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Immigration : une erreur coûte un an de stress à une famille

Aleksandra Bachvarova et Samuel Saintonge tiennent les deux filles dans leurs bras
Aleksandra Bachvarova et Samuel Saintonge ont dû reprendre à zéro le processus d'immigration à cause d'une erreur administrative des autorités fédérales. Photo: Radio-Canada / Michel Nogue
Radio-Canada

Un couple à Moncton, au Nouveau-Brunswick, découvre à quel point il peut être difficile pour une personne d'immigrer au Canada lorsqu'une erreur est commise en cours de route.

La route vers la résidence permanente aura été longue et ardue pour Aleksandra Bachvarova, qui est originaire de la Bulgarie. Son époux, Samuel Saintonge, et leurs deux enfants, Solange et Sophie, sont des citoyens canadiens.

C'est une petite erreur administrative qui nous a coûté un an de stress.

Samuel Saintonge

En novembre 2016, le couple apprenait par courriel que la demande de résidence de Mme Bachvarova était acceptée. Toutefois, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada avait expédié le dossier à la mauvaise adresse, à Boston. Résultat : il fallait reprendre les démarches à zéro, y compris un nouvel examen médical de plus de 500 $.

« Ça démontre qu'ils n’ont aucun intérêt, aucun intérêt à nous expliquer pourquoi un processus va d'une certaine façon ou d'une autre. D'après moi, ce n'est pas acceptable », affirme Samuel Saintonge.

« C'était très stressant, confie Aleksandra Bachvarova. Je n'étais pas certaine de mon avenir au Canada. »

« La raison pourquoi on veut que les gens viennent au Canada, bien, c'est nous autres, disons, si on veut utiliser l'analogie qu'on est les clients. Alors, est-ce qu’il y a vraiment un service à la clientèle? De ce côté-là, il faudrait que je leur donne un F », ajoute M. Saintonge.

Les explications des autorités fédérales

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada explique avoir envoyé les documents à l'adresse postale indiquée dans le dossier de Mme Bachvarova, c'est-à-dire aux États-Unis. Le ministère rappelle que les demandeurs sont responsables de l'informer de tout changement d'adresse. Il précise qu'un autre examen médical était nécessaire, car les résultats de l'examen précédent n'étaient plus valides.

Chronologie des faits selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada :

  • 4 janvier 2016 : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada reçoit une demande de résidence permanente d'Aleksandra Bachvarova;
  • 15 avril 2016 : la demande de Mme Bachvarova est acceptée;
  • 28 avril 2016 : envoi d’une lettre l'informant de la décision et d’un document de confirmation de résidence permanente à l’adresse aux États-Unis;
  • 8 novembre 2016 : Mme Bachvarova informe le ministère qu'elle n'a pas reçu l'avis;
  • 1er décembre 2016 : le ministère l’informe que la demande serait rouverte;
  • 6 février 2017 : date limite pour subir le nouvel examen médical;
  • 8 mars 2017 : le ministère approuve la demande, et à la demande de Mme Bachvarova, il envoie un nouveau document de confirmation de résidence permanente, valide jusqu'en février 2018, à son adresse à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

« La réunification des familles est une priorité clé du gouvernement du Canada. Nous comprenons les difficultés pour les conjoints ou les partenaires de vivre séparés l'un de l'autre, et c'est pourquoi nous tentons de traiter ces demandes plus rapidement. Comme il a été annoncé en décembre, la majorité (environ 80 %) des nouvelles demandes relatives au conjoint seront traitées en 12mois, et ce, autant pour les demandes présentées au Canada que celles présentées à l'extérieur du Canada », souligne Remi Lariviere, porte-parole d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

De nombreuses erreurs, selon une experte

L'avocate en immigration Nicole Druckman constate que les erreurs sont nombreuses et que les démarches prennent toujours plus de temps.

« Je dis souvent aux clients : quand j'ai commencé, j'étais vraiment frustrée. Mais maintenant, je me suis rendu compte, parce que je ne suis pas une personne qui aime accepter la situation, mais je me suis rendu compte que je ne peux pas changer les règles », explique Me Druckman.

Nicole Druckman dans son bureauSelon l'avocate Nicole Druckman, de nombreuses erreurs sont commises dans le processus d'immigration. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Aleksandra Bachvarova espère à présent retrouver une tranquillité d'esprit. Sa demande de résidence permanente a été approuvée. Son mari, par contre, exprime de la frustration.

« D'après moi, ça ne démontre pas les valeurs canadiennes, qu'on veut inviter les gens. Ça donne plutôt l'effet contraire, où on ne veut pas que certaines personnes entrent au pays. Puis ça, ce sont les émotions que j'ai vécues avec mon épouse », conclut Samuel Saintonge.

Maintenant que tous les obstacles administratifs ont été surmontés, ce couple peut se concentrer sur les choses importantes, comme élever ses deux enfants.

D’après le reportage de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

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