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Incursion virtuelle dans une scène de crime

Une douille laissée sur une scène de crime.
Une douille laissée sur une scène de crime. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

[1 de 4] Il est maintenant possible de cristalliser une scène de crime dans un modèle virtuel. Voici comment la technologie transforme des enquêtes.

Un texte de Daniel Carrière, de l’émission Découverte

Les spécialistes du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec ne sont pas des policiers, mais des scientifiques indépendants avec des formations en chimie, en physique ou en génie. Leur tâche est d’assister les enquêteurs des corps policiers de la province et les tribunaux.

Ce laboratoire, fondé en 1914, a été créé avant celui du FBI. C’est donc à Montréal qu’est né le plus vieux laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale en Amérique du Nord. Malgré son âge vénérable, il est toujours à la fine pointe et n’a rien à envier aux séries policières américaines comme CSI.

Règle générale, ces spécialistes travaillent dans l’ombre, mais pour une rare fois, le laboratoire a invité une équipe de Découverte à les accompagner sur le terrain.

Une grange de la région d'Oka a été choisie pour créer une scène de crime fictive aux fins d'une séance de formation du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. Au premier plan, un drone qui sert à examiner la scène extérieure.Une grange de la région d'Oka a été choisie pour créer une scène de crime fictive aux fins d'une séance de formation du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. Au premier plan, un drone qui sert à examiner la scène extérieure. Photo : Radio-Canada / Pier Gagné, Découverte

Pour le bénéfice de notre tournage, le laboratoire a organisé une séance de formation avec les membres du service de balistique. Nous avons mis en scène un faux meurtre qui se serait déroulé dans une grange près d’un verger dans la région d’Oka, près de Montréal. Les spécialistes du laboratoire devaient faire la récolte d’indices comme s’il s’agissait d’une véritable scène de crime.

La récolte des indices sur le terrain

Une fois sur place, les experts cherchent le nombre de douilles qui jonchent le sol. Il est très rare qu’un meurtrier prenne le temps de ramasser les douilles éjectées de son arme. Cette récolte permet d’estimer le nombre de coups de feu qui ont été tirés.

Une fois qu’ils ont trouvé les zones d’impact et les projectiles, il faut figer dans le temps cette scène de crime. Normalement, ce sont des policiers du service d’identité judiciaire qui font ce travail. Ils prennent des photos et notent l’emplacement précis de chaque indice trouvé sur place. C’est un travail long et fastidieux.

Les experts en balistique Manuel Tousignant et Guillaume Arnet, du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, utilisent le Faro, un laser 3D, pour modéliser une scène de crime fictive.Les experts en balistique Manuel Tousignant et Guillaume Arnet, du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, utilisent le Faro, un laser 3D, pour modéliser une scène de crime fictive. Photo : Radio-Canada / Pier Gagné, Découverte

Cristalliser la scène de crime

Au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, on teste depuis deux ans une nouvelle technologie qui permet de documenter la scène de crime beaucoup plus rapidement : le Faro. Ce laser 3D réalise des modèles numériques complets de la scène de crime en quelques heures. L’image que le Faro produit est d’une telle précision que les spécialistes n’ont plus besoin de prendre des mesures sur place. Toute l’information est stockée dans le modèle 3D. Voici le résultat :

Passer la scène au peigne fin... du haut des airs

Les experts en balistique testent également un logiciel de modélisation conçu par une compagnie suisse. Le Pix 4D utilise les images d’un drone pour fabriquer un modèle 3D aérien. Pour un aperçu :

Avec ces nouveaux outils, les spécialistes peuvent calculer directement les angles de tir et la distance entre les objets. Si de nouvelles hypothèses surgissent en cours d’enquête, ils peuvent à tout moment corroborer les faits et vérifier sur le modèle numérique si la thèse tient la route.

Grâce à ces technologies, la scène de crime révèle de plus en plus ses secrets.

Les experts du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recueillent des indices près du faux corps placé sur la scène de crime fictive.Les experts du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale recueillent des indices près du faux corps placé sur la scène de crime fictive. Photo : Radio-Canada / Pier Gagné, Découverte

Science