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Budget québécois : les Autochtones réclament plus d'argent pour la sécurité dans les communautés

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Autochtones du Québec espèrent que le ministre provincial des Finances, Carlos Leitao, ne les laissera pas de côté dans son budget qu'il présentera mardi. Ils demandent notamment des fonds pour la police et la lutte contre la violence faite aux femmes, ainsi que des investissements dans les infrastructures des communautés.

Un texte de Karoline Benoit d'Espaces autochtones

Même si c’est Ottawa qui finance la plus grande partie des programmes offerts aux Autochtones du pays – il a annoncé la semaine dernière 3,4 milliards de dollars sur cinq ans –, le gouvernement du Québec alloue chaque année des fonds aux 55 communautés des Premières Nations et des Inuits de la province. En 2016, Québec avait notamment prévu 9 millions de dollars sur cinq ans pour les Autochtones qui vivent en milieu urbain.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, à la veille du dépôt de son quatrième budget.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, à la veille du dépot de son quatrième budget.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Des corps de police « sous-financés »

Cette année, les Premières Nations demandent à Québec d’augmenter le budget pour les services policiers autochtones, qui sont « sous-financés », selon la présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel.

« Est-ce que nos policiers vont avoir un budget équitable? » demande-t-elle. Elle déplore qu’il y ait « vraiment une grosse marge de différence [avec les autres corps policiers] ».

On est à la remorque par rapport à ce qui existe ailleurs, sur le plan des infrastructures et des salaires consentis aux policiers de nos communautés.

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, dénonce le budget fédéral 2017-2018, qui « arrive à court très clairement de ce que nous espérions voir au niveau de la sécurité publique dans les communautés », dit-il.

Le budget du gouvernement fédéral prévoit un investissement de près de 82 millions de dollars sur cinq ans « pour traiter les besoins les plus pressants des services policiers autochtones » à l’échelle du pays. Mais ce financement ne sera offert qu’à partir de l’année 2018-2019, après qu’une révision en profondeur du Programme des services de police des Premières Nations eut été effectuée.

Ghislain Picard demande donc à Québec d’augmenter immédiatement sa part de financement, qui est présentement de 48 % du budget total, afin de répondre aux besoins des communautés.

« Si les services en matière de sécurité publique sont des services essentiels au même titre que le sont les autres corps policiers [non autochtones], dit-il, on ne devrait pas être à la merci d’un programme qui est renouvelé sur une période de trois ou cinq ans. Ça devrait être en continu. »

La présidente de la FAQ demande par ailleurs à ce que de la formation continue soit aussi offerte aux policiers, surtout en matière de violence, de violence conjugale et d’agressions sexuelles.

Des attentes pour contrer la violence faite aux femmes autochtones

Viviane Michel craint par ailleurs que les programmes qui sont liés à la violence et aux agressions sexuelles envers les femmes autochtones soient moins financés qu’auparavant.

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Viviane Michel, présidente Femmes autochtones Québec.

Photo : Femmes autochtones québec

Elle explique que le gouvernement n’a pas encore fourni de détails sur comment son nouveau plan d’action en matière de développement social autochtone, lancé en janvier, pourra offrir des programmes spécifiques à la violence et aux agressions sexuelles.

On s’entend que le plan de développement social, c’est at large. Ce qui veut dire qu’on va toucher à la santé, à l’éducation, à la violence, aux infrastructures. C’est une thématique très large.

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Le plan d’action gouvernemental, présenté comme une première au Québec, a effectivement pour objectif de regrouper les diverses interventions gouvernementales existantes en une seule démarche.

Par le passé, les organismes pouvaient « faire des demandes de budget pour tel ou tel atelier, activité ou intervention » concernant la violence sexuelle, explique Viviane Michel.

Mais dans la mise sur pied de sa nouvelle Stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016-2021, le gouvernement mentionne que « les mesures pour satisfaire aux besoins des populations autochtones en matière de violences sexuelles seront élaborées séparément », dans le cadre du nouveau plan d’action en matière de développement social autochtone.

« Est-ce que le volet agressions sexuelles va aussi être une priorité dans le budget? » s’inquiète Viviane Michel.

« On reste trop souvent sur notre appétit »

Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, avance qu’avec Québec, les Autochtones « restent trop souvent sur leur appétit ». Il craint qu’ils ne reçoivent pas ce qu’ils souhaitent dans le budget Leitao.

C’est un gouvernement qui prêche sur sa bonne relation avec les Premières Nations, mais sur le plan des actions et des gestes qui sont posés, je pense qu’il ne serait pas exagéré de dire qu’il existe une énorme distance.

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Il espère que le Fonds d’initiatives autochtones 2012-2017 sera renouvelé pour permettre la construction d’infrastructures dans les réserves. « Toutes les communautés sont dans le besoin sur le plan des infrastructures », affirme-t-il.

Il explique que ces fonds servent à « compléter des programmes [de construction] fédéraux qui ne sont pas à la hauteur des besoins des communautés ».

 

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