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Les défis économiques du congé parental prolongé

Une femme enceinte au travail.

Les parents pourront bientôt prendre un congé de 18 mois pour s'occuper de leur nouveau-né, mais avec des prestations d'assurance-emploi équivalente à 33 % de leur salaire.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le prolongement du congé parental à 18 mois, annoncé dans le récent budget fédéral, pourrait constituer un défi économique pour des familles et des employeurs.

Les nouveaux parents pourront désormais choisir entre le modèle que l'on connaît depuis 2001, soit de prendre 12 mois de congé avec des prestations d'assurance-emploi de 55%, ou la nouvelle option, qui est de prendre 18 mois de congé avec des prestations de 33%.

La plupart des parents aimeraient prendre 18 mois pour s'occuper de leur nouveau-né, mais peu d'entre eux pensent pouvoir vivre avec le tiers de leur salaire.

« L'extension à 18 mois, ça vaut la peine, mais de là à vivre à 33 % du salaire, ça peut être très difficile », affirme Lani Morin.

« Moi, j'ai été en congé de maternité pour 55 % de mon salaire, puis je trouvais que c'était vraiment dur », souligne Beneti Logo.

« J'imagine qu’il n’y aurait pas un gros pourcentage de familles qui pourraient se le permettre. Je sais que nous autres, on n’aurait jamais pu se permettre ça », ajoute Angèle McCaie.

Le congé parental est toujours un défi pour les PME

Dans le cas des employeurs, recruter quelqu’un pour un poste temporaire est toujours un défi, selon Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

« Plus le niveau de qualifications est élevé, plus c'est difficile de trouver des gens, une main-d'oeuvre qualifiée, pour une période d'un contrat. Alors, quand ça vient à des emplois spécialisés, les petites et moyennes entreprises, ça va leur ajouter un fardeau, mais elles vont s'ajuster », explique M. Gauthier.

Le défi à relever encore plus grand pour les petites entreprises. « Disons une petite entreprise avec cinq employés, qu'il y ait une personne ou deux personnes sur un congé parental. La réalité, s’ils ne sont pas en mesure de trouver quelqu'un, les tâches se font répartir sur les autres employés », précise-t-il.

Cette réalité du marché du travail inquiète certaines femmes. Puisque ce sont encore elles qui prennent, en majorité, le congé parental, elles craignent que certains employeurs soient réticents à les embaucher.

« Ça ferait peut-être peur à certains employeurs », craint Lani Morin.

« Je souhaiterais que ça n’arrête pas les employeurs d'embaucher des femmes de jeune âge, mais ça pourrait potentiellement causer des problèmes », estime Angèle McCaie.

« C'est sûr que ça va se faire parce que c'est quand même longtemps à payer pour un congé de maternité 18 mois », croit Beneti Logo.

Mais Louis-Philippe Gauthier rappelle que cela est illégal. « Ce point-là est très simple. C'est de la discrimination. Alors, les entreprises n'ont pas à faire ce genre de choix là, c'est de la discrimination », dit-il.

La mesure du congé parental de 18 mois sera en vigueur à compter du mois de novembre. Les parents qui donneront naissance à un enfant d'ici là n'y auront pas droit.

D’après le reportage d’Anaïs Brasier

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