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Percer en musique, sans Spotify

Marie-Hélène Frenette-Assad assise dans son studio, avec son chien.

Marie-Hélène Frenette-Assad à Labrosse-Wellington

Photo : Radio-Canada / Lévy L Marquis

Radio-Canada

« Pour ou contre les sites de diffusion de musique en flux continu? » Croyez-moi, on pourrait en avoir pour des heures de débat avec n'importe quel auteur-compositeur. Cette semaine à Labrosse-Wellington, on se demande si les Spotify, Apple Music et Google Play de ce monde ont gagné.

Un texte de Julien Morissette pour la balado Labrosse-Wellington

« Qui a inventé ça, Spotify? Trouvez-le Billy Spotify et faites-y mal! » Ces mots de Louis-José Houde ont provoqué une vague d’applaudissements lors du Gala de l’ADISQ en 2015.

Avec raison… De nombreux artistes comme Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier et Les Dales Hawerchuck se sentent lésés par ces services qui ne versent que des fractions de cents à l’écoute d’une chanson. C’est le cas de Marie-Hélène Frenette-Assad, une auteure-compositrice-interprète de l’Outaouais active depuis plus de 15 ans.

J’ai vraiment, sincèrement, beaucoup de difficultés en ce moment avec le streaming pour ce que ça donne, parce qu’il y’a quelqu’un qui fait de l’argent… et ce n’est pas l’artiste.

Marie-Hélène Frenette-Assad, auteure-compositrice-interprète
Deux albums de la discographie de Marie-Hélène Frenette-Assad, sur une table de bois. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux albums de la discographie de Marie-Hélène Frenette-Assad

Photo : Radio-Canada / Lévy L Marquis

Peut-on percer sans ces plateformes de diffusion?

Cet enjeu a pris une place encore plus importante pour Marie-Hélène depuis qu’elle gère la carrière de Geneviève Corrigan, une artiste de 18 ans à l’avenir fort prometteur.

En tant que gérante, Marie-Hélène veut aider l’artiste à prendre des décisions de carrière basées sur trois facteurs qui varient sans cesse : le plaisir, la visibilité et la paye.

Quand elle pense aux sites de streaming, Marie-Hélène voit mal comment de telles plateformes peuvent aider les artistes émergents à se faire découvrir et à en retirer un revenu.

J’ai posé la question à trois groupes musicaux québécois qui connaissent des expériences variées avec la distribution numérique.


1) Valaire : les doyens de la musique numérique

Le groupe Valaire et le chanteur soul Alan Prater chantent Woody WagonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Valaire au studio 12

Photo : Radio-Canada / Mathieu Lavoie

Le groupe Valaire a lancé la vague de la musique gratuite dans l’industrie québécoise, en offrant gratuitement son album Friterday Night en 2007. Cette stratégie a depuis fait ses preuves.

Quand on a sorti notre musique de façon gratuite, les gens disaient : “Vous êtes malades. Vous allez tuer le disque.” Mais le disque était déjà mort à ce moment-là!

Luis Clavis, membre de Valaire

« Ce qu’il fallait faire, c’était de trouver des façons de faire les choses autrement. On est rendu dans une industrie où tout l’monde a la capacité de faire son projet, de le mener à bout. Tu peux le mettre sur les plateformes que tu veux, c’est ta décision », explique Luis Clavis, membre du groupe.

2) Fjord : un exemple d’une réussite

Planantes atmosphères musicales avec Thomas Casault et Louis-Étienne Santais de FjordAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Planantes atmosphères musicales avec Thomas Casault et Louis-Étienne Santais de Fjord

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Le groupe Fjord de Québec a su profiter des possibilités offertes par Spotify. Il cumule plus de 2 millions d’écoutes de sa pièce Blue. En plus des dizaines de milliers de dollars que reçoit la formation, Louis-Étienne Santais reconnaît que cette exposition a permis de se faire découvrir et de décrocher plusieurs contrats.

On commençait dans le milieu et on s’est dit qu’on allait essayer ça [les sites d’écoute en flux continu]. Pour nous, le succès est inusité, parce qu’au départ, on ne s’attendait pas à ça. C’est une visibilité qu’on n’aurait pas eu ailleurs.

Louis-Étienne Santais, membre du groupe Fjord.

3) FET.NAT : donner sa musique

FET.NAT au festival Snozzzefest de Brantford (Ontario). Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

FET.NAT au festival Snozzzefest de Brantford (Ontario).

Photo : Geoff Fitzgerald


Le quatuor hullois FET.NAT a décidé d’offrir sa musique en téléchargement gratuit depuis ses tout débuts, question de « faire grandir le projet de manière organique, au lieu d’essayer de viser trop haut, trop vite », m’a confié Pierre-Luc Clément. Le guitariste du groupe post-punk estime qu’il est plus avantageux de donner directement les fichiers, plutôt que de passer par un site comme Spotify.

La décision de donner notre musique au départ était plutôt une question de vision artistique. Spotify ou pas, on veut la donner.

Olivier Fairfield, membre du groupe FET.NAT

Le verdict de Marie-Hélène : à la lumière de ces témoignages, la chanteuse et gérante Marie-Hélène Frenette-Assad croit à une forme de compromis. « Peut-être que ces plateformes sont intéressantes pour les singles, question de générer de l’intérêt ou de l’argent ». Elle cite la stratégie de Vincent Vallières, qui n’a mis qu’une chanson de son nouvel album sur les sites de diffusion en flux continu.



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