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Un jeu qui sensibilise aux fausses nouvelles

Des mains sur un clavier d'ordinateur
Encore peu de solutions existent pour éduquer la population au sujet des fausses nouvelles Photo: iStock

Une Américaine sensible au problème des fausses nouvelles qui pullulent sur le web a mis en ligne Fake it to Make it (Nouvelle fenêtre), un jeu vidéo éducatif qui permet de passer dans l'envers du décor et d'incarner un créateur de fausses nouvelles. Les joueurs sont ainsi invités à réfléchir et à s'instruire sur ce phénomène afin d'éviter de tomber dans le panneau.

Un texte de Maxence Matteau

Amanda Warner a eu l’idée de créer Fake it to Make it lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, après avoir appris qu’un groupe d’étudiants macédoniens avait créé et alimenté une centaine de sites de fausses nouvelles. Cette nouvelle avait fait grand bruit aux États-Unis et certains observateurs ont affirmé que ces sites avaient joué un rôle de premier plan dans l’élection de Donald Trump.

Je veux montrer aux gens la façon dont ces sites procèdent pour créer leur contenu et pour piéger les internautes. Beaucoup de gens ont délaissé les médias traditionnels et s’informent maintenant sur Facebook sans vérifier d’où viennent les informations qu’ils partagent.

Amanda Warner, créatrice du jeu Fake it to Make it

Le but de ce jeu accessible directement sur Internet est de créer un empire de fausses nouvelles afin d’attirer le plus de clics (et donc de revenus) possible. Pour ce faire, le joueur doit fabriquer de toutes pièces des articles sur des sujets précis et les partager dans les bons réseaux afin de générer un engouement.

Une capture d'écran du jeu vidéo Fake it to Make it montrant des utilisateurs fictifs de réseaux sociaux qui réagissent à une fausse nouvelle.Dans le jeu vidéo gratuit Fake it to Make it, le joueur doit créer un engouement autour d’une fausse nouvelle en la publiant au bon endroit et en répondant à différents critères. Photo : Amanda Warner

Lutte aux fausses nouvelles

Bien qu’Amanda Warner cherche à conscientiser les gens au phénomène des fausses nouvelles, elle reconnaît qu’elle n’y arrivera pas seule. Elle croit que les géants du web ont un rôle à jouer pour contrer ce problème.

« Il faut avant toute chose éduquer la population à être plus vigilante. C’est certain que les démarches entreprises par des acteurs comme Google et Facebook vont aider à diminuer la propagation de ces nouvelles, mais les gens doivent être conscientisés et éduqués pour les reconnaître », affirme Amanda Warner.

Tandis que Google cherche à couper le financement publicitaire de plusieurs sites de fausses nouvelles, Facebook, de son côté, travaille sur un outil servant à avertir les utilisateurs lorsqu’ils partagent une fausse nouvelle.

Un problème d’éducation?

Selon une étude effectuée par l’Université Stanford en 2016 (Nouvelle fenêtre) auprès d’étudiants du secondaire, plus de 80 % d’entre eux ne savaient pas faire la différence entre un article de nouvelles et un contenu commandité, même lorsque ce dernier était étiqueté comme tel.

Une capture d'écran du jeu vidéo Fake it to Make it dans laquelle on peut voir l'interface qui permet de créer et de partager une fausse nouvelle.Dans Fake it to Make it, le joueur choisit des étiquettes spécifiques pour chaque article avant de les publier sur une page dont les centres d’intérêt sont similaires. Photo : Amanda Warner

Questionné sur ses impressions, Jeff Yates, un chroniqueur spécialisé dans l’analyse des fausses nouvelles, a affirmé que Fake it to Make it démontre très bien le phénomène et la méthodologie utilisée par les créateurs de ces contenus pour attirer leur clientèle.

C’est sûr que le jeu va interpeller surtout des gens déjà convaincus, mais en même temps, ça peut intéresser les jeunes au phénomène, et c’est là que ça devient super intéressant.

Jeff Yates, chroniqueur spécialisé dans l'analyse des fausses nouvelles à ICI Grand Montréal

Bien que le jeu ne soit offert qu’en anglais, les fonctionnalités sont suffisamment simples pour faciliter la compréhension des utilisateurs. Son design épuré et son accessibilité (le jeu est gratuit) en font un outil tout désigné pour sensibiliser les jeunes aux fausses nouvelles.

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