sont passées de 454 000 dollars à 2 millions de dollars.

Le chef de la direction financière, John Di Bert, ainsi que le président de la division des avions d'affaires, David Coleal, ont chacun vu leur salaire total franchir la barre des 5 millions. Celui du président de Bombardier Transport, Laurent Troger, a presque doublé pour s'établir à 6,2 millions.

En 2016, l'action de Bombardier a grimpé de 61 % à la Bourse de Toronto pour clôturer l'année à 2,16 $.

Au cours du dernier exercice, malgré des revenus en baisse, l'entreprise a affiché une perte nette de 1,3 milliard de dollars, ce qui était largement inférieur à la perte de 7 milliards enregistrée en 2015.

Le mois dernier, Ottawa a octroyé un prêt de 372,5 millions remboursable sur 15 ans à Bombardier pour le développement de la CSeries et du Global 7000.

Par ailleurs, l'ex-premier ministre québécois Daniel Johnson et l'ancien chef de la direction de Bell et Nortel Jean Monty ne seront pas de retour au sein du conseil d'administration. On propose de les remplacer par le dirigeant de Camso, Pierre Marcouiller, et Tony Tyler, un ancien directeur général et chef de la direction de l'Association internationale du transport aérien et dirigeant de Cathay Pacific Airways.

M. Johnson continuera d'être président du conseil de la Société en commandite Avions CSeries, dans laquelle l'État québécois détient une participation de 49,5 %. En plus de sa rémunération d'administrateur de 213 330 $, l'ancien premier ministre a reçu 50 267 $ pour son rôle dans la société en commandite.

Pourquoi ces hausses?

Bombardier justifie ces hausses de rémunération par le fait que les membres de la direction ont réussi à atteindre des objectifs financiers.

Le PDG, Alain Bellemare, a dépassé les objectifs de marge de profits, en plus d'obtenir des commandes pour le nouvel avion CSeries, dont une commande de plus de 7 milliards de dollars de Delta Airlines et une autre de 5 milliards d'Air Canada.

La valeur de ses options d'achat d'actions varie chaque année selon la valeur de l'action de Bombardier, et l'an dernier, l'action a bondi de 61 % dans le sillage des commandes obtenues pour l'avion CSeries et du redressement de la rentabilité à la suite de milliers de mises à pied.

En 2015 et en 2016, la Caisse de dépôt et placement, le gouvernement du Québec et le fédéral ont injecté plus de 3,7 milliards de dollars dans Bombardier pour assurer sa survie, en échange de participations dans l'entreprise ou, dans le cas d'Ottawa, sous forme de prêt.

Avec les informations de Sonia Duguay

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