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La grosseur du cerveau humain, résultat de la consommation de fruits

Photo: iStock
Radio-Canada

Une diète riche en fruits, et non le fait de vivre en groupe, serait responsable de la grosseur du cerveau humain, affirment des anthropologues américains. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

Les humains et les singes se différencient des autres espèces par une caractéristique importante : leurs gros cerveaux.

Cette réalité permet aux babouins comme aux humains d'utiliser des outils, de trouver de la nourriture et de naviguer dans les relations complexes de la vie de groupe.

Une question demeurait toutefois dans l’esprit des scientifiques : qu’est-ce qui a conduit leurs cerveaux à grossir au fil de l’évolution? Certains avancent que c’est le fait de vivre en groupe qui en est la cause, mais une nouvelle théorie inattendue fait aujourd’hui surface : la consommation de fruits.

En effet, selon l’anthropologue Alex Decasien et ses collègues de l'Université de New York, le volumineux et performant cerveau de l'homme moderne est le résultat d'une longue évolution dont l'une des étapes cruciales serait une diète de plus en plus riche en fruits.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les mets préférés de plus de 140 espèces de primates pour constater que ceux qui avaient un penchant prononcé pour les fruits avaient des cerveaux environ 25 % plus gros que ceux qui se contentaient de feuilles.

Les singes qui mangent des fruits ont des cerveaux environ 25% plus gros que ceux qui ne consomment que des feuillesLes singes qui mangent des fruits ont des cerveaux environ 25% plus gros que ceux qui ne consomment que des feuilles. Photo : iStock

Ainsi, en comprenant où les fruits poussaient et comment on pouvait les manger, certains primates ont pris une longueur d'avance en matière de croissance cérébrale, estime Mme Decasien.

C'est grâce à ça que nous avons développé nos cerveaux incroyablement volumineux. Nous avons fait exploser l'apport nutritionnel des aliments que nous mangions.

Alex Decasien

Théorie désuète

Ces travaux remettent en cause la théorie qui prévaut depuis le milieu des années 1990 selon laquelle ce sont les relations sociales, complexes chez les primates, qui seraient à l'origine de leurs cerveaux volumineux.

Avoir une vie sociale importante, survivre et se reproduire nécessite de grandes qualités de compréhension de son environnement et des autres primates, ce qui aurait permis de développer le cerveau.

Une réalité qu'Alex Decasien ne nie pas, même si les chercheurs n'ont trouvé aucune trace de ce lien entre la taille des cerveaux des primates étudiés et la complexité de leurs relations sociales.

Ce qui est certain selon elle, c'est que l'arrivée des fruits dans l'alimentation a augmenté la quantité de sucre et d'énergie par rapport à ce qu'apportaient de simples feuilles.

On dit que le cerveau représente 2 % de notre poids total, mais qu'il absorbe 25 % de notre énergie.

Alex Decasien

Ainsi, le développement du cerveau peut être une nécessité pour survivre, mais a également un coût métabolique important et implique une plus forte consommation d'énergie qu'il a fallu trouver.

Les détails de cette étude sont publiés dans la revue Nature Ecology & Evolution (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de Agence France-Presse

Science