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Les algues gaspésiennes : un produit haut de gamme

Algues gaspésiennes
Algues gaspésiennes Photo: courtoisie Xavier Girard Lachaîne
Radio-Canada

Une salade d'algues, de la crème fouettée, du beurre, du chocolat, du pesto et bientôt de la bière auxquels on ajoute des algues gaspésiennes. Fraîches ou séchées, elles font les délices des fins palais qui fréquentent de grands restaurants de Québec et de Montréal.

Un texte de Brigitte Dubé

Parmi ceux qui ont compris leur potentiel, Antoine Nicolas, de l’entreprise Un océan de saveurs, située à Cap-aux-Os, se démarque parce qu’il les cueille en plongée sous-marine, été comme hiver, près du parc Forillon.

D’origine bretonne, cet agronome de formation et détenteur d’une maîtrise spécialisée en produits de la mer s’est épris de la Gaspésie.

Antoine Nicolas va cueillir les algues au fond de la mer.Antoine Nicolas va cueillir les algues au fond de la mer Photo : courtoisie Xavier Girard Lachaîne

Il a fait sa connaissance alors qu’il était venu en partenariat d’échange en aquaculture avec l’École des pêches de Grande-Rivière, il y a six ans. En parallèle, il faisait de la plongée pour le centre d'innovation de l'aquaculture et des pêches du Québec, Merinov.

Il a récolté de 3 à 5 tonnes environ en 2016 et prévoit augmenter jusqu’à 35 à 50 tonnes en 2017. Il les vend sous forme séchée, en flocons, ou fraîches, comme un légume.

Les algues sont des superaliments. Elles renferment deux fois plus de minéraux et de vitamines que les légumes. Elles ont une action tonifiante et renforcent le système immunitaire. Elles sont très riches en protéines et en fibres, selon les espèces.

Antoine Nicolas, propriétaire, Un Océan de saveurs
Saumon au wakamé de la GaspésieSaumon au wakamé de la Gaspésie Photo : page Facebook Océan de saveurs

Les chefs les apprécient aussi pour la texture. « Parmi mes clients, il y a une pâtissière qui en ajoute dans sa crème fouettée, dit-il. Elles apportent une texture plus riche. »

Alors que certaines variétés d’algues sont utilisées comme épices, d’autres servent à rehausser les saveurs. « C’est l’effet recherché avec le glutamate que les Chinois utilisent, mais naturel, explique Antoine Nicolas. Elles ne goûtent pas, mais font ressortir les saveurs des autres ingrédients. »

Antoine Nicolas admet qu’il y a une forme d’éducation à faire auprès des consommateurs québécois, qui ont tendance à mépriser les algues.

Il y a tout de même une culture des algues en Gaspésie. J’ai rencontré des gens qui en intégraient dans leur nourriture par tradition familiale, mais ça se voit de moins en moins.

Antoine Nicolas, propriétaire, Un océan de saveurs

M. Nicolas indique qu’au Japon, où les algues sont partie intégrante de l’alimentation, il y a même des millésimes pour certaines qualités d’algues.

Le goût des algues est particulier à chaque territoire. Pour parler du terroir de la mer, le plongeur manie le néologisme « merroir ».

« Les algues de l’Atlantique, les nôtres, sont plus riches en saveur que celles du Pacifique. Celles du Québec renferment plus de minéraux à cause des eaux froides et des conditions climatiques extrêmes. »

Les algues : un produit du « merroir » gaspésienLes algues: un produit du « merroir » gaspésien Photo : courtoisie Xavier Girard Lachaîne

Antoine Nicolas ajoute que les eaux gaspésiennes sont très peu polluées. « Il y a très peu d’habitants en Gaspésie et relativement peu de pollution, ce qui représente un grand avantage par rapport à la Chine, premier pays producteur d’algues au monde », ajoute-t-il.

Et justement, ce Breton d’origine ne manque pas de souligner l’immense potentiel des algues pour l’économie gaspésienne.

En France, la demande est tellement forte pour les algues qu’on doit en importer 60 % de la consommation.

Antoine Nicolas, propriétaire, Un océan de saveurs

Il y a donc un marché à conquérir et Antoine Nicolas travaille avec Merinov pour la recherche et avec Pêches et Océans Canada pour la gestion de la ressource.

Une richesse qui sommeille sous l'eauUne richesse qui sommeille sous l'eau Photo : page Facebook Un Océan de saveurs

« On peut faire énormément de choses avec des algues, estime-t-il. Je connais une start-up en France qui a commercialisé de la peinture à base d’algues. En plus d’être écologique, elle a une capacité de recouvrement deux fois supérieure à la peinture conventionnelle. L’entreprise a connu une croissance fulgurante. On peut aussi en faire du plastique et du biocarburant. »

Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut faire avec des algues, juste la créativité.

Antoine Nicolas, propriétaire, Un Océan de saveurs

Antoine Nicolas mentionne qu’il y a d’autres entreprises qui commercialisent les algues sous diverses formes en Gaspésie, telles que Varech Phare Est et Gaspésie Sauvage. Au Bas-Saint-Laurent, les Jardins de la mer offrent aussi des produits alimentaires alors que Pro-Algue marine fabrique du compost et d’autres engrais.

Une délégation d’entrepreneurs de la Gaspésie a participé à l’événement Expo manger santé et vivre vert à Québec et Montréal. Parmi eux : Antoine Nicolas, d’Un océan de saveurs, et Nouane Giguère, d’Anse-aux-Herbes, des Îles-de-la-Madeleine.

Entrevue réalisée par Maude Rivard, à l'émission « Au coeur du monde »

Est du Québec

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