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Prévention de la radicalisation : place au forum Dialogue Plus

Discussion entre participantes au Forum Dialogue Plus

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Radio-Canada

Des décideurs, différents intervenants ainsi que de nombreux jeunes de l'Estrie sont réunis à l'hôtel Delta de Sherbrooke vendredi à l'occasion de la première édition du forum Dialogue Plus.

Les discussions porteront sur la discrimination, l'exclusion et la radicalisation. « On commence à comprendre que la radicalisation violente se nourrit beaucoup de la discrimination, de l'exclusion, de la stigmatisation. On est persuadé que pour prévenir, il faut travailler sur les deux facettes que sont la discrimination et la radicalisation. Pour faire ça, on ouvre un espace de dialogue social entre les jeunes et l'ensemble des acteurs qui peuvent être impliqués dans ces phénomènes », explique le professeur à l'Université de Sherbrooke David Morin.

Présenté par Actions interculturelles de l'Estrie, le forum est toutefois l'idée de la conseillère municipale de Sherbrooke Annie Godbout. « C'est arrivé au lendemain des événements de Charlie Hebdo. J'étais vraiment préoccupée parce qu'il y avait eu plusieurs événements du genre qui avaient eu lieu et même ici à Ottawa. Des jeunes se sont radicalisés à Sherbrooke, c'est connu. On avait le choix de ne rien faire et d'être dans le déni ou de se dire qu'il faut agir. »

Celle qui est également présidente du comité des relations interculturelles et de la diversité à la Ville de Sherbrooke a fait appel à David Morin pour monter son projet. « Je me disais qu'il y avait tellement de connaissances à Sherbrooke qu'il fallait travailler en collaboration. On a commencé des démarches ensemble. C'est vraiment un projet collectif. »

Ce qui est intéressant avec ce forum, selon Mme Godbout, c'est qu'il y a des partenaires de différents horizons. « Ce qu'on souhaitait, c'est de cibler les jeunes parce que ce sont eux qui se radicalisent [...]. Il nous aura fallu, finalement, deux ans pour mettre sur pied le projet. »

En route vers un plan d'action

Plusieurs conférences seront offertes tout au cours de la journée. « L'idée, c'est qu'à la fin du forum, on se dote d'un plan d'action plus soutenu. C'est pour ça qu'on voulait la présence des jeunes. On va pouvoir travailler main dans la main, dans un même espoir entre les décideurs et les jeunes », dit Mme Godbout.

Au départ, les organisateurs attendaient 80 personnes. Finalement, ils sont plus de 140 à y participer, dont une cinquantaine de jeunes. La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, Kathleen Weil, sera également présente à l'événement.

Par la suite, le forum sera exporté dans quatre autres villes canadiennes : Québec, Hamilton, Moncton et Ottawa, des villes qui figurent au sommet de celles où l'on répertorie le plus de crimes haineux.

La ville de Sherbrooke avait en 2013, selon Statistiques Canada, un taux d'environ 5,5 crimes haineux par 100 000 habitants alors que ce taux avoisine 16,5 pour Hamilton, 7 pour Moncton, 6,5 pour Ottawa et 3 pour la ville de Québec.

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