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L'inspecteur général cible des entrepreneurs en remorquage pour « manoeuvres frauduleuses »

Une voiture se fait remorquer à Montréal durant une opération de déneigement.

Une voiture se fait remorquer à Montréal durant une opération de déneigement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Bureau de l'inspecteur général (BIG) ordonne de résilier tous les contrats accordés par la Ville de Montréal à trois entreprises de remorquage, soit Excavation Anjou, Remorquage BL et la compagnie à numéro 9499237 Canada inc., en raison de manœuvres qu'il juge frauduleuses pour récupérer des zones où il leur avait été interdit d'opérer.

Un texte de Marc-Antoine Ménard, avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

Dans un rapport qui sera déposé à la prochaine séance du conseil municipal, lundi, l’inspecteur général, Denis Gallant, annonce son intention d’aviser l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de cette affaire.

Le BIG fait un lien avec des cas de collusion lors d’appels d’offres qu’il avait signalés en septembre dernier. Il ciblait alors trois entrepreneurs privés, les présidents de Remorquage Taz, Remorquage Mobile et Auto Cam 2000, soit Jean-Marc Lelièvre, Steve Lenfesty et Réal Tourigny.

Selon le rapport du BIG qui sera publié lundi, Réal Tourigny aurait transféré la propriété de Remorquage BL à sa conjointe pour acheter les remorqueuses de son ancienne entreprise, Auto Cam 2000, et ainsi exécuter des contrats de la Ville de Montréal.

De son côté, Jean-Marc Lelièvre se serait entendu avec le président d’Excavation Anjou, Yvan Dubé, pour que cette compagnie serve de prête-nom à Remorquage Taz et lui permette d’obtenir des contrats municipaux, selon le BIG.

Le même stratagème aurait été utilisé par Steve Lenfesty, qui se serait entendu avec le président de 9499237 Canada inc., Raymond Lizotte, pour que celui-ci loue les remorqueuses utilisées par Remorquage Mobile. Il aurait transmis de faux renseignements à la Ville de Montréal et des documents aux signatures falsifiées pour cacher le fait qu’il agissait comme sous-traitant, alors que cela lui était interdit.

« De l’avis de l’inspecteur général, les arrangements intervenus constituent de véritables manœuvres frauduleuses ayant pour objectif de masquer la réelle identité des personnes exécutant les contrats de la Ville de Montréal », résume le BIG dans son rapport.

L’inspecteur général déplore que la Politique de gestion contractuelle de Montréal ne prévoie pas de sanctions supplémentaires dans de tels cas de récidives. Il recommande à la Ville d’y remédier et d’évaluer les recours et sanctions possibles à l’égard des trois entrepreneurs.

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