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Un jeune réfugié syrien monte sur les planches pour témoigner de la guerre et de l'exil

Majd Al Zhouri souriant
Majd Al Zhouri s'est distingué au Festival de théâtre amateur d'Antigonish avec son témoignage de la guerre en Syrie et le récit de son exil comme réfugié. Photo: Radio-Canada

Un jeune réfugié syrien brille au Festival de théâtre amateur qui se déroule en fin de semaine à Antigonish, en Nouvelle-Écosse, avec son témoignage de la guerre et de l'exil.

En montant sur les planches, vendredi soir, Majd Al Zhouri a fait quelque chose qui lui a demandé beaucoup de courage. Pour la première fois, il a raconté son histoire devant sa communauté d'adoption.

Cette pièce, a-t-il déclaré, il la considère comme une thérapie.

Il a raconté que sa famille possédait un champ d'amandiers à Homs, en Syrie, une ville aujourd'hui ravagée par les combats. De 2011 à 2013, son quartier à été la cible de bombardements aériens répétés.

Majd Al Zhouri a été gravement blessé. Des éclats d'obus l'ont atteint à quelques millimètres du coeur. Trois fois, il a cru que son père avait perdu la vie sous les décombres. Il dit que c'est par miracle qu'ils sont en vie tous les deux.

Il a commencé à écrire son histoire avec l'aide de son ami Brendan Ahern. Ce dernier affirme que le monologue de Majd donne un visage humain à la guerre qui sévit en Syrie.

Un exutoire pour le stress post-traumatique

Le jeune homme présente plusieurs symptômes de stress post-traumatique, mais il n'a pas cherché un diagnostic formel. Il ne se sentait pas prêt à consulter un professionnel. Il n'a appris l'anglais qu'au cours de la dernière année.

Il explique que des images de la guerre le hantent. Il fait parfois des cauchemars et de l'insomnie.

Le professeur de littérature Josheph Khoury, de l'Université Saint-François-Xavier, a encouragé l'étudiant à monter sur les planches. Il croit que le théâtre est un exutoire qui va aider le jeune réfugié à réussir ses études.

« Moi aussi j’étais réfugié il y a 40 ans maintenant. Alors, pour moi, l’expérience, peut-être que je la comprends plus. Je pense que s’il y a de l’encouragement entre les amis, avec les amis et tous les voisins, toute la communauté, ça aide beaucoup. Pas pour oublier, nous ne pouvons pas oublier ces choses, mais vivre avec elles. La douleur est moindre. Ça va être moins que si l’encouragement n’était pas là », explique Josheph Khoury.

La communauté d'Antigonish n'a pas été insensible au récit. Le public a chaleureusement applaudi le jeune homme.

Maintenant qu'il a été entendu et qu'il se sent libéré de son sombre secret, Majd Al Zhouri croit qu'il va pouvoir se concentrer sur son avenir. Il a été accepté au programme de génie de l'Université Saint-Francois-Xavier.

D'après le reportage de Stéphanie Blanchet

Nouvelle-Écosse

Arts de la scène