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Il y a 100 ans, le Bataillon noir du Canada voguait vers la Première Guerre mondiale et marquait l'histoire

Photo des soldats alignés et en uniformes.
Le bataillon de construction numéro 2 est parti d'Halifax le 25 mars 1917. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Bataillon de construction numéro 2 est parti d'Halifax le 25 mars 1917. Ses membres ont fait face au racisme et à la discrimination, et ils se sont battus avant tout contre le racisme au Canada pour pouvoir représenter leur pays dans le premier conflit mondial.

Aujourd’hui, quand les familles des soldats de ce premier bataillon composé d’hommes noirs regardent l’état du monde, ils affirment que la lutte de ces soldats a une importance toujours plus grande.

De nombreux hommes noirs étaient refusés lorsqu’ils tentaient de s’enrôler pour la Première Guerre mondiale, uniquement à cause de la couleur de leur peau.

En 1916, le Canada leur a permis de former le Bataillon de construction numéro 2, basé à Pictou, en Nouvelle-Écosse. Il s’agit de la première et unique unité militaire ségréguée au Canada. Presque la moitié des 600 hommes formant le bataillon étaient originaires de la Nouvelle-Écosse.

« Un mur de stupidité »

« Quand ils se sont fait dire “ce n’est pas votre guerre, c’est une guerre d’hommes blancs”, ils se faisaient dire en fait que ce n’était pas leur pays », explique Douglas Ruck, fils de feu le sénateur Calvin Ruck, qui défend les accomplissements de ces hommes.

Calvin Ruck a fait la lumière sur l’histoire de ce bataillon lorsqu’il a écrit un livre à ce sujet. « Ils étaient en fait séparés du reste du pays et du reste de l’armée par un mur », explique Douglas Ruck en dressant un parallèle avec la politique américaine actuelle, « un mur de stupidité, de préjugés, de peurs irrationnelles et de haine. »

Il y a 100 ans, le bataillon quittait le Canada pour l’Europe, mais même l'embarquement était un combat. On disait à ces hommes qu’ils ne pouvaient pas voyager avec les soldats blancs.

L’histoire culturelle

Craig Smith, le président de la Société culturelle des Noirs de la Nouvelle-Écosse, est d’accord pour dire que le moment est significatif, quelques jours après la Journée internationale pour l’élimination du racisme.

« S'il y a un temps pour se rassembler, pour un besoin de cohésion, pour amener les organisations à travailler ensemble, ce temps est aujourd’hui, a-t-il laissé tomber. Il s’agit d’une partie importante de la culture en Nouvelle-Écosse, mais pas seulement ici. C’est un message qui doit résonner à travers tout le pays. »

Vivre grâce à leur legs

Le capitaine retraité de l’armée de l’air George Borden répond aux questions de la journaliste.Le capitaine retraité de l’armée de l’air, George Borden, croit qu’il a pu faire une carrière militaire grâce au bataillon numéro 2. Photo : Radio-Canada / Eric Woolliscroft

Capitaine retraité de l’armée de l’air, George Borden croit qu’il a pu faire une carrière militaire grâce au Bataillon numéro 2. « En gros, je représente leur legs. Le fait est qu’aujourd’hui, une personne noire peut obtenir n’importe quel poste, mais qu’à l’époque, il n’était même pas question de leur donner un fusil », analyse-t-il.

Il a connu plusieurs des hommes qui ont servi dans le Bataillon numéro 2. Selon lui, plusieurs se considéraient comme des échecs uniquement à cause de la manière dont ils avaient été traités à leur retour au pays.

« Ils sont revenus à la même chose qu’ils avaient laissée derrière eux. Il n’étaient toujours pas reconnus comme de vrais citoyens, ils n’étaient toujours pas respectés et ils n’étaient toujours pas embauchés par les employeurs. »

Célébrer l’anniversaire

Les membres des familles et autres membres de la communauté se rassemblent samedi soir, au Quai 21 à Halifax, pour célébrer cet anniversaire. Parmi eux, il y aura Sylvia Parris, la fille de feu Joseph Alexander Parris, qui s’est enrôlé à 17 ans.

Le père de Sylvia Parris n’a jamais parlé de son service militaire. Elle croit qu’il voulait la protéger du racisme qu’il avait vécu.

Le Bataillon de construction numéro 2 n’a jamais combattu en premières lignes. Ses soldats n’avaient pas le droit de posséder des fusils. Ils ont plutôt été envoyés en France avec des pics et des pelles. Ils y ont creusé des tranchées et des ponts, et libéré la voie pour que les soldats blancs puissent combattre.

« Ils se mettaient en danger immédiat en faisant ça. De ce point de vue, ils ont grandement contribué au succès de la guerre contre l’Allemagne », a expliqué Sylvia Parris.

Avec les informations de CBC

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