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L'industrie du taxi crie à l'aide

George Tannous, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, et Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

George Tannous, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, et Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Chute de 30 % de la valeur des permis de taxis en six mois à Montréal, perte de confiance des prêteurs envers l'industrie... George Tannous, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, affirme que la situation est critique pour les chauffeurs et demande au gouvernement d'intervenir.

En conférence de presse ce matin, M. Tannous, accompagné du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a de nouveau dénoncé l’entente de projet pilote intervenue entre Uber et le gouvernement en septembre dernier, et qui est, selon lui, responsable de tous ces maux.

« Maintenant que le projet est en place depuis six mois, on sait qu’il nous amène à la ruine. […] Le gouvernement du Québec doit nous compenser rapidement pour ces pertes, ou mettre un terme à ce projet pilote. »

— Une citation de  George Tannous

M. Tannous soutient qu’en six mois, soit depuis que l’entente est entrée en vigueur, la valeur des permis de taxis sur l’île de Montréal est passée de 150 000 $ à 100 000 $, comme on peut l’observer sur Kijiji, dit-il, où ceux-ci sont mis en vente.

M. Tannous affirme également que l’un des deux seuls prêteurs de l’industrie du taxi est en train de se retirer du secteur, et que les exigences de ces mêmes prêteurs ont été considérablement resserrées.

Selon lui, sans prêteur pour financer l’achat d’un permis de propriétaire de taxi, les travailleurs ne pourront plus rien en faire.

« Ils ne pourront plus le vendre. Ils auront même du mal à changer de véhicule, puisque le permis lui-même ne sera plus une garantie jugée suffisante », déclare M. Tannous.

« Le ministre des Transports doit trouver rapidement une solution à la crise du financement qui fait rage dans l’industrie du taxi. »

— Une citation de  George Tannous

George Tannous déplore également le fait qu’il n’a pas encore rencontré les émissaires du gouvernement au sujet de l’utilisation qui sera faite du fonds voué à l'amélioration de l'industrie du taxi, et qui est financé par les chauffeurs d’Uber. Selon le projet pilote en vigueur dans la province, ces derniers sont en effet obligés d'y verser 90 cents par course.

« Après 6 mois, il doit y avoir 2 à 3 millions dans ce fonds. Où est l’argent? »

— Une citation de  Jean-François Lisée

En infraction, mais toujours sur la route

Jean-François Lisée, qui était aux côtés de M. Tannous ce matin, a rappelé que la conclusion du projet pilote avait amené le gouvernement à faire la promesse d’y mettre fin si Uber y contrevenait. Il a critiqué le fait que le gouvernement ferme toujours les yeux.

« On a, au 24 mars, le nombre d’infractions d’Uber au projet pilote. Les infractions calculées par le Bureau du taxi sont de 41 % de non-conformité », a-t-il noté.

« Alors c’est systémique. Uber, de façon régulière et constante, est en infraction de son projet pilote. Le ministre Lessard n’a rien fait. Il n’y a aucune conséquence. »

— Une citation de  Jean-François Lisée

En janvier, Radio-Canada avait déjà révélé que 55 % des chauffeurs d’Uber contrôlés par les inspecteurs du Bureau du taxi avaient contrevenu aux règles qui régissent le projet pilote consenti par Québec.

De son côté, Uber a rappelé que « le gouvernement a mis en place une réglementation complexe et contraignante que tous les partenaires-chauffeurs doivent suivre à la lettre », en réaction à la publication de notre article.

« La très vaste majorité de nos partenaires-chauffeurs la respectent et seule une infime minorité doit faire face à de potentielles amendes de non-conformité déterminées par le projet pilote réglementant Uber au Québec », a ajouté le porte-parole Jean-Christophe de Le Rue.

Le ministère des Transports se défend

Selon Mathieu Gaudreault, un porte-parole du bureau du ministre Lessard, le ministère des Transports n'envisage aucunement de mettre fin pour l'instant à son projet pilote avec Uber.

« L'enjeu n'était pas de savoir à la seconde si un partenaire d'Uber allait se retrouver en faute ou allait être intercepté pour la vignette qui n'est pas présente ou le certificat d'inspection mécanique qui n'est pas sur lui. On s'assure qu'à chaque semaine, Uber nous envoie de l'information sur son nombre de courses, qu'il nous signe ses chèques de redevances et qu'il mette en place les mécanismes [nécessaires]. Sa liste de chauffeurs partenaires doit être à jour également », dit-il.

« Ils [Uber] se plient à l'esprit de l'entente à chaque fois qu'on leur parle. Mais il y a des infractions comme il y en a sur le réseau routier chaque jour », a poursuivi M. Gaudreault.

Avec les informations de La Presse canadienne

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