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Les drones au secours de la biodiversité

Un drone survole un groupe de flamants roses en Camargue, en France.

Un drone survole un groupe de flamants roses en Camargue, en France.

Photo : D. GREMILLET/CEFE/CNRS

Radio-Canada

Ils sont utilisés par des photographes et des militaires, mais voilà qu'ils pourraient devenir des outils précieux pour les biologistes et les scientifiques. Des chercheurs commencent à voir l'intérêt considérable des drones, notamment pour recenser le vivant.

Un texte de David Savoie, aux Années lumière

Établir une carte précise de glaciers au Népal, aider les efforts de protection des rhinocéros en Afrique du Sud ou évaluer une population d'orangs-outans en Indonésie : le recours de drones à des fins scientifiques parait inépuisable.

L'utilisation de drones n'est pas limitée aux destinations exotiques : des drones ont été utilisés au Canada pour faire des suivis d'espèces, comme l'ours noir, la bernache, l'oie des neiges et plusieurs autres oiseaux.

Certaines municipalités, comme Brossard, près de Montréal, s'intéressent également au potentiel des drones pour faire un inventaire forestier ou encore évaluer la population de chevreuils, entre autres.

C'est que les engins volants possèdent plusieurs avantages pour les scientifiques : des coûts moins élevés que les méthodes traditionnelles de recensement, une plus grande souplesse et un accès plus aisé à des environnements qui peuvent être difficilement accessibles, comme la jungle amazonienne.

Le recours aux drones permettrait aussi d'avoir de meilleurs résultats qu'avec des méthodes traditionnelles, du moins dans certains cas. Des chercheurs australiens ont comparé le dénombrement d'oiseaux nicheurs sur deux sites, les îles Ashmore et Macquarie. Résultat : les drones s'avèrent plus précis qu'un dénombrement traditionnel. Sans compter que les machines troublent moins les oiseaux que la présence d'humains.

Un drone est utilisé pour recenser les populations d'orangs-outans en Indonésie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un drone est utilisé pour recenser les populations d'orangs-outans en Indonésie.

Photo : La Presse canadienne / AP/ConservationDrones.org

De nouvelles possibilités

Certains scientifiques ont adopté la technologie depuis déjà un moment. C'est le cas d'Émile Faye, doctorant en agroécologie thermale et chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), en France. Il a mené des recherches en Équateur avec des drones et il constate que l'engouement se fait sentir.

« Ça explose, c'est vraiment quelque chose de nouveau. Moi, j'ai commencé en 2012 à travailler avec des drones, et c'était très novateur, on n'avait pas beaucoup de choix d'équipement. Il n'y avait pas de mode d'emploi scientifique », explique-t-il.

Aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a de plus en plus de chercheurs qui utilisent des drones et ils ont raison parce que ça ouvre d'énormes possibilités.

Émile Faye, doctorant en agroécologie thermale

Mais le nombre de chercheurs ou d'agents de protection de la faune qui utilisent des drones – aussi appelés « UAV » pour « unmanned aerial vehicle » – serait encore peu élevé de l'avis de Jérôme Spaggiarri, biologiste et pilote de drone dans la région de Québec.

« Ce n'est pas une technologie de routine, c'est-à-dire qu'il n'y a, à ma connaissance, aucun gestionnaire de ressources naturelles fauniques qui utilise en routine cet outil-là pour faire ses suivis. Mais ceci dit, c'est vraiment des choses qui sont sur le point d'être mises en oeuvre et qui sont techniquement utilisables à partir d'aujourd'hui », dit-il.

Il a récemment présenté une conférence à Montréal sur le thème des drones et de la biodiversité. Le sujet a généré plusieurs questions.

Un drone en forêtAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un drone en forêt

Photo : iStock

Des obstacles et des bémols

Certains obstacles seraient des freins à une utilisation plus répandue des drones par les scientifiques, notamment en termes juridiques. Dans certains pays, les drones sont illégaux. Au Canada, à l'heure actuelle, un pilote doit par exemple garder un contact visuel avec le drone.

L'aspect technique constitue aussi un obstacle. Dans certains cas, les déplacements sont limités en raison de la durée de la batterie ou encore du poids parfois restreint que peuvent transporter les appareils. Mais la plupart des intervenants estiment que ces limites seront aisément franchies avec le développement de nouvelles technologies ou de nouveaux modèles de drones.

Les scientifiques doivent aussi trouver une solution à un problème inattendu : la quantité de données que génèrent ces petits engins volants.

Si de nombreux utilisateurs ne cessent de vanter les mérites de l'utilisation des drones, il y a quelques voix discordantes notamment celle de Chris Sandbrook, du département de géographie de l'Université de Cambridge, en Angleterre.

Le chercheur craint notamment qu'il y ait des réactions négatives face à ce nouvel outil, par exemple des populations locales qui pourraient être en colère si elles aperçoivent un drone. Selon lui, à l'heure actuelle, il n'y a pas de lignes directrices sur l'utilisation de ces appareils aériens. Il prône la création d'un comité pour mettre en place des règles d'utilisation.

Écoutez le reportage de David Savoie à l'émission Les années lumière.

Science