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chronique

Le SPVM dénonce un canular qui circule depuis au moins 2001

Une personne regarde la publication Facebook du SPVM au sujet d'un canular.

Une personne regarde la publication Facebook du SPVM au sujet d'un canular.

Photo : Unsplash et Facebook

Jeff Yates

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a démenti mardi après-midi une mise en garde qui circule sur le web depuis au moins 2001, et qui tourne toujours sur les réseaux sociaux.

Selon le SPVM, une mise en garde attribuée au service de police appelle les Montréalais à se méfier de vendeurs de parfum qui tenteraient de vous faire sentir un échantillon. Or, selon le canular, l'échantillon en question serait en fait du chloroforme, qui vous ferait perdre connaissance :

 

Le SPVM affirme n'avoir reçu aucune plainte à ce sujet, et encourage les internautes à faire preuve de discernement avant de partager de telles informations sur le web.

En 2015, une fausse information similaire avait été partagée quelque 13 000 fois sur Facebook, selon le Huffington Post. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois. Le site de démystification des légendes urbaines Snopes traque depuis au moins 2001 le canular en question, qui circulait à l'époque par courriel.

Non seulement le SPVM nie avoir reçu des plaintes de ce type de stratagème, mais il serait pratiquement impossible de le mener à bien. Le chloroforme est souvent utilisé dans les films ou les romans comme méthode pour endormir une victime rapidement, mais ce n'est pas si simple que ça dans la vraie vie.

L'effet réel du chloroforme

Voici une description des effets du chloroforme sur l'humain, d'après le site de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui répertorie les substances dangereuses utilisées dans le cadre de certains métiers :

« L'inhalation des vapeurs peut causer une dépression du système nerveux central. Des études chez des volontaires font mention de vertiges et d'étourdissements après 3 minutes d'exposition à 920 ppm. Une exposition à 1100 ppm a causé les mêmes symptômes en deux minutes. Une exposition de 30 minutes à 1400-1800 ppm a entraîné de la fatigue, de la salivation, une sensation d'ébriété et des maux de tête. »

Le site explique que la substance a déjà été utilisée à des fins d'anesthésie, mais à de très fortes doses. De nos jours, le chloroforme est utilisé entre autres comme solvant industriel, selon la CNESST.

Dans une étude publiée en 1998 dans la revue scientifique Anesthesia (anesthésie) sur l'utilisation du chloroforme à des fins criminelles, l'auteur conclut qu'il est très peu probable que la substance puisse endormir des victimes rapidement et en toute sécurité. Il rappelle que, déjà, en 1865, la revue médicale The Lancet affirmait qu'il « n'est pas simple d'utiliser efficacement ou facilement le chloroforme sur une personne non consentante », et qu'endormir une personne consentante nécessitait parfois cinq minutes.

Chroniques de Jeff Yates  

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